CONFERENCE DES CHEFS DE PARTI DE L’OPPOSITION

Conférence de presse
 

Thème :La situation nationale et la riposte de l’Opposition

Mardi 7 juin 2005

 

 

DECLARATION LIMINAIRE

 

Mesdames, Messieurs les journalistes,

Mesdames, Messieurs les invités,

Camarades militantes et militants

Mesdames, Messieurs,

            La Conférence des chefs de parti de l’Opposition a décidé de tenir la présente conférence de presse pour informer l’opinion nationale et internationale de la situation du pays aujourd’hui, caractérisée par des pratiques dangereuses de violence qui paraissent une option du pouvoir tant dans la gestion des libertés, le comportement avec les institutions de la République que dans la crise au sein du parti du Président de la République ayant des incidences dans le fonctionnement de l’Assemblée nationale.

           Devant de telles dérives sources de risques graves pour la démocratie, la Conférence des chefs de parti de l’Opposition porte à la connaissance des citoyennes et des citoyens, comme de l’opinion internationale, ses vues sur la situation nationale et la riposte qu’elle organise. L’Opposition en effet a déjà organisé, dans le cadre du CPC, au mois d’avril 2005, une conférence de presse suivie d’une marche contre l’impunité, l’accaparement des médias du service public et pour la transparence des élections. Le pouvoir, après un semblant d’écoute de l’Opposition sous la forme de la reprise des concertations sur le processus électoral, reprend son option de violence dans la gestion du pays et de dilatoire dans la mise en œuvre du consensus sur le processus électoral élaboré par les partis légalement constitués. Il écarte ainsi, de plus en plus, les conditions d’un processus électoral fiable et par conséquent des élections transparentes, honnêtes et crédibles.

           C’est dans ce contexte que s’inscrivent l’arrestation le 28 mai 2005 et l’incarcération le 30 mai du Secrétaire général du Parti de la Réforme, Abdourahim AGNE. Le pouvoir multiplie les comportements de violence dans les domaines politique, économique et social.

L’Opposition, en conséquence, d’abord explique aujourd’hui sa riposte et marche ensuite, le 11juin 2005, contre l’option des violences dans la gestion du pays et pour la fin du dilatoire dans l’application du consensus des partis politiques légalement constitués, pour un processus électoral et un fichier électoral fiables , pour des élections transparentes et suivies de lendemains de travail.

A. Situation politique.

           L’option des violences dans la gestion du pays était déjà perceptible lors de la marche du 12 avril 2005 ; la gestion de l’ordre public fut en effet défectueuse au point que des agresseurs purent, devant la police, lancer des pierres sur les marcheurs, pendant la manifestation.

           Mais les choses sont devenus plus graves avec les désordres à l’intérieur du parti du Président de la République, le PDS qui, après avoir déclaré des sanctions prises à l’encontre de douze députés, issus de son sein et élus sur la liste de la coalition SOPI, tente d’établir, dans le fonctionnement de l’Assemblée nationale, la primauté d’un parti sur les principes constitutionnels, républicains et démocratiques.

               En violation de l’article 60 de la Constitution en effet, la tentative est d’exclure de l’Assemblée nationale douze députés et de les remplacer par des suppléants. Mais le mandat du député est libre, intégral, irrévocable, souverain et protégé. Il ne peut prendre fin avant le terme des cinq ans, qui constituent sa durée légale fixée par la Constitution, qu’à la suite d’une dissolution de l’Assemblée nationale, dans le cas de décès du député ou dans celui de sa démission. La démission prévue par la Constitution est un acte libre, lucide, volontaire et sans équivoque. Elle ne peut résulter automatiquement de la sanction prononcée dans le cadre de la discipline spécifique d’un parti. Il n’y a pas de démission de fait dans la Constitution. Tenter d’ignorer ces principes républicains et démocratiques, c’est choisir la violence pour régler un problème de droit.

