COALITION "AND SIGGIL SENEGAAL"

Le Comité Electoral National

Déclaration N°001

 

Depuis les élections présidentielle du 25 février, puis législatives du 03 juin 2007, les autorités gouvernementales font obstinément l'impasse sur de nombreux problèmes, pourtant substantiels, pour des scrutins sérieux : l'épuration régulière du fichier électoral, le cadastrage des bureaux de vote, les modalités diverses d'édition et de distribution des cartes d'électeurs,…

Or, dans toute démocratie, la régularité et le déroulement sérieux des élections sont les premiers facteurs d'ordre, de paix civile et de stabilité. Toute atteinte aux caractères que voilà des scrutins, surtout par ruse pour favoriser un camp par peur du verdict populaire, est une forfaiture grosse de dangers pour tous.

En déposant, le 30 décembre 2008, un projet de loi modifiant les articles L 189, L 190, L 193, L 225, L 226, L 239 L 242, L 244, et L 245 du Code électoral, relatifs à la composition et au mode d'élection des conseillers régionaux, municipaux et ruraux, le gouvernement du Sénégal, décide de modifier les règles du jeu à la veille du jeu et de rompre ainsi le consensus qui résulte des larges concertations de 2005. Aussi devons-nous de souligner que les motifs invoqués pour justifier une telle révision ne tiennent pas la route. En effet, la nature de ces élections, voudrait que l'on se retrouve avec des collectivités locales les plus représentatives qui soient à même de permettre aux minorités de participer à la gestion de la cité.

Pourtant, aux termes des dispositions du Protocole additionnel de la CEDEAO sur la bonne gouvernance, signé le 20 décembre 2001 à Dakar, aucune modification de la Constitution et des lois électorales ne devrait intervenir dans les six mois précédents les élections, sans un large consensus entre tous les acteurs impliqués dans la compétition électorale.

Aujourd'hui, le sens élevé des intérêts de notre pays ne nous laisse aucun autre choix que de nous lancer résolument dans l'offensive contre le régime libéral, pour l'amélioration des conditions de vie des populations, le déroulement correct des opérations électorales et une large victoire dans toutes les collectivités locales lors des élections locales du 22 mars 2009.

Comme nous l'avons dit en introduction, ce ne sont pas les problèmes qui manquent et tous appellent à l'évidence, un examen concerté et un consensus si on veut sortir le Sénégal des sentiers dangereux, des coups de force et des faits accomplis que le gouvernement semble privilégier de plus en plus, au mépris des voies de la paix.

Il a déjà, plusieurs fois, renvoyé des élections sur des motifs fallacieux pour la convenance du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) et de ses servants. Aujourd'hui que son parti est au plus mal, et son bilan catastrophique mis en pleine lumière, mécaniquement, il peut être tenté de s'inventer un alibi de plus pour différer les élections.

Aucun citoyen conscient ne saurait accepter la réédition, par exemple, du coup des nouvelles circonscriptions administratives créées à la va vite et invoquées pour renvoyer les élections ; ni même l'invocation des retards de l'administration, nul ne devant pouvoir se prévaloir de sa propre turpitude pour fonder un acte légal.

Pour notre part, nous mettons en garde le gouvernement devant un tel forfait et attirons l'attention de l'opinion nationale et internationale, sur toutes les conséquences qui pourraient découler de tels manquements sur le processus électoral et de la confiscation de l'expression populaire, au soir du scrutin le 22 mars 2009.


Fait à Dakar, le 2 janvier 2009

Le Comité Electoral National