Coordination Régionale de Kaolack

Séminaire de méthode et de mise à niveau des élus
 

Journée d’étude des Elus de l’AFP de la Région de Kaolack

sur la situation du monde paysan

5 juin 2005

 

 

Les Elus de l’A.F.P. ( Conseillers Régionaux, Municipaux et Ruraux ) de la région de Kaolack au nombre de cent soixante (160) se sont réunis, le Dimanche 05 juin 2005, de 10 heures à 14 heures à l’hôtel de région, sous la présidence de Monsieur Moustapha NIASSE, secrétaire Générale de l’A.F.P.

A l’issue des débats portant sur l’ordre du jour suivant :

  • les problèmes du monde rural
  • le fichier électoral

la réunion a approuvé à l’unanimité les actes mentionnés, ci-dessous, en onze (11) points appelés

DECLARATION DE KAOLACK

1. Une politique agricole qui a l’ambition de se mettre au service des populations paysannes, de soutenir la production et de prendre en charge, en termes de revenus fixés avec souci d’équité, doit s’éloigner de tout libéralisme exacerbé où domine la recherche du profit.

 2. Cette recherche du profit dont ne bénéficie qu’une minorité et des entreprises hors du contrôle des mécanismes de régulation des règles du marché, n’est jamais synonyme de bonheur pour la majorité des producteurs et des citoyens.

 3. Une politique agricole qui tend vers un paysannat moderne et performant doit être fondé sur le double objectif de l’accessibilité planifiée aux moyens de production, d’une part, et du règlement juste de la question de la commercialisation des produits, dans les délais et selon des conditions qui répondent à l’attente des paysans, d’autre part.

 4. Toute initiative concernant une véritable politique agricole doit intégrer l’instauration d’un débat public, au niveau national et sur le terrain, entre les paysans, les acteurs qui interviennent dans le processus de mise en place des intrants agricoles, les intermédiaires traditionnels, les industriels huiliers et les services de l’Etat ainsi que les organismes qui s’impliquent dans les mesures à portée financière concernant les étapes successives du processus.

 5. Ce débat public doit, ensuite s’organiser au sein de l’assemblée nationale, afin d’examiner et de discuter les avis des citoyens, soit pour les transformer en lois d’orientation ou de programmation, soit pour mettre ces avis en adéquation avec la nature et le volume des ressources disponibles ou à rechercher, par l’Etat et impérativement.  

6. Si l’AFP et l’opposition démocratique parvenaient, avec l’aide de Dieu, au pouvoir, l’Etat  créerait une commission nationale du débat public sur la réhabilitation et la conduite de l’agriculture au Sénégal.

Sur le territoire national, sept  régions sur onze constituent le bassin arachidier et onze sur onze ont une vocation agricole ouverte sur de grandes et réelles possibilités de diversification de la production, en toutes saisons, si se trouve maîtrisée la politique de l’eau.

 7. Il est constant, à présent, que le Gouvernement en place accorde une place tout à fait secondaire à l’agriculture et particulièrement aux filières arachide, maraîchères, céréales, fourrages pour bétail et au concept de périmètres polyvalents destinés à former des paysans modernes disposant de matériels et d’équipements peu coûteux à maintenance simple, solides et performants

8. Les élus locaux de l’AFP estiment que la programme agricole 2005-2006 est insuffisamment élaborée, hâtivement préparé et tardivement mis en place. Les conséquences visibles et vérifiées qui en résultent ont conduit à des situations constatées et soulignées à Kaolack, comme la mauvaise qualité des semences distribuées, en quantité insuffisante, semence de tout venant au taux de germination douteux et  dans tous les cas, particulièrement bas.  

9. Le constat fait, analysé et déploré sur la question de l’engrais est le même. L’aide alimentaire pour la période de soudure, risque de subir le même sort.

 10. Au cours de la journée d’étude de Kaolack, les élus locaux de l’AFP ont souligné, preuves à l’appui, tous les actes posés par le pouvoir en place, contre les intérêts des paysans dont les préoccupations essentielles sont ignorées ou combattues par les autorités qui, lors de tournées soi-disant administratives, font de la politique au profit du parti au pouvoir, le PDS, et utilisent, à cet effet, les moyens de l’Etat, les services et les personnels de l’administration territoriale, les médias d’Etat et notamment la télévision nationale usant et abusant de la bonne foi, de la sincérité et de l’honnêteté naturelle des populations rurales et des organisations paysannes.  

11. A l’issue de ses travaux, la journée d’étude de l’AFP consacrée à l’Etat du monde rural et à la situation des paysans sénégalais, a tenu à réaffirmer que les problèmes de développement du Sénégal ont des solutions.

Il convient pour résoudre ces problèmes, que tout gouvernement conscient de ses responsabilités face au peuple, accepte de dialoguer avec ce peuple, qu’il ait le courage et la lucidité d’écouter les citoyens, qu’il les consulte  sur la conduite de la nation, sur ses préoccupations, sur ses priorités, ses ambitions légitimes, sur son destin.

S’armer d’une solide foi en Dieu, promouvoir un climat de paix et travailler dans la concertation et dans la solidarité, protéger aussi les faibles et les acquis démocratiques, sont et demeurent pour les élus de l’AFP, les maîtres - mots et références fondamentales qui se trouvent au centre de l’action du parti, pour un Sénégal dirigé autant que ne le fait actuellement le régime libéral.

 

Fait à Kaolack, 5 juin 2005