Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Sur le Traitement du Dossier des Chantiers de Thies

 

Depuis une semaine, les Sénégalais suivent, avec une attention soutenue, le déroulement de l’affaire dite des chantiers de Thiès dans le traitement qui en est fait, à la suite des déclarations du Président de la République, le 17 juillet au CICES, à l’occasion d’une réunion organisée par son Parti, le PDS.

Au cours de cette réunion, le Président de la République, Secrétaire Général de son Parti, a évoqué la question des 46 milliards de francs consacrés à la construction de voies et à l’installation d’équipements divers dans la ville de Thiès, dans le cadre du programme spécial d’investissements pour la préparation de la fête nationale de l’Indépendance, en Avril 2004.

La réaction de l’ancien Premier ministre, Monsieur Idrissa Seck aux propos du Chef de l’Etat a été suivie par la convocation de l’ex numéro 2 du PDS devant les services de la Police Judiciaire, qui l’ont soumis à une procédure d’enquête au cours de laquelle, par delà le dossier des chantiers de Thiès, les investigations ont évolué vers un chef d’accusation lié à une possible atteinte à la sûreté de l’Etat.

Le Bureau Politique de l’AFP, analysant le contexte dans lequel survient cette affaire « Chantiers de Thiès et Sûreté de l’Etat », estime que les pouvoirs publics et le régime de Maître Abdoulaye Wade, en particulier, ont l’obligation de veiller au respect scrupuleux de la séparation des pouvoirs, pour préserver la transparence, l’objectivité et la protection des droits de la personne humaine.

Plus précisément, dans tout système démocratique, comme dans le cas Idrissa Seck, l’intégrité physique de celui-ci doit être préservée à tous les stades de la procédure, de même que la sécurité de sa famille et celle des citoyens qui lui sont proches,

le Bureau politique de l’AFP réitère, pour ce qui concerne notre parti, la position exprimée à la Délégation des amis de Idrissa Seck qui a rendu visite au Secrétaire Général, le dimanche 10 juillet puis au CPC et à la LD/MPT. Il tient à rappeler que les dossiers politiques doivent être traités selon des procédures politiques et que les dossiers de l’Etat doivent être traités et gérés au sein des organes de la puissance publique dans un esprit républicain et conformément à la loi.

En tout état de cause, il reste entendu que les Sénégalais ont le droit de connaître les montants engagés et les conditions exactes d’utilisation des crédits alloués aux chantiers de Thiès.

Le Bureau de l’AFP tient à réaffirmer qu’au moment où le pouvoir en place organise des événements dérivatifs pour capter l’attention des sénégalais, des dossiers d’une extrême importance attendent d’être pris en charge comme :

1. Les vivres de soudure attendus par les paysans, après une période de semis source de soucis du fait de la mauvaise qualité des semences et de l’insuffisance des quantités distribuées ;

2. l’invasion annoncée par la FAO des essaims des criquets pèlerins, sans que les ministères responsables aient pris ou prévu les mesures préventives ou curatives nécessaires ;

3. la prochaine série de mesures de protection des villes habituellement inondées, à chaque hivernage, comme c’est déjà le cas à Dakar, Saint-Louis, Kaolack, Kaffrine et Vélingara, entre autres ;

4. La prochaine rentrée des classes dans un contexte de pauvreté accentuée au sein des masses urbaines et rurales ;

5. L’augmentation répétée des prix de produits pétroliers et des denrées alimentaires ainsi que des produits de première nécessité.

Face à cette situation, le Bureau politique de l’AFP en appelle à la conscience de tous les démocrates sénégalais pour poursuivre la lutte en faveur d’une démocratie consolidée et pour que l’image du Sénégal ne souffre des contre-coups de la mal-gouvernance que le régime libéral de Maître Abdoulaye Wade continue à appliquer au pays.

 

 

Fait à Dakar, le 21 juillet 2005

Le Bureau politique de l'AFP