REUNION DU COMITE DIRECTEUR DE L'AFP
7 DECEMBRE 2003

RAPPORT DE SYNTHESE


 

Le Comité Directeur issu du premier Congrès Ordinaire de l’A.F.P des 1er et 2 mars 2003, a tenu sa première session, le Dimanche 7 décembre 2003 dans la Salle Polyvalente des Martyrs de l’Ouganda en présence du Secrétaire Général Moustapha Niasse et sous la présidence de M Falilou KANE , membre du bureau politique.

Cinq cent six délégués élus au Congrès ont représenté toutes les coordinations régionales mixtes femmes, jeunes, les Alliances, les Sénégalais de l’extérieur, les personnes du 3eme age et les ressources humaines invitées à ces assises pour leur expérience et leur disponibilité.

Après avoir entendu tour à tour :

- le discours d’ouverture magistral du Secrétaire Général le camarade Moustapha Niasse, qui a fait un tour d’horizon complet de la situation nationale caractérisée par un mal–vivre et un malaise profond que les autorités religieuses musulmanes et chrétiennes, traditionnellement réservées sur les problèmes politiques, ont stigmatisés.

- le rapport d’activités du Bureau Politique présenté par le camarade Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la coordination des Activités du parti , sur le travail important et fructueux produit par la direction du parti dans la période du 26 mars au 5 décembre 2003.

Après un large échange d’idées dans un débat démocratique, serein et responsable, le Comité Directeur constate que le Sénégal est pris au piége d’une crise politique, économique et sociale sans précédent dans notre histoire et dont les manifestations les plus évidentes sont :

- Le non-respect des droits de l’Homme et les violences politiques répétées.

- La patrimonialisation des biens de l’État et la mal gouvernance sous toutes ses formes notamment dans le domaine foncier et dans celui des procédures contentieuses entre l’État et ses administrés comme par exemple l’indemnisation des victimes du « joola » où seuls le droit et la loi doivent être dits et appliqués.

- l’impunité. L’agression dont a été victime Talla Sylla , l’incendie de la Bourse du travail de la C.N.T.S , l’incendie du siège du P.S.D/Jant bi et de la radio Wal fadjri sont autant de preuves éloquentes des tentatives du régime actuel d’étouffer et d’empêcher la libre expression des opinions et des idées.

- La gestion patrimoniale des biens de l’État. Les récentes révélations contenues dans le livre de Abdou Latif Coulibaly concernant particulièrement la rénovation de l’avion présidentiel et l’indemnisation, en catimini, de la famille de Babacar Seye assassiné en mai 1993, dans des conditions non encore élucidées, en sont de parfaites illustrations.

- La pauvreté de plus en plus évidente en milieu rural et en milieu urbain.

- L’état désastreux des infrastructures routières et l’insécurité qui en découle.

- Une politique agricole anachronique et sans lendemain pour les masses rurales qui représentent environ 80% de la population et un élevage presque abandonné à son sort.

A cet égard l’exemple du programme maïs, tant vanté par le gouvernement libéral s’est presque soldé par un échec. Les paysans du Sine–Saloum et notamment ceux du département de Nioro, comme d’ailleurs leurs homologues de la région de Ziguinchor, pour ne citer que ceux–la, ont récolté un maïs fourrager déstiné à l’alimentation du bétail. Beaucoup d’entre eux, endettés au moment des semences, demandent à être dédommagés, d’autant que des parcelles d’excellente qualité, initialement réservées au mil souna y ont été consacrés.

Le comité directeur s’est aussi particulièrement préoccupé des difficultés que rencontrent les producteurs de riz dans la vallée du fleuve et a déploré :

- La cherté de l’eau

- L’inaccessibilité aux crédits

- Les grosses difficultés de commercialisation de la production sur le territoire national et ce malgré les lourds investissements réalisés pour la construction des barrages de Diama et de Manantali . A peine 36 000 ha sont emblavés sur total de 240 000 ha disponibles.

Ensuite, à cause des intempéries de janvier 2002 et dans l’impossibilité pour les paysans de rembourser les dettes contractées auprès du Crédit Agricole, le nombre de parcelles emblavées dans la vallée a représenté 14 000 ha sur une superficie disponible de 36 000 ha pour les années précédente.