            C’est la même option de violence qui explique l’arrestation et l’incarcération d’Abdourahim AGNE, Secrétaire général du Parti de la Réforme. En leader politique sensible aux problèmes du pays, notamment aux épreuves vécues par le monde rural particulièrement éprouvé par la gestion de la production rurale par le pouvoir actuel, Abdourahim AGNE s’est exprimé dans le cadre du débat et de la critique de la situation du pays. Son arrestation, encore moins son incarcération, n’apporte rien de constructif à la gestion des libertés ; car les tentatives d’intimidation de journalistes et d’hommes politiques sont des actes qui foulent aux pieds le dialogue, base de la démocratie et de l’Etat de droit. Il faut dire en plus fortement que l’article 80 du code pénal traduit, par son existence même aujourd’hui, un retard de culture démocratique, un retard de civilisation : de la même façon que la censure aujourd’hui sur les productions dans les divers arts est un archaïsme sans efficacité sur ce qu’elle prétend combattre, de même le délit d’opinion est une vieillerie qui ne peut bâillonner aucun esprit producteur d’idées dans la société moderne et contemporaine.

            Faisant fi de toutes ces vérités, le Président Abdoulaye Wade tente de gérer le Sénégal dans l’esprit d’un césarisme qu’il a conçu comme possible à appliquer aujourd’hui, dans le pays des porteurs de pancartes, déjà face au général de Gaulle, pendant la transition vers l’indépendance. C’est bien étonnamment que le Président Abdoulaye Wade a oublié la lutte  des démocrates de notre pays pour la démocratie et l’Etat de droit.

B. Situation économique.

             En ce début d’hivernage nous choisissons de limiter l’évocation de la situation économique nationale aux problèmes de la production dans le monde rural. Abdourahim AGNE les avait bien perçus lors de ses récentes tournées politiques et a été, comme tout leader de l’Opposition à chaque contact avec le monde rural, très touché par la gravité des problèmes de la production et par l’urgence de solutions aux problèmes de survie.

La filière de l’arachide est certainement celle qui souffre le plus de la mauvaise gestion de la production dans le monde rural. L’Etat y fait mal et tard ce qu’il a le devoir de faire : mettre à la disposition des producteurs des semences de bonne qualité, en quantité suffisante et en temps utile, des engrais également, indispensables du fait de la détérioration des sols, du matériel agricole susceptible d’alléger les efforts physiques du producteur tout en augmentant sa capacité de production.

              Les devoirs de l’Etat sont mal assumés : les semences d’arachide sont de la catégorie dite tout venant qui, décortiquée et triée, donne 20% de graines à semer et, comble de mauvaise condition de production, sur ces 20% il y a 8% de taux de germination.

              L’affairisme prédateur a détérioré les conditions de la production d’arachides. La préparation soignée de la culture sous pluies, notamment par la sélection des semences, a été remplacée par un affairisme qui ne s’intéresse qu’au profit de quelques-uns, au détriment de la qualité de gestion de la filière et des intérêts du grand nombre des producteurs, qui constituent 60% de la population du pays. Il n’y a pas pire violence que celle-là imposée au producteur d’arachides.

              L’amateurisme du Président de la République, qui prend des décisions spontanées sur les quantités à produire, est une autre source de la paupérisation du producteur. Le maïs, le manioc et, dernière lubie du Président, le bissab, doivent être produits en des quantités qu’il décide. Mais le préalable pour que ces produits profitent réellement à l’agriculteur est la création de conditions de valeur ajoutée. Les maïseries sont encore au stade d’idée. Et vendre des matières premières, produits agricoles, crée le plus souvent le fait que celui qui y met de la valeur ajoutée en profite plus que le producteur. C’est un problème économique que ne résout pas le spontanéisme amateur dans l’encadrement, par l’Etat, de l’économie nationale, encore moins l’affairisme prédateur : les bons impayés sont là pour le prouver.

