BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Déclaration de l'ANCP

 

Le Sénégal, notre pays, traverse une grave situation économique, politique et sociale, dont la principale raison est à chercher dans l'incompétence et dans l'absence de vision du régime de Me Abdoulaye Wade, qui a fait de la gestion patrimoniale de l'Etat, du détournement de deniers publics et de la violation des lois et règlements, le fondement de sa folle gestion. Nos institutions sont bafouées et notre République est menacée par des visées monarchiques. Pourtant, des décennies durant, des hommes d'Etat,  de toutes chapelles politiques, religieuses et toutes ethnies confondues, avaient patiemment construit au Sénégal, un Etat de droit avec une administration crédible et respectée, pour faire de notre pays celui de la "Téranga", un havre de paix qui n'a jamais connu de coup d'Etat ni de guerre ethnique. Ces atouts et ces fondements républicains sont aujourd'hui menacés. La volonté manifeste du Chef de l'Etat, Me Abdoulaye Wade, de violer la Constitution, en briguant un 3ème mandat illégal en février 2012, vient convaincre les plus sceptiques, que ce régime politique, malgré sa gestion immonde et son immense impopularité, ne se fixera aucune limite dans la violation des règles du jeu démocratique pour se maintenir durablement à la tête du Sénégal, au mépris des règles démocratiques.

Par la voie démocratique, ces dérives doivent être arrêtées. 

Les sénégalais sont asphyxiés par la cherté des prix des denrées de première nécessité. Leur pouvoir d'achat est fortement dégradé, avec une inflation des prix, devenue insupportable surtout pour les produits les plus courants comme le gaz, le sucre, le lait, l'huile et le riz. Les citoyens des centres urbains n'en peuvent plus, avec la politique de rationnement de l'électricité, dont les factures continuent sans cesse à la hausse. La majorité de nos compatriotes qui vivent dans le monde rural est abandonnée et laissée à elle - même, ne disposant pas d'assez d'intrants, de semences en quantité suffisante. Durant les périodes de soudure, ils ne sont pas secourus. Aux 150.000 tonnes de semences nécessaires pour une agriculture rentable, ce régime dit libéral, ne leur fournit que cinquante mille tonnes. Et lorsqu'à la faveur d'une bonne pluviométrie, la filière arachidière connait une excellente récolte, l'absence d'accompagnement dans la commercialisation, livre les paysans à des intermédiaires véreux et spéculateurs sans scrupules, qui les dépouillent de leur production. En dépit de la qualité des ressources humaines, dont dispose notre pays dans le secteur, le Sénégal ne dispose pas d'une politique agricole cohérente et rigoureuse, permettant à la majorité de sa population de se nourrir.

Cette injustice et ce calvaire social doivent cesser.  

De la même manière, aucune politique industrielle efficiente n'est mise en œuvre. Notre tissu économique déstructuré avec la faillite des principales industries du pays, pourvoyeuses de mains d'œuvres: ICS, SONACOS, SAR, SENELEC, TRANSRAIL. L'absence de perspective dans le domaine agricole et industriel, assombrit l'avenir de notre jeunesse désœuvrée, où 40% d'entre eux sont sans emplois. Fille et garçons choisissent l'exil du Barça ou Barsakh, pour aller exercer des travaux pénibles dans les périmètres agricoles en Espagne ou dans les Ports en Italie. La crise financière internationale avec son corollaire de la crise de la dette qui frappe l'Europe a un impact négatif sur cette jeunesse active dans ces pays. N'est-il pas possible de définir et d'accompagner une politique agricole qui sous tend une industrie agro-alimentaire de transformation, pour notre sécurité alimentaire et faire revenir nos braves compatriotes auprès de leurs familles abandonnées parfois depuis plusieurs années ?   

