Réunion du Bureau politique de l'AFP

Jeudi 6 décembre 2001

 

Le Bureau Politique de l'Afp s'est réuni le jeudi 6 décembre 2001 sous la présidence de son secrétaire général. M. Moustapha Niasse, en vue d'examiner l'ordre du jour suivant :

  1. Situation politique et économique nationale
  2. Vie du parti et perspectives d'actions.

Le Président Lamine Guèye, dans un discours historique, avait souligné, avec force et conviction, une vérité constante : "On ne peut pas arrêter les vagues de la mer avec ses bras."

Evaluant le cours des événements, durant les semaines écoulées, dans le processus de la lutte engagée par les démocrates de notre pays en vue d'assurer la défense des libertés publiques et du droit des Sénégalais à la bonne gouvernance, le Bureau politique de l'AFP fait sienne, dans son intégralité, la déclaration de son Secrétaire Général, devant la presse nationale et devant la presse internationale, le 5 décembre 2001, à la suite de la décision de levée de l'inviolabilité parlementaire du Député Moustapha Niasse.

Le Bureau politique de l'AFP adresse ses plus vives félicitations au Secrétaire Général, M. Moustapha Niasse, pour la détermination et la constance dont il a fait montre dans le combat imposé par l'extravagance d'un parti-État et ses débordements récurrents.

Il demeure évident que l'Alliance des Forces de Progrès et son Secrétaire Général ne perdaient rien dans la poursuite des procédures engagées au niveau de l'Assemblée Nationale comme, éventuellement, devant la Justice sénégalaise pour que se manifeste la vérité sur les 6 milliards pris à la Sonacos et aux paysans de notre pays. L'AFP et son Secrétaire Général, de ce fait, tout en saluant le climat d'apaisement qui s'est rétabli, dans la journée du 5 décembre 2001, sachant que "seule la vérité est révolutionnaire"., réaffirment que, sur ce dossier des 6 milliards pris aux paysans sénégalais par le biais de la Sonacos, que ces montants doivent être remboursés à cette société, s'agissant d'un dû, à qui de droit.

En conséquence, l'Alliance des Forces de Progrès tient à souligner :

  1. qu'elle poursuit son combat pour la consolidation de la démocratie sénégalaise, pour une gestion transparente des biens publics et des finances de l'État, pour un développement national concerté, réaliste et conduit avec méthode, en dehors de toutes promesses sans lendemain et des méga-projets aériens sans études techniques préalables et surtout sans possibilités confirmées de financements.
  2. qu'elle entend continuer d'apporter son soutien aux déshérités, aux pauvres, aux victimes de l'exclusion sociale, aux populations des villes et des campagnes dont les conditions de vie ne cessent de se détériorer, de jour en jour.
  3. Dans cet esprit, le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès réitère, avec force, les trois questions qu'elle a posées au Gouvernement sur les 6 milliards pris à la Sonacos, à savoir :
  • pour quelles raisons les 6 milliards de francs cfa de la Sonacos ont-ils été tirés, en fin mars 2001, d'un compte bancaire de cette société vers le Trésor public, à un moment où la trésorerie de ladite société connaissait des difficultés particulièrement graves et où des milliers de paysans attendaient et attendent encore le paiement des bons qu'ils détiennent ?
  • quelle utilisation a été faite de cette somme ?
  • à quelle date le Gouvernement compte-t-il rembourser à la Sonacos ces 6 milliards pour lui permettre de remplir correctement ses missions, notamment en faveur d'un monde rural exsangue ?

Evoquant la prise en charge de l'importance du dossier Sonacos par le peuple et dans les médias, le bureau Politique tient à remercier la presse nationale comme la presse internationale, écrite, parlée et télévisuelle pour leur contribution à la couverture de ce grand moment du débat démocratique national et la bataille pour un État de droit. Dans ce sens, le Bureau Politique remercie le pool d'avocats nationaux et internationaux qui s'est constitué pour assurer la défense de M. Moustapha Niasse.