C. Situation sociale.

               Le monde rural a besoin de vivres de soudure, maintenant, de façon urgente. Abdourahim AGNE l’avait vu lors de sa tournée ayant précédé son meeting de Kaolack. L’urgence est grande pour les populations des zones du pays qui ont subi l’invasion de criquets, l’hivernage dernier.

               Dans les villes aussi existent, à leurs périphéries surtout, des zones où les populations ont de réels besoins d’assistance pour la survie. La pauvreté s’est beaucoup développée. Pour la combattre il faut faire produire, c’est-à-dire faire plus que faire parler d’activités génératrices de revenus. Mais le gouvernement en campagne électorale permanente, stérilise la dépense publique en des rassemblements politiques à grands frais . Quand l’Opposition demande au Président de démissionner, il ne lance pas le débat sur le pourquoi ; en réponse il organise un méga-meeting, ne prouvant qu’une seule chose : il peut dépenser beaucoup d’argent.

               Le monde du travail et des associations de travailleurs n’est pas épargné par la violence qu’exerce le pouvoir. Tout est fait pour décrédibiliser les syndicats ou les contrôler. L’institution syndicale cependant est un pilier de la démocratie, surtout si on la conçoit comme un contre-pouvoir et non comme une courroie de transmission de volontés politiques. L’indépendance des syndicats qui est un élément de culture démocratique ne signifie pas qu’ils ne s’intéressent pas à la gestion du pays. Mais ils ont droit au respect, non à la violence d’un pouvoir qui ne veut les tolérer que quand il les contrôle.

D. Pour des élections transparentes, honnêtes et crédibles.

              Le dilatoire a assez duré en matière d’application du consensus des partis politiques sur le processus électoral : il a fallu deux mois, après l’élaboration de ce consensus, pour que le gouvernement dépose sur le bureau du Président de l’Assemblée nationale le projet de loi portant création de la Commission Electorale Nationale Autonome(CENA). Il reste maintenant, après la nomination des membres de la CENA, à mettre à leur disposition, immédiatement, les moyens de travailler. Il n’y a plus de place pour le dilatoire car il faut respecter le calendrier républicain des élections.

             La diversion face aux urgences a assez duré : arrêter et mettre en prison Abdourahim AGNE n’enlèvent rien à l’exigence de faire face aux urgences électorales et n’empêchent pas non plus que l’Opposition exige toujours la transparence et le respect du calendrier des élections.

  E. Onze dérives et les exigences de la riposte.

               En vérité, les fondements essentiels sur lesquels repose notre République, à savoir le respect des libertés individuelles et collectives, la consolidation continue de l’Etat de droit et l’égal accès de tous aux services publics sont, entre autres principes, en permanence, l’objet d ‘agressions de la part du régime de Maître Abdoulaye Wade.

              Cinq ans après le changement historique de régime survenu au Sénégal le 19 mars 2000, la viabilité de notre système démocratique reposant sur, entre autres principes, le consensus sur le processus électoral, la stabilité, la crédibilité de nos institutions républicaines, l’élévation continue de la conscience citoyenne et l’égalité des citoyens devant la loi, est sérieusement mise à mal par les onze dérives suivantes :

                1.  La dérive monarchiste de nos institutions républicaines. Le Président de la République, entre autres faits, a ignoré en 2001, lors des élections législatives, une décision du Conseil constitutionnel sur le fait qu’il ne pouvait pas légalement participer à la campagne électorale.

                2.  Le discrédit de la République, de la politique menée, notamment la patrimonialisation de l’Etat.

                3. Les incertitudes qui pèsent sur le processus : il y a en effet trop de dilatoire dans le travail pourtant très urgent de mise en place de la CENA pour la rendre fiable le processus électoral.

                4. La banalisation des institutions et l’abaissement de l’administration. La dignité et l’efficacité de l’Etat dans ses missions au profit de la sécurité du citoyen par exemple deviennent des souvenirs de plus en plus lointains.