Les secteurs de l'éducation et de la santé sont dans un état désespéré, avec une crise chronique et un climat social vicié par le refus du gouvernement libéral d'honorer les engagements souscrits avec les partenaires sociaux. L'école publique a perdu sa vocation de haut lieu de "fabrication d’un capital humain de qualité", avec une égalité des chances pour tous. La qualité de l'enseignement y est devenue médiocre. Un enseignement de qualité est devenu au Sénégal un privilège des riches. Dans le secteur de la santé, les hôpitaux croulent sous les dettes et le niveau des plateaux techniques est faible. En milieu rural et parfois dans les centres urbains, des femmes continuent de mourir en donnant la vie, parce qu'elles manquent de moyens pour suivre les consultations prénatales. Dans les villages des jeunes meurent de morsures de serpent, parce qu'il manque de vaccins anti-venins dans les cases de santé. Ces deux secteurs de "construction et d'entretien du capital humain" indispensable au développement de notre pays, sont ainsi paralysés, malgré les énormes moyens financiers qui y sont injectés, comme le PDIS ou le PDF. N'est-il pas devenu urgent de réhabiliter et de relancer ces deux piliers de la reconstruction nationale ? 

Nos finances publiques sont dilapidées dans des dépenses de prestige et de fonctionnement injustifiées pour un pays pauvre très endetté (PPTE). Les dépassements budgétaires, les détournements d'objectifs et le maquillage des comptes publics sont devenus des faits de gestion quotidienne de ce régime. Le rythme d'endettement de notre pays, inquiète nos partenaires au développement et traumatise tous les citoyens informés, avec un doublement de sa dette entre 2005 et 2010: de 1.179,89 milliards de FCFA en 2005, la dette publique est passée à 2.190,1 milliards de FCFA en 2010, soit 34,4% de notre PIB. Ce sont nos enfants et petits enfants qui auront à payer ces dettes.  

Est ce moralement acceptable de sacrifier l'avenir de ces innocents ? 

Nos filles et nos fils, soldats ou civils, continuent à mourir en Casamance. Pourtant, le candidat Abdoulaye Wade avait promis en 2000, de résoudre cette crise en cent jours. Le conflit perdure, malgré les centaines de milliards de FCFA injectés dans la zone, grâce à l'appui de nos partenaires au développement. Cette crise qui sape les fondements de l'unité nationale, a trop duré. Malgré sa complexité, elle doit trouver une solution juste, définitive et durable. C'est possible, si des hommes d'Etat crédibles, avec une réelle volonté politique, se mettent autour d'une table avec tous les acteurs du conflit, les partenaires et la communauté internationale. Est-ce acceptable de continuer à voir mourir encore un seul de nos enfants dans cette crise Casamançaise ?  

A cette grave crise économique et sociale, se greffe une crise politique, avec une rupture totale du dialogue politique qui s'est soldée en 2007, par le boycott par l'opposition, des élections législatives de juin 2007. Les contentieux électoraux sont une réalité au Sénégal et les élections de février 2012, se profilent dans un horizon assombris par des incertitudes sur le processus électoral. A ce jour, le gouvernement du Sénégal, s'interroge sur l'accréditation des observateurs que l'Union Européenne souhaite envoyer au Sénégal en 2012. Pourquoi cette frilosité et que prépare ce gouvernement, pour hésiter à accueillir des observations neutres en février 2012 ?  

Face à tant urgences et de désespérances dans un contexte politique lourd de dangers, tous les démocrates, les patriotes et les républicains, doivent s'organiser, mais surtout prendre leurs responsabilités pour sauver le Sénégal. 

Prenant la pleine mesure des enjeux du moment, nous camarades membres de l'Alliance Nationale des Cadres pour le Progrès (ANCP), félicitons et encourageons la coalition Benno Siggil Senegaal dans sa volonté affirmée, dans sa démarche et ses procédures adoptées, de trouver un candidat de l'unité et du rassemblement, pour la prochaine élection présidentielle de février 2012. En communion avec les militants des structures du parti, jeunes, femmes et mixtes, sommes déterminés à coté du Secrétaire général, le camarade Moustapha Niasse, d'être du coté du vaillant peuple sénégalais meurtri, qui lutte pour sa survie et pour restaurer sa liberté et défendre la République. Car, débarrasser notre peuple de ce régime prédateur pour restaurer un Etat de droit au Sénégal, avec des institutions fortes et crédibles, devient un impératif démocratique et citoyen.

