DECLARATION SUR LA HAUSSE DU TARIF DE L'ELECTRICITE ET LE CHOIX DES MEMBRES DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL


Le pouvoir d’Abdoulaye Wade vient de prendre la décision d’une nouvelle augmentation du tarif de l’électricité de 8 % pour, à partir de juillet 2009, procurer à la SENELEC  17 milliards de francs CFA,  après avoir ponctionné 16 milliards de sa trésorerie en Mars 2009,  pour financer sa Loi de Finances Rectificatives, avec un projet de lui soutirer 14 milliards supplémentaires, sous prétexte de remboursement de la dette fiscale que doit cette entreprise.

C’est cette forte hémorragie de la trésorerie de la SENELEC qui est à la base de cette nouvelle hausse du tarif de l’électricité, et non pas un renversement de la tendance du prix du baril au niveau mondial.

Même si cela était le cas, le Gouvernement aurait pu, pour épargner les ménages,  utiliser à cet effet  les 22,7 milliards que le Fonds de Stabilisation des Importations des Produits Pétroliers ( FSIPP ) a engendrés depuis Janvier 2009, et que, curieusement, il n’a pas comptabilisé  dans les recettes fiscales de la Loi de Finance Rectificative que le Parlement vient d’adopter , selon l’aveu même de la Direction de la Planification et des Etudes Economiques ( DPEE) du Ministère de l’Economie et des Finances, de Juin 2009.

Mieux, le Gouvernement aurait pu utiliser une partie des revenus tirés de la vente des 30 hectares de l‘Aéroport de Dakar LSS, d’une valeur estimée à 57 milliards, plutôt que de le troquer à un privé en payement d’un marché public d’un coût de 12 milliards !

Ce bradage du patrimoine foncier, qui est un véritable cas d’abus de biens sociaux, est non seulement un motif valable pour traduire ses protagonistes en justice, mais, il est aussi à l’origine d’un regrettable malaise diplomatique avec l’Union Européenne qui a suspendu son aide, outrée qu’elle est,  par un tel deal au moment  même où le Sénégal court derrière les bailleurs de fonds pour boucler son budget rectifié !

Les ménages à faibles et moyens revenus ne sont donc pas  victimes des effets du prix du baril, mais bien  du train de vie dispendieux de nos Gouvernants, de  leur pillage des entreprises publiques et de notre patrimoine foncier, et de leur gestion patrimoniale de l’Etat.

C’est à cela que les conclusions des Assises nationales ont demandé de mettre fin le plus rapidement possible pour préserver le Sénégal, et contre lequel les religieux de la Banlieue de Dakar qui en accord avec les organisations consuméristes, ont appelé, de nouveau, à lutter pour annuler la  hausse de 8 % du tarif de l’électricité,  et de baisser de 5% conformément aux engagements du Gouvernement, et étendre la «  tranche sociale » de 50 à 250 kW.

Devant cette situation, les leaders de BENNOO SIGGIL SENEGAAL en appellent  à leurs membres et sympathisants, aux organisations syndicales, patronales, du monde rural, et de la société civile  et de défense des Droits Humains, à se joindre à cette lutte initiée par les religieux et résidents de la Banlieue  et des consuméristes, pour sauver le Sénégal.

Bennoo Siggil Senegaal est convaincu, que seule une vaste convergence des luttes de tous les secteurs de la population, dans les quartiers, les villes, les villages et les entreprises, est en mesure d’imposer à Wade  de changer de politique, de mode de gestion de notre Etat et de notre Economie ou, à défaut, de partir.

Sans une telle convergence dans la mobilisation pour faire triompher cette lutte, aucun dialogue politique entre le pouvoir et  les forces vives de la nation ne peut aboutir au changement attendu par les populations dans l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, ni dans leur espoir de s’épanouir par un travail décent.

Bennoo Siggil Senegaal  est d’autant plus certain  que sans ce vaste rassemblement,  il n’y a point de salut, pour la bonne raison  que   Wade, malgré son appel au dialogue, vient d’administrer, à nouveau,  la preuve de sa volonté de perpétuer son mode de gestion unilatéral et étroitement partisan de la chose publique.

En effet, il a profité de la nomination des membres du Conseil économique et social, pour  en écarter toutes les organisations syndicales (CSA), patronales (CNES, UNACOIS), du monde rural (le CNCR), et de la société civile,  qui ont participé aux Assises nationales et/ou qui ont   exprimé leur solidarité à l’entrepreneur Bara Tall, doublement victime des «  Chantiers de Thiès » et de son appui à l’organisation des Assises nationales.

C’est pour cela que Bennoo Siggil Senegaal lance cet appel au peuple Sénégalais à la mobilisation la plus vaste et la plus déterminée, pour faire aboutir les revendications sur l’électricité, et au-delà,  pour imposer la tenue d’un véritable dialogue porteur du changement attendu des populations, et l’application des conclusions des Assises nationales, notamment de la Charte de gouvernance démocratique.

BENNOO SIGGIL SENEGAAL ne ménagera aucun effort pour qu’il en soit ainsi, ici et maintenant.


Fait à Dakar, le 10 juillet 2009

La Conférence des Leaders
de la Coalition Bennoo Siggil Senegaal