                5.La volonté du Président de la République et du PDS, son parti, de bâillonner la démocratie par l’élargissement continu de la sphère de  leur pouvoir au détriment des autres forces sociales.

                6. Le recul des libertés individuelles et collectives : l’abrogation de l’article 80 du code pénal était pourtant promise par le Président, soucieux sans doute de se donner une image de chef moderne.

                7. La violence et le terrorisme en politique ; par exemple les intimidations, de l’opposition et de journalistes, qui sont autant de tentatives d’instrumenter la Justice alors que les institutions républicaines confient à ce pouvoir le sort de tous les citoyens.

                 8. Le blocage périodique, en une périodicité élastique des débats publics contradictoires dans les médias du service public et l’accaparement de ces médias par la campagne électorale permanente, pratiquée par le pouvoir.

                 9. L’impunité et les tentatives de remise en question de l’indépendance de la Justice. Il y a trop de crimes impunis et la tentative d’imposer, par la loi, un interdit de mémoire sur des crimes de sang est le sens de la loi EZZAN.

                 10. Les menaces sur la laïcité : La démagogie fondée sur le souci électoraliste beaucoup plus que sur la véritable appartenance à telle ou telle tariqa crée des comportements qui agressent la laïcité. Il faut un respect profond et honnête de tous les croyants pour éviter de telles dérives.

                 11. Les souffrances du monde rural : la paupérisation des producteurs ruraux, par la destruction en cours de la filière de l’arachide notamment, se développe et l’assistance en vivres du monde rural tarde, cette année encore, à être mise en place.

               Il est clair que le vote des Sénégalais, tel qu’il s’est exprimé le 19 mars 2000, correspond davantage à la volonté de construire un Sénégal de démocratie et de progrès qu’à un blanc-seing dont abuse le pouvoir actuel. En vérité leur message comportait une double signification :

                      - Elever le Sénégal au rang de pays à démocratie pacifiée ; ce qui se traduit à tout le moins par le non tripatouillage du processus électoral.

                      - Prendre en charge leurs demandes pratiques de citoyenneté, notamment leurs demandes sociales urgentes.

             Ceux qui nous gouvernent aujourd’hui ne semblent pas avoir compris cette double exigence des populations  meurtries par vingt ans d’ajustement structurel qui n’ont pas fini de produire leurs redoutables effets, aggravés par une mauvaise gestion, dangereuse pour l’avenir. Et pourtant, le Président Abdoulaye Wade et son équipe célèbrent, sans mesure et sur un mode propagandiste, leur bilan en trompe l’œil, pratique inédite dans l’histoire de notre République et proprement indécente devant l’extrême dénuement des populations et les urgences sociales qui minent le pays ; un pays où il est de plus en plus difficile de se nourrir, de se vêtir, de se soigner, de se déplacer, de trouver un toit et de garantir à ses enfants les conditions d’une bonne éducation.

            Il est aujourd’hui manifeste que le candidat déjà déclaré Abdoulaye Wade, exclusivement préoccupé par sa réélection, mettra tout en œuvre pour tenter de conserver le pouvoir : l’achat des consciences, le tripatouillage du processus électoral, la manipulation du processus électoral et le désordre. Ainsi, après avoir bloqué le pays depuis cinq ans, il risque, si nous n’y prenons garde, de conduire le Sénégal vers l’impasse, du fait de ses méthodes aventureuses et de sa façon d’exercer le pouvoir, qui fait très peu cas des nécessaires consensus sur les questions d’intérêt national.

           Désormais, le Sénégal ne semble plus à l’abri de l’instabilité institutionnelle qui frappe et déstabilise un peu partout en Afrique : la République est gravement menacée dans ses fondamentaux et notre démocratie risque de tomber en panne, annihilant incidemment les potentialités de développement pourtant bien réelles, si les citoyens ne se mobilisent pas pour s’opposer à toutes les stratégies qui visent à travestir l’expression de leurs suffrages.

