Déclaration de la réunion extraordinaire du Bureau politique de l'AFP

Mercredi 1er juin 2005

 

Le Bureau Politique de l’AFP s’est réuni, en séance extraordinaire, le mercredi 1er juin 2005 sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du Parti, à l’effet d’examiner l’ordre du jour portant sur le point unique suivant : l’actualité politique nationale, dominée par l’arrestation arbitraire de M. Abdourahim Agne, Secrétaire général du parti de la Réforme, la situation des 12 députés dits frondeurs et la recrudescence de la violence politique au quotidien.

Après une analyse approfondie de la situation, le Bureau politique de l’AFP constate, pour le déplorer, que les éléments d’une crise multiforme sont en train de menacer gravement notre démocratie et la stabilité de notre pays.

 Le parti-Etat, le PDS, entrave le fonctionnement des Institutions de la République, qu’il met au service d’intérêts privés. La séparation des pouvoirs, qu’évoquait naguère l’Union des Magistrats est devenue, sous nos cieux, un vague souvenir. Les libertés publiques reconnues par notre Charte fondamentale sont foulées au pied. L’arrestation arbitraire de M. Abdourahim Agne, victime d’un délit d’opinion, en est une parfaite illustration. A ce propos, il n’est pas inutile de rappeler que le Chef de l’Etat lui-même s’était engagé, depuis bientôt un an, sur le perron de l’Elysée, à supprimer l’Article 80 du Code pénal, sur le fondement duquel M. Abdourahim Agne a été placé sous mandat de dépôt.

 On assiste à l’expression réelle de prémices d’une dictature. Le Bureau politique de l’AFP considère qu’il doit être mis fin à ce mouvement graduel ici et maintenant et exige la libération immédiate et sans condition de M. Abdourahim Agne.  

Par ailleurs, le Bureau politique de l’AFP estime qu’il est inacceptable que l’Assemblée Nationale, Institution de la République, obéisse aux ordres d’une instance du PDS et ce dans une parfaite illégalité, parce que violant les dispositions de l’Article 60 de la Constitution.  

C’est la raison pour laquelle, le Bureau politique de l’AFP adhère à la Déclaration, en date du 1er juin 2005 des députés des deux groupes parlementaires de l’opposition, ceux de la LD/MPT ainsi que les non-inscrits. Dans cette déclaration, ils réaffirment la primauté de la Constitution, des valeurs de la République sur des décisions des instances politiques, fussent-elles celles du parti au pouvoir et s’opposent à l’exclusion illégale des 12 députés dit frondeurs en violation flagrante de l’Article 60 de la Constitution.

 Ce coup de force programmé se situe dans un contexte où la violence politique se développe dangereusement dans le camp du parti au pouvoir, qui n’hésite pas, avec la complicité des autorités de l’Etat, à perturber des manifestations de l’opposition qui se déroulent dans la stricte légalité républicaine. Après les nervis qui ont exercé des faits de violence sur la marche du CPC du 12 avril 2005 , voilà que des énergumènes armés agressent des militants de l’AFP en meeting, le 29 mai 2005 , à Guethe Kaye, Arrondissement de Paos Koto, sous la présidence effective du Secrétaire Général de l’AFP, M. Moustapha Niasse. N’eût été le sang froid des responsables du CPC et du Secrétaire Général de l’AFP, il y aurait eu certainement mort d’hommes.

 Le Bureau politique de l’AFP condamne vigoureusement ces dérives graves qui menacent la cohésion sociale, la paix civile et notre démocratie. Il tient pour responsable Maître Abdoulaye Wade en personne, Président de la République et Secrétaire national du PDS, qui se révèle incapable de prendre de la hauteur, pour remplir ses missions, telles que définies par la Constitution du Sénégal, et en évitant la confusion des rôles.

 Le Bureau politique de l’AFP approuve intégralement le Plan d’action du 30 mai, adopté par le CPC, le G.10 et la LD/MPT, en vue de faire face, avec fermeté et détermination, à toutes ces dérives antidémocratiques.

 Le Bureau politique de l’AFP salue la vaste mobilisation des partis politiques, des syndicats, des organisations de la société civile, des associations de défense des droits de l’homme, des organisations du secteur privé, des associations paysannes, des patriotes, des démocrates et plus généralement, de toutes les forces vives de la nation, tous ensemble décidés à barrer la route aux réflexes totalitaires. Le Bureau politique de l’AFP les exhorte à rester mobilisés pour la défense des valeurs de la République et pour le salut de notre cher Sénégal.

 

 

Fait à Dakar, le 1er juin 2005

Le Bureau politique de l'AFP