Derrière les mots, les faits ; derrière les principes les hommes, Monsieur Kane

Par Mame Abdoulaye Tounkara
Secrétaire général de l’AFP - Commune de Dieuppeul – Dérklé

 

Si Albert Camus a considéré le journalisme comme «le plus beau métier du monde», il ne s’était point gêné d’adjoindre un segment : «parce qu’il vous force à vous juger vous-même», dont l’observance ou la non observance fait du journaliste soit un brillant sujet soit un paltoquet ».

Dans un article intitulé : «Moustapha Niasse, en route vers le sommet, paru dans « Le Pop » du 21 août 2012, Monsieur Papa Samba Kane a répandu des bruits les plus perfides et les plus injurieux à l’endroit de Monsieur Moustapha Niasse, Secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) et Président de l’Assemblée nationale.

Il faut savoir, Monsieur Kane, que, depuis très longtemps, le candidat de la Coalition Bennoo Siggil Senegaal, Secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès, a su, en homme responsable, dans le cadre de la collaboration avec les autres alliés, faire le partage entre le doctrinalement souhaitable et le techniquement, (politiquement) réalisable.

C’est pourquoi, c’est manquer de respect aux Sénégalais que de faire semblant de croire qu’un tel homme, qui n’a plus rien à prouver quant à son esprit républicain, sa loyauté, son esprit de dépassement, peut être en «embuscade». Dites-nous, Monsieur «alors» (votre texte est truffé «d’alors»), «embuscade», à quelles fins ? Sachez en tout cas, Monsieur Kane, que, malgré vos nouvelles allégations, le Président de l’Assemblée nationale et tous les membres de Bennoo Bokk Yaakaar animés de la même fibre patriotique sont en train de créer les conditions pour concevoir, collectivement, et réaliser, dans la pratique, un ensemble d’actions coordonnées et programmées dans le temps.

Vous, qui semblez vous soucier, outre mesure, du sort de vos compatriotes, vous devriez songer, au lieu de saboter un processus salutaire pour le pays, à contribuer à la réalisation d’une telle opération et, surtout, à la mise en œuvre de cette conception juridique du service public qui fait de l’Etat un acteur neutre garantissant la «liberté d’expression» face aux puissances d’argent, selon la définition que donne Xavier Delcourt.

Vous parlez, Monsieur Kane, d’un «dauphin» qui «serait (….) de culture politique différente !». Que faites vous de cette définition de la politique comme action du citoyen pour transformer et gérer le monde dans lequel il vit ? Les Sénégalais, aujourd’hui estourbis, n’ont – ils pas assez de cette politique qui fragmente, sectionne et, finalement, inhibe ?

Le République, Monsieur Kane, c’est le patriotisme, c’est le civisme. Et cela, les hommes politiques qui sont aux responsabilités le savent fort bien. C’est pourquoi, la légèreté par laquelle vous semblez parler de la gauche pose problème. Jamais il n’a été question, que je sache, depuis que la Coalition a vu le jour, de libéralisme, de socialisme, ou de quelque chose d’autre. Tout récemment, le Président de la République a encore parlé de « Yonou Yokuté » or, «Yokuté», en ouolof, signifie progrès. Nous, qui nous réclamons de la gauche, nous ne pouvons qu’être à l’aise, dès lors que la gauche, le savez – vous Monsieur Kane, est synonyme de progrès social, de liberté, liberté pour tout le monde. C’est aussi un projet de société, le projet de mieux vivre ensemble, l’espoir d’une plus grande solidarité, d’une prise de conscience collective, des possibilités de chacun pour améliorer ses propres conditions de vie.

Enfin, Monsieur Kane, la différence d’âge qui existe entre Monsieur le Président de la République et Monsieur le Président de l’Assemblée nationale parait vous donner du souci. Rassurez – vous : le temps des vieilles rancunes et des haines d’autrefois est passé, dès lors que l’appel au peuple par lequel celui-ci a fixé lui-même est clairement la destinée qu’il se choisit, s’est matérialisé en alternance de l’alternance, le 25 mars dernier.

Moustapha Niasse, ainé de Monsieur le Président Macky Sall, a été désigné par ce dernier pour conduire avec brio la liste de la Coalition. Que vaut donc une différence d’âge entre Monsieur le Président de la République et Monsieur le Président de l’Assemblée nationale face à la possibilité d’exercer, plus ou moins, une influence sur une solution de toutes ces grandes questions d’intérêt national.

Fermement attaché aux idées de progrès et de liberté, Monsieur Moustapha Niasse a assez nettement saisi toutes les occasions d’affirmer ses sentiments pour ne laisser à qui que ce soit le droit de suspecter l’indépendance de ses actes et de son caractère. La grandeur de la politique, sachez-le Monsieur Kane, tient à de petits actes. Faire de Monsieur Moustapha Niasse le Président de l’Assemblée nationale n’est pas gratuit. Il faut savoir interpréter tout cela. Mais la politique est un art, un métier interdit aux amateurs.

Juste un conseil, Monsieur Kane : souvenez-vous de ce qu’Esope disait de la langue, que c’est la meilleure et la pire des choses du monde. C’est la pire quand elle tient lieu de tout le reste, comme dans certains journaux où l’on parle pour parler, au point de vouloir faire de la presse «une école d’abrutissement».

Cette campagne déjà commencée sur la foi de renseignements, un tantinet calomnieux et colportés par un certain Papa Samba Kane ne saurait prospérer. De même que ce projet haineux de revanche par délégation.

Comme il est établi que les hommes d’actions se ressaisissent vite, si vous en êtes un, ressaisissez – vous, Monsieur Kane, car l’heure est à l’esquisse des bases d’une politique de conciliation, qui, seule, peut assurer le relèvement moral et matériel du pays. Pour cela, il faut des jeunes, des moins jeunes et des séniors.

                                                                                                                                                               

Mame Abdoulaye TOUNKARA
Secrétaire général de l’AFP - Commune de Dieuppeul – Dérklé
Secrétaire général adjoint de l’AFP - Département de Dakar
Premier adjoint au Maire de la Commune de Dieuppeul - Dérklé