C’est pourquoi, nous, partis de l’opposition( CPC ,G10 ,LD/MPT) nous sommes mobilisés et appelons nos concitoyens à se mobiliser autour d’une plate-forme qui se décline en termes essentiels comme suit :

-        libération immédiate et sans condition d’ Abdourahim Agne, Secrétaire général du Parti de la Réforme : la violence qui lui est imposée n’apporte rien à une gestion républicaine et démocratique des libertés. Elle intervient là où l’on était en droit d’attendre la suppression de l’article 80 du code pénal.

-        Lutte contre la fraude électorale et pour un processus électoral juste, transparent et démocratique. Nous exigeons en conséquence la fin du dilatoire sur la mise en place de la CENA et la reprise des concertations sur le processus électoral.

-        Lutte contre l’accaparement des médias du service public. Il est temps qu’ils servent le débat démocratique et non plus la propagande permanente du pouvoir.

-        Mobilisation pour la défense de la République et de ses valeurs et contre la violence politique. Nous exigeons toujours la lumière sur les dossiers de cette violence et la sanction des criminels.

-        Engagement pour la consolidation de notre démocratie et lutte contre la corruption. La nouvelle Alternance en préparation a besoin d’un programme qui exclut les crimes impunis et la corruption qui décourage l’investissement, d’origine extérieure  notamment.

 F. CONCLUSION

L’Opposition poursuit, dans le cadre républicain qui est son choix, sa lutte pour la fin d’une gestion du pays caractérisée par les violences, l’impunité et le mépris du droit. Sans s’astreindre nullement à tendre l’autre joue, elle conçoit et met en œuvre les formes de sa lutte avec le sens de l’Etat mais aussi avec la détermination qui ne tolèrera pas que le pouvoir travaille à installer le chaos après Abdoulaye Wade, encore moins qu’il gouverne en faisant fi de toute norme républicaine ou démocratique.

L’arrestation d’Abdourahim AGNE et son incarcération qu’eût évité tout pouvoir sans haine, vu l’état de santé du Secrétaire général du Parti de la Réforme, est une diversion que l’ ensemble des citoyens démocrates doit combattre. Cette riposte doit être massive pour montrer le rejet par tous les démocrates de la violence politique, du mépris du droit, le rejet des dérives autocratiques liées à l’incompétence, à la corruption, le rejet de l’affairisme prédateur et pour exiger la transparence des élections et le respect du calendrier républicain.

              L’Opposition organise une marche à Dakar dans sa tradition d’utilisation pacifique de la rue comme moyen démocratique de dire ce qu’on pense de la politique du gouvernement. Elle exige la libération immédiate et sans condition d’Abdourahim AGNE, rappelle au Président Abdoulaye Wade son engagement public, sur le perron de l’Elysée à Paris, d’abroger l’article 80 du code pénal.

              C’est pourquoi nous lançons un appel à tous les démocrates de notre pays , à toutes les citoyennes et à tous les citoyens acquis au projet d’une nouvelle Alternance pour que massivement, nous disions ensemble notre exigence d’une autre gestion du pays, d’autres structures, d’autres politiques, d’autres hommes, pour construire L’Etat de droit, engager le Sénégal sur la voie d’un pays émergent, puis du développement.

              La démocratie se conquiert par des moyens démocratiques, citoyennes et citoyens. C’est pourquoi la  riposte de l’Opposition aux violences caractéristiques de la gestion du pays par le pouvoir d’Abdoulaye Wade et à celles de ces dernières semaines, notamment l’arrestation et l’incarcération d’Abdourahim AGNE, se veut organisée et massive : la marche du 11 juin prochain.

                          Je vous remercie de votre attention.

 

                                                                                        Dakar le 7 juin 2005

                                                      

                                                                La Conférence des Chefs de parti de l’Opposition.