- Une demande sociale toujours insatisfaite. Le secteur social se trouve aujourd’hui plus qu’hier en ébullition du fait de la non prise en charge de ses revendications. Les syndicats, dans leur écrasante majorité, sont sur le pied de guerre comme en témoignent les perspectives annoncées de marches et de grève générale.

- Un système éducatif très mal en point. Notre école et nos universités continuent leur traversée du désert, malgré une expertise avérée. Les autorités, peu soucieuses des performances d’une école démocratique au service du pays , tergiversent toujours et jouent à cache-cache avec les enseignants, les élèves et leurs parents , hypothéquant chaque jour, ainsi, l’avenir d’une frange importante de la population : la jeunesse nationale.

Cette jeunesse, qui a été au cœur des changements intervenus le 19 mars 2000, doute aujourd’hui encore de son devenir face à un manque criard d’emploi résultant de la rareté des investissements et des industries.

- Une politique extérieure aux effets limités. Notre diplomatie, qui a toujours été citée en exemple dans le monde, est aujourd’hui mise à rude épreuve. Les relations séculaires et exemplaires que nous avons toujours entretenues avec nos voisins et nos partenaires privilégiés comme la France, sont en train de se dégrader, compromettant une coopération indispensable à tous nos efforts de développement.

D’autres secteurs de la vie nationale comme la santé , l’ environnement et le sport n’ont pas échappé aux effets de cette politique du gouvernement de Maître Abdoualye Wade.

Pour toutes ces raisons et incontestablement, le pays est en danger.

L’A.F.P, qui est un parti de masse au service du peuple sénégalais se fait le devoir de suivre avec attention et esprit de suite toutes les questions ayant trait aux préoccupations des populations . A ce titre , le Comité Directeur , à l’instar des autres composantes de la société , notamment les Imams et les Evêques tire sur la sonnette d’alarme. Il exhorte ceux qui gouvernent ce pays à écouter et à entendre le cri du cœur d’une population meurtrie qui souffre dans sa chair et dans son âme.

Le Président de la République , en premier lieu, doit donner le bon exemple en cessant cet exercice périlleux tendant à placer le pays dans une situation délétère de campagne électorale permanente et d’installation d’un climat de tension politique grave. Il doit impérativement travailler à l’approfondissement de notre démocratie dans un Etat de droit où l’impunité n’aura plus ainsi droit de cité. Il doit arrêter et faire arrêter toute ingérence dans le fonctionnement de la justice. Les agresseurs de Talla Sylla , les assassins de Balla Gaye , les incendiaires du siège du P.S.D Jant bi et de Wal fadjri doivent être recherchés , trouvés et traduits devant la justice.

C’est que le Sénégal nous appartient à tous , l’A.F.P et les patriotes ne laisseront pas leur pays sombrer, quelqu’en soit le prix à payer.

Pour nous, les vraies solutions ne peuvent être trouvées que dans un changement radical de direction et d’orientation, pour une prise en charge sérieuse et sincère des problèmes de notre pays.

A ce titre, le Comité Directeur exhorte la direction du parti et les militants à travailler d’arrache pied pour la réalisation de notre objectif stratégique, qui est la prise démocratique du pouvoir politique pour trouver une alternative à l’alternance et abréger la souffrance des populations. Dans cette optique, un certain nombre d’actions doivent être menées par le parti :

- le processus électoral devra être parfaitement maîtrisé. Notre combat pour la mise en place d’une CENI reste toujours actuel. L’AFP et les Patriotes se battront ainsi de toutes leurs forces pour que les conditions d’une élection transparente, juste et apaisée soient réalisées. Sans quoi, les patriotes de ce pays trouveront les solutions appropriées dans le respect de la loi.

