DÉCLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP



12 Mai 2005

 

Dans l'après-midi du 11 mai 2005, le domicile de l'ancien Premier ministre, Monsieur Idrissa Seck, a été pris à partie par des nervis dont certains ont identifié les commanditaires. Cette nouvelle escalade dans les faits de violence récurrents est le corollaire d'une culture de violence dans laquelle le PDS, parti-Etat, s'est englué depuis longtemps.

Après les évènements tragiques de la Bourse du travail, la tentative d'assassinat de Monsieur Talla Sylla, les menaces de mort à l'encontre de leaders de l'opposition, des Evêques, des journalistes, la loi EZZAN est venue consacrer le règne de l'impunité qui menace dangereusement les Institutions de la République, la cohésion sociale et la paix civile. Les premières conséquences de la loi EZZAN se sont déjà manifestées le 12 avril 2005, lors de la perturbation commanditée, en haut lieu, de la marche du CPC.

La permanence de l'État de droit commence par le respect, par tous, de la Constitution, des Lois et des Règlements de notre pays. L'État sénégalais, qui est pris en otage par le parti au pouvoir, est en train de donner des signes inquiétants d'effondrement, qui l'empêchent de mener à bien ses missions, dont la protection des biens et des personnes est l'une des plus importantes. Par ailleurs, l'aggravation des dysfonctionnements de la justice dénoncés par les magistrats, les avocats, les greffiers et les justiciables jette un discrédit sur l'image de notre pays. Et voilà qu'à l'occasion d'une crise interne du parti-Etat, l'on inverse la hiérarchie des normes en affirmant le primat du statut du PDS sur la Charte fondamentale.

C'est dans ce contexte qu'un Ministre de la République, à travers ses agissements et ses déclarations qui trahissent l'irresponsabilité et l'inconscience teintées d'une logique infernale, tente de justifier l'injustifiable.

Ce cumul de dérives dangereuses interpelle tous les démocrates et tous les patriotes, car les fondements de la République et de la stabilité de notre pays, la cohésion sociale et la paix civile sont en jeu. A cet égard, le Chef de l'État, Maître Abdoulaye Wade, doit se départir sans délai de son manteau de chef de parti pour assumer les responsabilités que lui confère la Constitution en prenant la mesure, toute la mesure de la gravité des évènements en cours.

 

 

Fait à Dakar, le 12 mai 2005

Pour le Bureau politique de l'AFP
Le Secrétaire national chargé de
la Coordination des Activités du Parti

 

Madieyna Diouf