Réunion du Bureau Politique de l’AFP

6 février 2003


Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 6 février 2003 sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Coordonnateur National, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du Parti, en mission à l'étranger, à l'effet d'examiner l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale
2. Vie du parti


Le Bureau politique de l'AFP regrette que la Déclaration de Politique générale du Premier ministre reflète le manque de vision du Gouvernement de Maître Wade qui, une fois de plus, s'est contenté d'une profession de foi, de généralités et d'esquives. Il est symptomatique que des personnages du théâtre populaire aient été convoqués, en guise de repères. Cependant, si Gor et Diek respirent l'authenticité, le discours du Premier ministre a révélé un sens de la mise en scène bigarrée et pittoresque.

Les mots ont masqué le déficit des Finances publiques et ses conséquences, notamment la pression fiscale, le renchérissement du coût de l'énergie, la faiblesse des investissements, l'anémie des entreprises, les risques de perte d'emploi et le panier de la ménagère soumis à rude épreuve.

Quant au monde rural et les bons impayés, la méthode met à nu l'état d'esprit de ceux qui nous gouvernent. Après avoir affamé les paysans, les avoir obligés à brader leurs récoltes et à s'endetter, voilà qu'il est annoncé le paiement sans délai des bons de la misère. Qu'en sera-t-il pour les vivres de soudure ? Le problème posé par cette démarche est celui de l'éthique et du respect de l'autre. Le traitement de la tragédie du "Joola" participe de cette même désinvolture qui a annoncé des indemnisations non chiffrées et non datées, avec un alibi prêt à porter convoquant des dossiers non ficelés. Le monde de l'éducation et de la culture, particulièrement les enseignants et les artistes, n'a pas échappé à l'expression d'un mépris inacceptable.

La mise en scène bien huilée a connu des ratés à propos des prétendus grands projets du Chef de l'État, dont le Premier ministre n'a pas hésité à se démarquer.

Le remède contre la mal-gouvernance, qui a été annoncé à travers la lutte contre la corruption, devrait être complété par une volonté politique irrépressible qui entraînerait l'arrêt de la régression démocratique en cours. Celle-ci s'est manifestée à travers la perversion d'un acte républicain comme le discours de Politique Générale piraté par des militants instrumentalisés, qui ont tenté d'empêcher les députés de l'opposition de remplir leur devoir constitutionnel.

La consolidation de la démocratie participe du renforcement de la paix sociale, qui demeure fragile sans la sécurisation des élections à venir et le respect des engagements pris devant le Peuple sénégalais, comme la création d'une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et la refonte du Fichier électoral. C'est dans cette mesure que le pays fera l'économie de la répétition des pratiques frauduleuses constatées lors des dernières consultations électorales, qui sont un danger réel face au mécontentement populaire grandissant.

Les difficultés auxquelles font face les Sénégalais sont nombreuses et exigent de la part de tous les démocrates vigilance, pour démasquer la politique de saupoudrage et pour mettre fin aux dérives en cours. La gravité de la situation requiert un sens accru des responsabilités de la part de l'opposition démocratique, de tous les patriotes et de tous les militants des Droits de l'homme.

Abordant le deuxième point de son ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a réaffirmé sa volonté de parfaire l'organisation méthodique du premier Congrès ordinaire les 1er et 2 mars 2003. Il engage le Comité National Préparatoire à associer étroitement les Comités régionaux , afin que l'ensemble de la base soit imprégné des objectifs du programme alternatif de l'AFP, face à la trahison de l'espoir suscité par le 19 mars 2000.


Fait à Dakar, le 6 février  2003
Le Bureau Politique de l’AFP