- régler la question de la communication de l’AFP par une stratégie adaptée aux exigences et à l’évolution politique et gérer les urgences en temps réel par les responsables de la base au sommet

- renforcer les capacités d’organisation et de mobilisation du parti en insistant particulièrement sur la sensibilisation et la formation des militants. A ce propos les séances hebdomadaires du bureau politique permettront à ce dernier de :

- fixer et de contrôler les tâches assignées à des structures ou/et à des militants

- confier des missions et d’en évaluer les impacts

- discuter de stratégies et de plans de réalisation d’objectifs spécifiques

- juger de l’opportunité ou non d’une activité appropriée en fonction des buts fixés.

- donner des directives et des méthodologies de travail dans l’implantation , la massification et le maillage des structures du parti.

Par ailleurs, le Comité Directeur note avec satisfaction l’élaboration en cours des commissions techniques correspondant aux dossiers techniques du parti. Le moment venu, le parti invitera les camarades à se faire inscrire et à prendre une part active aux travaux de ces commissions de travail stratégique et technique.

Bientôt des Commissaires politiques seront désignés pour assurer dans les onze régions du pays, les fonctions de suivi, de contrôle et de supervision dans le domaine de la mise en œuvre des différents volets du programme que l’AFP a proposé au peuple pour un autre type de société et pour un Sénégal dirigé autrement.

Le Comité Directeur se réjouit des visites de proximité déjà entamées par le Secrétaire général du parti dans la région de Dakar et qui se poursuivront au cours du premier semestre 2004 dans les régions de Saint-Louis, Louga, Diourbel, Fatick, Tambacounda, Kolda, Thiès, Kaolack, Matam et Ziguinchor.

Maintenir et renforcer, au besoin, notre collaboration avec les autres partis politiques, notamment avec ceux du CPC perçu par les membres du Comité Directeur comme le cadre d’une bonne stratégie devant permettre de conquérir le pouvoir . A ce titre, le Comité Directeur félicite le Secrétaire Général des initiatives prises dans ce sens et l’encourage à continuer sur cette voie.

- Définir une stratégie appropriée en vue d’élargir, par une démarche d’ouverture et de proximité, notre potentiel électoral en nous rapprochant des organisations de la société civile, des milieux religieux et des syndicats de travailleurs.

Saluant les initiatives et le dynamisme des Mouvements des femmes, des jeunes, du 3e âge et des Alliances nationales, le Comité Directeur félicite et encourage les camarades Mata Sy Diallo, Présidente du MOUNFEP, Mbaye Dione, Secrétaire général du Mouvement des jeunes, Louis Dacosta, Coordonnateur des personnes du 3e âge, Mor Dieng, Coordonnateur de l’ANCP, Santi Sène Agne, Coordonnateur de l’ANHP, Pape Mody Niang, Coordonnateur de l’ANUP, Ousmane Mbow, Coordonnateur de l’ANAP et de Thierno Diop, Coordonnateur de l’ANTP.

Le Comité Directeur constate avec satisfaction le démarrage des activités des Racines du Progrès, malgré certaines difficultés inhérentes à toute organisation de ce genre .Il encourage toutes les actions de solidarité déjà initiées dans ce cadre par la Direction du parti et adresse son appréciation et ses encouragements à Madame Jeanne Lopy Sylla, sa Présidente

Le Comité Directeur de l’A.F.P constatant le travail imposant accompli depuis le Congrès tant au plan de la gestion des problèmes liés à la situation nationale et internationale qu’à l’organisation et au fonctionnement du parti , félicite très chaleureusement le camarade Moustapha Niasse Secrétaire Général du Parti de sa vision clairvoyante du contexte national et international et de la dynamique qu’il imprime au parti, avec la participation active de tous les membres du Bureau politique.

Dans cet esprit, le Comité Directeur joint à ces félicitations tous les membres du Bureau Politique pour la régularité et la constance dans l’accomplissement des tâches que leur a confié le Congrès.

Le Comité directeur du parti, à l’unanimité des 506 militantes et militants représentant les onzes (11) régions du Sénégal a adopté une importante déclaration portant sur les productions et le traitement du monde rural ainsi que sur ce qui devrait être, au Sénégal, une politique cohérente, réaliste et efficace de l’Etat concernant le volet énergie du développement.

Dakar, le 7 décembre 2003

Le Comité Directeur