Seule une équipe d'hommes et de femmes crédibles, capables de placer l'intérêt national au dessus de tout, avec une réelle expérience dans la gestion administrative et étatique, connaissant suffisamment les rouages des relations internationales, seront capables de redresser le Sénégal durant les cinq prochaines années. Car les sénégalais n'accorderont pas d'état de grâce pour le prochain élu. Ils ne voudront pas attendre plus longuement, parce qu'ils ne pourront pas attendre. Ils sont au bord du gouffre. Pour toutes ces raisons, un changement de régime politique par la voie démocratique, est indispensable et urgente en février 2012. Toutes les forces vives de la Nation doivent être associées à ce combat et mobilisées par un homme rassembleur, qui sera le capitaine de l'équipe qui redressera le Sénégal, conformément aux conclusions des Assises Nationales. 

Sur la base de ces constats sur la situation de notre pays, et nous fondant sur les principes qui peuvent nous mener à la victoire en février 2012 pour le redressement et la reconstruction du Sénégal, nous, Cadres membres de l'ANCP, proposons la candidature du Secrétaire général, le camarade Moustapha Niasse, à la candidature de la coalition Benno Siggil Senegaal, conformément à la démarche consensuelle fixée et adoptée par la commission de facilitation. Nous demandons solennellement au bureau politique et à toutes les structures du parti, d’en faire de même. Nous sommes convaincus, que le camarade Secrétaire général, peut être le patriote rassembleur, porteur de l'étendard de la coalition Benno Siggil Senegaal, dans la prochaine bataille politique pour la conquête de la Présidentielle de 2012. Il en a les capacités. Son expérience nationale et internationale et sa longue pratique de l'Etat, seront des atouts décisifs, attendus par nos compatriotes, qui ont compris qu’en 2012, que c'est l'avenir de la Nation sénégalaise qui se joue.  

Le candidat de Benno Siggil Senegaal entouré d'une équipe d'hommes expérimentés, mais surtout de jeunes et de femmes à l'intérieur et hors des partis politiques, devra restaurer l'espoir. Notre parti n'est il pas le parti de l'espoir ?

Cette équipe devra surtout redresser notre économie, favoriser à recoudre le tissu social malmené par la perte de repères et de valeurs. Notre parti n'est il pas le parti de la solidarité ?

Enfin, cette équipe devra assumer une transition, qui fera éclore de nouveaux talents composés de jeunes et femmes, qui épousent les contours du nouveau sénégalais auquel la jeunesse aspire. Notre parti n'est il pas celui des jeunes et des femmes ? N'avons nous pas rajeuni la direction du parti et appliqué la parité dans notre bureau politique ?

Camarade Secrétaire général, vous ne pouvez pas refuser cette demande qui dépasse l'espace restreint de notre parti. Nous, Cadres membres de l'ANCP, vous demandons de bien vouloir accepter cette demande. Car vous devez encore servir notre pays, comme vous l'avez déjà fait. Vous en avez le cœur et la générosité. Vous en avez la capacité. Et le peuple sénégalais ne vous abandonnera pas dans cette tâche noble et sublime. Notre parti ne sera pas en reste.

Vive l'AFP.

Vive le Sénégal dans une Afrique solidaire, riche et respectée.

Que Dieu fasse qu'en 2012, s'opère le changement avec l'avènement d'un régime politique, qui restaurera la dignité du peuple sénégalais, mettra fin à ses souffrances, pour enfin permettre à tous les citoyens d'avoir les mêmes chances de réussir et de vivre heureux dans leur pays.


Fait à Dakar, le 6 octobre 2011 

Pour la coordination de l’ANCP
Alioune SARR