A cette phase de la lutte des Sénégalais pour le respect de la démocratie et des principes qui doivent régir un État républicain, l'Afp tient à rappeler qu'elle fonde son combat sur la défense de la vérité.

Le principal enseignement que le Bureau Politique tire de cette lutte est le suivant : le gouvernement du Sénégal ne peut éviter de répondre à ces trois questions posées. Aujourd'hui, la culture démocratique dans notre pays a atteint un seuil de maturité et de sérénité qui fait que les masses adhérent naturellement aux bonnes causes. Ce principe confirme le leitmotiv de Marx: "Qaund les idées justes pénètrent les masses, elles deviennent une puissance matérielle irrésistible."

Dés le début de ce combat, le bureau Politique avait affirmé que la vérité sur les 6 Milliards ne concernaient pas que le PDS et l'AFP ou les formations politiques en général. Ceux qui ont voulu récupérer ce combat de la vérité à des fins de revanche politique doivent comprendre que les Sénégalais, dans leur grande diversité politique, ont vite compris et démasqué une volonté insensée et sans espoir, d'étouffer, par des gesticulations multiples, la voix de la liberté et de la justice sociale.

C'est pour cette raison que le Bureau Politique salue l'initiative de la Société Civile pour l'instauration d'une commission chargée de faire en toute indépendance la lumière sur le transfert de cette somme. Sur cette question, comme sur d'autres, le Bureau Politique rappelle que le gouvernement est tenu, par l'éthique républicaine et de par les droits inaliénables du peuple à une information juste, de donner les gages de la transparence dans la gestion des biens communs qui constituent le patrimoine de toute la nation sénégalaise.

Le Bureau Politique exprime sa satisfaction devant la mobilisation des militants et sympathisants de l'AFP, des jeunes, des femmes, des personnes du 3ème âge qui, comme un seul homme, se sont dressés et se sont mobilisés pour faire échouer les tentatives de diversion et de répression, illustrées, par ailleurs, par des attitudes de bonapartisme notées dans l'activisme visant à mettre fin, en dehors des procédures légales, au mandat des élus locaux, dans les régions, dans les communes et dans les communautés rurales.

Le Bureau politique de l’Alliance des Forces de Progrès adresse ses remerciements au peuple sénégalais pour la vigilance dont il a fait preuve dans la gestion de ce dossier, aux militantes et aux militants de l’AFP, aux militantes et aux militants des partis et Associations, membres du Cadre Permanent de l’opposition, aux membres de la société civile, aux organisations de défense des droits de l’homme et à tous les citoyens qui ont soutenu, avec détermination, la lutte des démocrates pour le triomphe de la vérité et la permanence de l’Etat de droit au Sénégal.

A celles et à ceux qui ont pris l’initiative de signer des pétitions, au Sénégal comme à l’étranger, dans le même but, le Bureau politique de l’AFP exprime sa gratitude sincère gratuite pour leur contribution à la défense des principes républicains.

Le Bureau politique de l’AFP et le Secrétaire Général du parti adressent les mêmes remerciements aux hommes de loi, aux avocats, aux conseillers juridiques qui, au Sénégal comme depuis l’extérieur, ont mis leur expérience et leur savoir-faire au service du droit afin que, dans ce dossier, toute manipulation soit réduite à néant.

Examinant le deuxième point de son ordre du jour, le Bureau Politique a engagé les militants de toutes les sections du parti à demeurer vigilants et persévérants dans l’exaltante tâche d’édification de l’outil du changement démocratique et socialiste qu’est l’AFP. La transformation de notre société sur des bases démocratiques se fait aussi dans un esprit d’ouverture, d’alliances fortes, bâties sur le ciment d’un engagement commun auprès des populations, afin de prendre en charge les aspirations, après tant de promesses non tenues. Ce combat, l’AFP le mène avec les membres du CPC et des personnalités de la Société Civile, pour que l’approfondissement de la démocratie, de l’Etat de Droit et la bonne gouvernance soient des acquis irréversibles.

Fait à Dakar, le 6 décembre 2001
Le Bureau politique de l’AFP