Déclaration de la Délégation AFP de France

 

Au mouvement d’humeur des étudiants qui ont tenu à réclamer à travers des manifestations pacifiques, de meilleurs conditions de vie surtout de restauration dans le campus universitaire, s’est suivie une violente riposte des forces de l’ordre (gendarmes et policiers) qui ont infiltré la cité des étudiants de Dakar. Des dizaines d’étudiants cueillis jusque dans leurs chambres, ont été arrêtés et gardés à vue dans des commissariats de police de Dakar, d’autres matés et blessés par les forces de l’ordre ont été  évacués dans des structures hospitalières et un pavillon incendié.  

Le bureau de la Délégation de France de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) qui s’est réuni le dimanche 19 février 2006, à l’hôtel Novotel de Bagnolet de Paris, en présence de Monsieur Moustapha NIASSE, Secrétaire Général du parti et Monsieur Mbaye DIONE, Secrétaire Général du Mouvement National des Jeunes du Progrès (MNJP), a examiné entre autres questions cette crise qui secoue le monde universitaire de Dakar.  

Les responsables du parti présents lors de cette rencontre condamnent avec la dernière énergie ces actes barbares dignes d’une république bananière qui corroborent une fois de plus la culture de violence qui caractérise le régime de Abdoulaye WADE et son parti. Ils tiennent à manifester toute leur solidarité, apportent leur soutien aux étudiants et aux familles des victimes et exigent le retrait des forces de l’ordre de l’enceinte des campus social et académique de l’université.  

Cette violation par Abdoulaye WADE et son gouvernement des franchises universitaires comme toutes les autres entorses à la loi qui l’ont précédé, atteste de leur  manque notoire de respect   des textes qui régissent le fonctionnement de notre République et surtout celui qui garantit la sécurité des étudiants.  

L’Afp à travers sa Délégation de France considère que la formation des élites est une condition incontournable pour tout gouvernement sérieux et soucieux d’un meilleur avenir des générations futures du pays. Elle invite ainsi l’Etat à créer toutes les conditions nécessaires d’un dialogue responsable avec les étudiants afin de trouver dans l’immédiat une solution à cette crise universitaire qui ne fait que s’ajouter à un front social déjà en ébullition (grève des magistrats, grève des enseignants, menaces de licenciement de milliers d’employés des ICS….).  

Aussi, le bureau de la Délégation demande au gouvernement de se pencher dans les meilleurs délais sur des réformes profondes afin d’améliorer les performances d’un système éducatif qui se caractérise aujourd’hui par un malaise profond dans tous ces cycles (scolaire, secondaire et supérieur) avec un taux de déperditions scolaires qui s’accroît d’année en année au moment où la fuite des cerveaux devient plus inquiétante. Et les questions dont les sénégalais sont en droit de se poser sont entre autres :

-Où sont passés les 40% du budget national de l’Etat, soit environs 42O milliards qui seraient injectés dans l’éducation ?

-Où sont passées les bourses promises à tous les étudiants sénégalais qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur du pays ?       

Enfin, la Délégation de l’Afp de France invite toute la jeunesse sénégalaise dont les étudiants constitue une frange importante, à rester vigilante et déterminée devant les tentatives de confiscation du pouvoir par Abdoulaye WADE et le PDS qui ne comptent que sur la violence et l’intimidation d’honnêtes citoyens dont le seul tort est d’avoir le courage de manifester leur désaccord par rapport à leur gestion catastrophique des affaires du pays.

 

Fait à Paris le 19 Février 2006

Le Bureau de la Délégation AFP de France