COMMUNIQUE CONJOINT

ALLIANCE DES FORCES DE PROGRES  -   RASSEMBLEMENT POUR LE SOCIALISME ET LA DEMOCRATIE (TAKKU DEFARAAT SENEGAAL)

Le 15 Janvier 2009, une délégation de l'Alliance des Forces de Progrès (AFP) conduite par son Secrétaire Général, M. Moustapha NIASSE, et comprenant M. Madieyna DIOUF, Secrétaire national chargé de la Coordination des Activités du Parti, M. Sylvain BOYER, Mme Maymouna Gueye FALL, M. Mbaye Dione, M. Bouna Mohamed SECK, M. Cheikh Bamba SALL, membres du Bureau Politique, a rencontré, au siège de l'AFP sis à Sacré Cœur I, une délégation du Rassemblement pour le Socialisme et la Démocratie /Takku Defaraat Senegaal (RSD/TDS) conduite par son Secrétaire Général, M. Robert Sagna, et comprenant M. Amadou Bator DIOP, Secrétaire National chargé de la Vie Politique, Dr Mamoudou Kalilou BA, M. Doro DIAGNE, Mme Anne Marie DIONE et M. Mamadou DABO, membres du Bureau Politique.

Les deux délégations ont procédé à des échanges approfondis sur la situation nationale.

L'état des lieux met en évidence un pays plombé par le manque de vision des tenants du pouvoir. Cette situation est aggravée par une malgouvernance chronique, avec ses effets pervers sur l'économie nationale et le quotidien des populations. Le monde rural paie un lourd tribut suite à des choix malheureux qui ont conduit à la mort de la filière arachidière et à une paupérisation accélérée des masses paysannes. Qu'il s'agisse de la dissolution de la Sonagraines, de la vente de la SONACOS dans des conditions opaques, des programmes dits spéciaux ou de la virtuelle GOANA, les conséquences sont désastreuses pour une économie rurale dont l'effondrement est une vraie catastrophe nationale.

En ce qui concerne le secteur industriel, les grandes unités telles que la SAR, les ICS et la SENELEC ont subi les contrecoups d'une gestion erratique, qui a grevé leurs performances, voire menacé leur viabilité, sans oublier les conséquences sur l'ensemble de l'économie nationale, l'emploi et le coût de la vie.

Par ailleurs, la vente décidée de la Société Nationale des Chemins de Fer du Sénégal (SNCFS), du matériel et du patrimoine immobilier de cette société est à dénoncer vigoureusement, comme l'illustration du bradage irresponsable des éléments du patrimoine national, sans oublier le sort déplorable qui en résulte, au détriment des personnels de cette société, à tous les niveaux.

Les tensions sociales sont particulièrement visibles dans d'autres secteurs sensibles comme la Santé et l'Education. Malgré le déséquilibre entre la demande, les infrastructures, l'équipement et le personnel, le Gouvernement se révèle incapable de traiter en profondeur des dossiers ayant des incidences directes sur la qualité des ressources humaines et sur les choix stratégiques pour le développement. Le logement et la qualité du cadre de vie sont relégués au second plan, au profit d'une spéculation foncière effrénée sans précédent dans l'histoire de notre pays.

Malgré toutes ces urgences, le régime en place continue de se livrer au gaspillage et à la gestion gabegique, en promouvant un train de vie de l'Etat en porte à faux avec les possibilités de notre pays et les priorités nationales. Dans un tel contexte, il n'est pas surprenant que les finances publiques soient gagnées par une anémie aigüe qui a provoqué la reconstitution de la dette intérieure et l'incapacité de l'Etat à respecter les engagements souscrits auprès des entreprises et du monde du travail.

Ces errements sont accompagnés par un recul de la démocratie, des libertés fondamentales garanties par la Constitution et la loi électorale. L'Etat de droit est devenu un slogan creux dans la mesure où, sous l'ère de Me Abdoulaye Wade, le principe élémentaire de la séparation des pouvoirs demeure une fiction. Même la dévolution transparente du pouvoir est remise en question par un projet monarchique qui conduit le régime en place à tenter de confisquer la souveraineté populaire.

Les deux délégations fustigent avec la dernière énergie ces réflexes d'un autre âge qui déteignent sur le mode de gestion des conflits, comme c'est le cas actuellement à Kédougou où les populations sont victimes d'une répression aveugle, alors qu'un dialogue franc et méthodique pourrait régler ce problème en profondeur. Il en va de même du dossier de la Casamance où le manque de savoir faire constitue aujourd'hui un obstacle difficile à franchir, malgré les fanfaronnades du Président Abdoulaye Wade qui avait annoncé pouvoir régler ce conflit en 100 jours. Il est urgent que ce dossier soit traité avec plus de méthode, aussi bien dans l'approche et le calendrier, que dans le choix des interlocuteurs et l'implication des pays frères limitrophes.

Eu égard aux convergences de vues des deux délégations, il a été convenu ce qui suit :

  • Les deux partis traduiront en actes leur volonté commune de poursuivre solidairement le combat patriotique pour le redressement du Sénégal et un développement concerté. Ils développeront leurs relations bilatérales, en procédant à des concertations régulières sur toutes les questions concernant la situation nationale et internationale, notamment en matière électorale ;
  • Les deux partis conjugueront leurs efforts pour construire, dans l'unité, des forces politiques et sociales à même de débarrasser le Sénégal, par la voie des urnes, d'un régime qui a fini de montrer ses limites et son incapacité à prendre en charge un projet de développement concerté, et équilibré, dans le cadre d'un Etat républicain fidèle à l'éthique et aux valeurs qui ont toujours constitué le fondement de notre société.


Fait à Dakar, le 15 janvier 2009 

 

Pour l'AFP Pour le RSD/TDS
Madieyna DIOUF Amadou Bator DIOP