Résolution sur Mbane et l’ensemble des Collectivités locales gravement menacées
dans leur fonctionnement par les projets de découpage territorial

 

Le 22 mars 2009, le peuple sénégalais souverain, dans une exemplaire maturité politique, a choisi librement, pour une durée de cinq années, les hommes et les femmes chargés de diriger les exécutifs locaux dans les communautés rurales, dans les  communes et dans les régions du Sénégal.

Apres neuf années d’une gestion locale par des élus appartenant au Parti démocratique sénégalais, les Sénégalais ont opté pour le changement local, en portant leur choix en 2009 sur de nouvelles équipes portant les couleurs de la coalition Bennoo Siggil Senegaal, en toute responsabilité et en pleine connaissance de cause. C’est ainsi que des communes comme Pikine, Guédiawaye, Kaolack, Kaffrine, Nioro, St Louis, Louga, Podor et Fatick ont basculé aux mains de l’opposition.

C’est ce choix souverain du peuple, par la voie du suffrage universel, que le régime de Me Abdoulaye a décidé de remettre en cause, par une série de décrets iniques, antidémocratiques de redécoupage territorial, dont les visées politiciennes et électoralistes sont évidentes, à dix mois de la présidentielle de février 2012.

Une telle démarche anti républicaine de confiscation de la volonté populaire, aux antipodes des principes qui régissent un Etat de droit, a pour principal objectif de s’accaparer des richesses foncières sous la charge des collectivités locales, que les populations locales ont décidé de préserver et de protéger de la prédation libérale, à travers ce vote historique de mars 2009.

C’est dans ce contexte qu’il faut placer la décision prise par le Président de la République, de placer une délégation spéciale à Mbane, en érigeant en commune un village sans aucune infrastructure de moins d’un kilomètre carré de superficie, Ndombo, sans aucune concertation avec les populations concernées. Ce faisant, le régime libéral du PDS, pourra sans coup férir, s’accaparer des énormes réserves foncières de Mbane, mais aussi valider la spoliation et la spéculation des terres qui ont été initiées par l’équipe sortante qui, en l’espace de neuf ans, a octroyé près de trois cent mille hectares de terres à des hommes d’affaires alliés du régime en place. Après Sangalkam, Diakhao, Diossong,  Djilor-Foundiougne, Bargny, Paoskoto, Nganda, Mabo, voilà le régime de Me Abdoulaye Wade qui dépouille à présent Mbane.

L’Alliance des Forces de Progrès appelle le Président de la République à renoncer à ces projets monstrueux, injustes et inacceptables de confiscation de la volonté populaire.

L’Alliance des Forces de Progrès dénonce avec la dernière énergie de telles forfaitures, qui constituent une violation caractérisée de l’esprit de la loi sur la décentralisation et tordent le cou à tous les principes républicains. Elle se solidarise des actions engagées par les populations de Mbane, dans le refus de l’inacceptable et de l’injustice. Elle soutient le Président du Conseil rural de Mbane, Monsieur Aliou Diack et ses conseillers dans le combat légitime qu’ils mènent aux périls de leurs de vies, après avoir épuisé toutes les voies de recours que le droit leur offre.

L’Alliance des Forces de Progrès, consciente que ce régime de Me Abdoulaye Wade, ne reculera devant aucune transgression pour remettre en cause le suffrage universel, appelle les populations, les élus locaux et toutes les forces démocratiques à se dresser pour faire face et préserver leurs droits consacrés par la Constitution et à refuser ces décrets iniques de redécoupage de leurs localités.

 

Fait à Dakar, le 23 mai 2011 

Le Bureau politique de l'AFP