La République : entre réquisitoire et responsabilitééclaration 

Par Professeur Pape Mody Niang
 

 

 

Depuis quelque temps, des citoyens se prononcent sur la situation nationale, en faisant part, comme il est normal en démocratie, de leurs préoccupations et de leurs convictions. Certains, à travers les médias, interpellent le Président de l’Assemblée nationale et Secrétaire Général de l’AFP, M. Moustapha Niasse, en s’étonnant de son prétendu silence.

Mais, il ne lui sied pas, il faut en convenir, de réagir sur le ton de la polémique. Nous voulons simplement souligner que le Président de l’Assemblée nationale est un serviteur de l’Etat, qui sait ce qu’il a à faire, comment le faire et avec qui le faire.

Il y a deux manières de servir l’Etat :

La première est régie par des urgences et des circonstances qui amènent certains à participer au débat public, dans un cadre d’échanges dont la dynamique est sujette aux passions et parfois hélas à l’exigence de spectacle. Cette manière-là est liée à l’événementiel. Elle est subjective et superficielle.

Ce débat-là ne peut intéresser M. Niasse, Président d’une Institution de la République, l’Assemblée nationale.

L’autre manière de servir, rivée aux principes républicains, dans le champ de l’action, dans la discrétion et pour la recherche de l’efficacité, est un choix qui peut paraître difficile mais qui s’impose aux hommes d’Etat dont une des marques, pas toujours visible, est le sens de la mesure et l’esprit de responsabilité.

A ce type de débat, qui conduit à des dynamiques de progrès, a toujours pris part, où il le faut, quand il le faut, et comme il le faut, le Président de l’Assemblée nationale.

L’homme fait le travail qui lui est dévolu.

Les deux voies évoquées ci-dessus peuvent être choisies par tout citoyen mais le
Président de l’Assemblée nationale, M. Moustapha Niasse, entend, en ce qui le concerne, garder l’initiative de l’option, parce que tous les débats n’offrent pas le cadre qui sied, eu égard à son profil, à son parcours, à son sens de l’Etat, d’où les prises de position capitales, au cœur de l’histoire récente de notre pays et des urgences de l’heure, qui lui sont reconnues, dans le parti, au sein de la Coalition Bennoo Bokk Yaakaar et au sommet de l’Etat.

Lors de toutes les dates repères depuis l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale, M. Moustapha Niasse est resté égal à lui-même, sans concession aucune pour ce qui lui apparaît comme l’intérêt national. On le perçoit, tel qu’en lui-même, qu’il s’agisse de 1962, 1968, 1969, 1970 ou alors en 2000 et en 2012.

C’est que – est-il besoin de le rappeler ? - la boussole qui guide M. Moustapha Niasse, en toutes circonstances, repose sur les préoccupations du plus grand nombre et plus particulièrement des démunis, pour qui il s’évertue à s’investir, personnellement, avec tous les outils que notre Créateur a mis en sa possession. A l’aune de ce choix granitique, les sous-entendus sur des avantages liés à ses fonctions actuelles n’ont pas de sens et sont donc balayés.

Ses 10 prédécesseurs, depuis le Président Lamine Guèye, en 1960, ont travaillé dans les mêmes conditions, avec le même statut et dans le même cadre. Et ceux qui connaissent M. Moustapha Niasse savent très bien qu’il n’a jamais cédé devant des avantages pour accomplir, avec grandeur et compétence, ses missions au service de l’Etat.

C’est pourquoi, ses fonctions actuelles de Président de l’Assemblée nationale n’imposent aucunement une quelconque obsession et ne limitent nullement sa liberté ni de penser ni d’agir comme il le fait, depuis sa sortie de l’Ecole Nationale du Sénégal, et, cela, dans les postes qu’il a occupés depuis, tout comme dans le secteur privé, où il a évolué pendant 28 années. Il en a été de même dans la partie de sa carrière internationale, à New-York, comme ailleurs, pendant 8 années.

Aujourd’hui, M. Moustapha Niasse entretient des rapports empreints de cordialité et de respect mutuel avec tous les Députés, sans exception, indépendamment de leur appartenance à la majorité, à l’opposition ou au Groupe des Non-inscrits. Il ne faut donc pas attendre de lui qu’il entre dans l’espace des invectives et autres imprécations.

Cela dit, M. Niasse travaille avec le Chef de l’Etat comme il se doit, conformément aux fonctions qu’il exerce aujourd’hui et à son statut.

Il est indiscutable que le Président de la République, M. Macky Sall, a été élu selon un programme qu’il a présenté aux Sénégalais et qu’il s’emploie, aujourd’hui, à appliquer. Ce programme a été enrichi par d’autres composantes de la société sénégalaise.

On peut donc comprendre que M. Niasse ait choisi de soutenir et d’accompagner le
Chef de l’Etat et de se garder de s’installer sur la voie des diatribes, voie empruntée par certains leaders iconoclastes qui obéissent aux impératifs de leur propre calendrier.

Il ne peut pas, non plus, faire le choix d’éloges tous azimuts, l’autre versant de la désinvolture, voire de l’irresponsabilité.

En un mot, le Président Moustapha Niasse est et reste en phase, sans tambour ni trompette, avec le Chef de l’Etat, le Président Macky Sall, et il agit en conséquence.

Ce type de choix n’a pas besoin de publicité ni de spectacle.

Et cette relation est et demeure utile à l’Etat.

Souvent, d’ailleurs, le Président Moustapha Niasse dit à son entourage : «J’accompagne le Président Macky Sall sur la base de la confiance qui existe entre nous deux et de l’idéal que nous partageons au service de notre pays ».

Il ajoute également : « A ce stade, - et j’en ai pleinement conscience – je ne saurais, sur des plateaux de télévision ou des chaînes de radios, participer à des discussions et polémiquer, quand mon devoir est de contribuer autrement à l’évolution de notre pays vers le progrès, l’unité, la solidarité ».

Pourquoi, alors, certains veulent-ils s’ingénier à confondre un choix pour la réserve, la hauteur, la discrétion et la recherche de l’efficacité, avec un quelconque prétendu silence calculé ou avec une abstention frileuse devant les rings des gladiateurs de la polémique stérile et des imprécations d’une certaine classe politique ?

Le choix du Président de l’Assemblée nationale est clair. Il ne le changera pas.

Par ailleurs, les considérations et appréciations sur l’AFP relèvent, elles aussi, de l’ordre des conclusions hâtives. Nulle part elles ne sont justifiées, dans l’attitude de l’AFP, qu’il s’agisse de l’action ou des écrits, quoi qu’en pensent les confusionnistes. L’AFP n’a jamais aliéné sa souveraineté. Et il en sera toujours ainsi.

L’AFP entend poursuivre, en assumant son identité propre de parti politique conscient de ses responsabilités, le combat qu’elle entreprend depuis quinze années.

Et l’AFP ne s’est jamais fondue dans aucun parti politique. Elle ne le fera pas. Ni aujourd’hui ni demain.

La preuve en est, au demeurant, que le parti vient d’élaborer un programme qui répond tout à la fois au contexte politique national et aux exigences induites par des engagements qu’il a pris vis-à-vis des Sénégalais, dans l’indépendance qui est la sienne et dans l’exercice de réflexion, d’analyse et d’action sur le terrain, car « rien de grand ne se fait sans de grands hommes, et ceux-ci le sont pour l’avoir voulu », rappelle souvent Moustapha Niasse.



                                                                               Professeur Pape Mody Niang
                                                   Coordonnateur de l’Alliance Nationale
                                                  des Universitaires pour le Progrès (ANUP)
                                                     Membre du Bureau politique de l’AFP