Alliance des Forces de Progrès
Le Secrétaire Général
Séminaire du Bureau politique élargi aux acteurs ruraux sur le terrain, sur la Problématique des filières agricoles au Sénégal, pour le biennum 2002-2004

Dakar, le 24 février 2005

 

 


Mes chers camarades,
Chers participants,

Le Séminaire qui nous réunit, ce matin, est le premier d'une série de rencontres de même nature et de même format que l'AFP veut consacrer à l'étude, à l'analyse et au traitement de sujets importants, directement liés aux préoccupations et priorités des populations sénégalaises.

Nous avons choisi, pour ce Séminaire, la problématique des filières agricoles au Sénégal.

Le second, dans deux mois, pourrait être centré sur la problématique des infrastructures, comme moyen majeur de faciliter la circulation des personnes, des services et des biens, entre les 11 régions de notre pays, et dans les espaces géopolitiques et économiques UEMOA et CEDEAO. Le troisième, dans le courant de juin 2005, pourrait porter sur la bonne gouvernance, facteur premier d'un développement harmonieux et vrai, dans un pays où les libertés et la démocratie sont une incitation au travail productif, organisé, planifié, efficace et mesurable au profit de tous.

Ainsi de suite…

Ce programme des séminaires du Bureau politique crée un cadre novateur dont l'ambition est de préparer les étapes successives de notre action pour un Sénégal autrement dirigé, et d'ouvrir des perspectives nouvelles vers une économie plus solidement ancrée dans la modernité, dans la maîtrise de tous les secteurs qui la composent.

Préparer le Sénégal de demain, le Sénégal de bientôt, c'est-à-dire le Sénégal de 2007, c'est fixer dès à présent les paramètres et commencer de mettre au point les programmes futurs.

Dans notre pays, tout est à reformer : les Institutions, la Constitution, les politiques économiques, agricoles, industrielle, éducationnelle, sociale, en partant des principes et des valeurs de la République, aujourd'hui placées loin des soucis du régime de l'alternance.

Partout, demain, libérer et soutenir l'initiative, créer des emplois, encourager le secteur privé à se déployer dans des domaines planifiés par la puissance publique, étudier et cibler les marchés extérieurs, ce sont là, dans le programme de l'AFP, des objectifs importants que nous voulons réaliser, dès le lendemain de l'alternance de l'actuelle alternance - si Dieu nous y aide -, comme le souhaite la majorité du peuple sénégalais.

Ce programme repose, principalement, sur des priorités stratégiques parmi lesquelles figurent le problème de l'eau, celui du coût de l'énergie, la lutte contre la désertification et son prolongement, la pauvreté des masses rurales et urbaines.

Les préalables à une telle dynamique se trouvent dans : la promotion des zones rurales par une restructuration hardie de la production agricole, la mise en place de structures d'appui efficaces, la mise en œuvre d'un plan national de protection des terres agricoles contre l'érosion et, aussi, contre la boulimie foncière du gouvernement du Président Abdoulaye Wade qui lorgne, avec avidité, les zones de culture des paysans, surtout dans les régions du Fouta, du Walo et de la Casamance, par la reconnaissance du rôle des paysans eux-mêmes, des centres techniques et des groupements professionnels dans la modernisation de toute agriculture, par la production de plants et de semences sélectionnées dans le cadre d'un programme national adapté, par la protection de l'écosystème et de la biodiversité.

De telles mesures, si nous voulons, demain, les appliquer au Sénégal, ne pourront être efficaces que si se trouve réglée la problématique des filières agricoles au Sénégal. Ce que nous voyons, sous ce régime de l'alternance, est à l'opposé d'une si belle ambition, juste, réalisable, à portée des capacités de tout Gouvernement soucieux de conduire le pays vers une croissance, plus forte et vraie et une intégration plus grande dans l'économie mondiale.

C'est pour toutes ces raisons que le Bureau politique s'est élargi à des experts et spécialistes connus pour nous entretenir ce matin des filières agricoles. Des représentants des collectivités rurales animeront nos discussions sur le sujet et ainsi, les uns et les autres, au terme de ce Séminaire, nous nous enrichirons mutuellement.

Nous avons fait appel à notre camarade Jacques Faye, sociologue, ancien Directeur de l'ISRA, à notre camarade Seydina Alioune Dia, Ingénieur-conseil, ancien Cadre à la SONACOS et à la NOVASEN, à notre camarade le Docteur Macoumba Diouf, Chercheur Agrobiologiste, à notre camarade Makhfousse Sarr, Chercheur Biologiste, à notre camarade Mamadou Diouf, Ingénieur Agronome et au Professeur Boubacar Barry, Ingénieur Hydrogéologue, notamment. Leur expertise, dans les domaines concernés, est établie. Leur adhésion au mouvement patriotique de réhabilitation des valeurs de notre pays et pour la reconstruction de l'économie nationale, n'en a que plus de mérite. Je veux les saluer et les remercier d'avoir accepté de conduire la préparation de ce Séminaire et, ce matin, de l'animer avec nous.

Ainsi, demain, si Dieu le veut, les forces du changement, grâce à une bonne maîtrise des leviers de la gestion des priorités du développement, et grâce à un effort constant de recherche du savoir et de la qualité, seront en mesure de susciter, de renforcer et de maintenir les équilibres financiers fondamentaux et, aussi, le cadre des constantes de l'action de développement dans la complémentarité entre ses dimensions économique et sociale, qui concernent, l'une et l'autre, la production agricole, au sens large et, ensuite, les autres secteurs, pour l'amélioration du niveau de vie et du bien-être des citoyens, dans une société de l'information et du savoir ouverte vers la modernité.

Juste, un mot politique pour conclure cette allocution d'introduction.

Ceux qui nous gouvernent ne semblent pas vouloir se donner le temps de travailler. Ils se promènent, ici et ailleurs, dans un romantisme décoratif et clinquant. Ils ont installé le Sénégal dans un système hybride de clientélisme politique et d'autosatisfaction sans bornes où l'on récompense les amis, lèse les adversaires et gagne bien sa vie sans travailler. Mais nous mettrons fin, par notre persévérance au combat à ce système qui se révèle être une galerie de miroirs qui ne renvoient aux dirigeants que leur image et leurs idées, parce que, dans l'immobilisme qu'ils ont créé, ils ont refusé, définitivement, d'être les gardiens des finalités de l'Etat.

Pendant qu'ils s'installent dans la confusion et dans la politique politicienne, préparons, dans le calme et dans la sérénité, le Sénégal de demain, à partir d'aujourd'hui.