Réunion du Bureau Politique de l’AFP

30 janvier 2003


Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni, le jeudi 30 janvier 2003, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du Parti, à l'effet d'examiner l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale
2. Vie du parti

Analysant l'état de la démocratie sénégalaise, la situation des familles sénégalaises marquée par les effets des hausses successives des denrées de première nécessité et par les atteintes portées par le pouvoir au secteur de l'éducation nationale ainsi qu'aux organisations syndicales qui luttent pour la défense des intérêts de leurs membres, le Bureau politique de l'AFP a tenu à déplorer l'absence de solutions face aux nombreux problèmes qui se posent au peuple.

Des mesures concrètes devraient être prises par les Pouvoirs publics, non seulement pour une prise en compte sérieuse et réaliste des difficultés que vivent les populations sénégalaises, du fait de l'accroissement de la pauvreté au sein des masses, mais, encore, pour une mobilisation rationnelle et planifiée des ressources de la nation en vue de résoudre, progressivement, les problèmes quotidiens qui hantent la vie des Sénégalais. Le peuple du Sénégal a une conscience aiguë de ses droits. Pendant toute l'histoire de notre pays, ces Sénégalais ont mené des combats remarquables contre l'injustice et ont refusé la fatalité.

C'est pourquoi, l'Alliance des forces de Progrès considère que le droit à la résistance est un droit inaliénable. Le peuple exige l'amélioration de la qualité de vie des citoyens par l'augmentation effective du pouvoir d'achat et par l'arrêt de la flambée des prix des produits de consommation courante.

Dans cet esprit, le Bureau Politique soutient les revendications des organisations syndicales pour le mieux-être des travailleurs dans les campagnes comme dans les villes. Aussi l'Alliance des Forces de Progrès exprime - t - elle sa solidarité au CNCR et aux autres organisations de paysans et d'éleveurs qui ont dressé, devant l'opinion nationale et devant l'Etat, à travers un manifeste approprié, un bilan sans complaisance de la situation désastreuse de l'agriculture et de l'élevage au Sénégal, au moment où le Gouvernement ne cesse de se contredire dans des réponses doctrinaires, confuses, approximatives et totalement déconnectées de la réalité telle qu'elle se déroule sur le terrain .

Les faits sont têtus. Et sur le même registre, l'Alliance des Forces de Progrès qui a contribué au combat pour le maintien du Lycée Lamine Guèye dans la plénitude de sa vocation, félicite les élèves de cet établissement historique, qui, avec le soutien de leurs parents et des démocrates de ce pays, ont mis en échec le plan de sabotage visant à faire disparaître pour des raisons inavouées cet établissement historique, du paysage culturel national.

Pendant ce temps, le gouvernement de Maître Abdoulaye Wade continue de multiplier les projets et promesses sans aucun lendemain. L'Alliance des Forces de Progrès estime que cette inversion des priorités, voie choisie par le gouvernement pour se soustraire à ses obligations, n'est que l'instrument d'une politique de divertissement par rapport aux véritables problèmes de la nation. Plus grave l'emprise d'un appareil partisan envahit le Sénégal sous toutes ses formes.

Ainsi, l'Alliance des Forces de Progrès note que l'affaiblissement du cadre démocratique institutionnel est une première étape vers la régression économique et sociale c'est pourquoi l'élévation de la conscience citoyenne par l'amélioration du cadre institutionnel et de la qualité de vie du peuple ne constituent pas, aujourd'hui, une préoccupation du Parti-Etat. L'équilibre des institutions de la République, dans leur fonctionnement tel qu'il est prévu par la Constitution, doit être rétabli dans toutes les activités des pouvoirs publics.

Dans ce cadre, la création d'une CENI et la refonte du fichier électoral sont des exigences incontournables. L'opacité qui entoure la révision actuelle des listes électorales, qui se déroule hors de tout contrôle républicain, est symptomatique à cet égard. Ce tableau peu rassurant induit un devoir de vigilance. C'est la raison pour laquelle le Bureau Politique de l'AFP lance un appel à tous les démocrates du pays, à toutes les forces patriotiques, à tous les travailleurs et à tous les citoyens soucieux de la préservation de l'État de droit, pour l'organisation de la résistance contre toutes les velléités de remise en question des acquis démocratiques.

Evaluant la situation économique, l'AFP exprime ses vives préoccupations devant la dégradation avancée du tissu industriel.

Le secteur privé vit un malaise profond.

La dette intérieure du Sénégal a augmenté de façon drastique.

Les entreprises souffrent du harcèlement fiscal qui démotive et chasse l'investissement privé.

Enfin, dans le domaine de l'agriculture, tout indique qu'avec la mauvaise gestion de la présente campagne arachidière, celle de trop, le déséquilibre noté dans les agrégats économiques reléguera, sur un très court terme, le Sénégal à la case de départ des années 90, période durant laquelle notre pays a été soumis à une difficile politique d'ajustement structurel.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau Politique de l'AFP inscrit son action dans un programme politique de rupture qui prend en charge les grandes questions du moment que sont la lutte pour la démocratie économique et le renforcement des institutions démocratiques. En vue de la tenue de son premier Congrès ordinaire, l'Alliance des Forces de Progrès réitère sa disponibilité à faire de cette question centrale de la bonne gouvernance, à savoir la lutte pour le mieux-être matériel des populations et l'approfondissement d'une démocratie au service de l'intérêt public, une pièce maîtresse du programme alternatif, socialiste et démocratique.

Sous cet éclairage, le Bureau politique s'engage à explorer toutes les voies et issues avec les personnalités et les organisations qui se reconnaissent dans les valeurs de gauche, les possibilités de se retrouver ensemble, afin d'ouvrir à notre peuple des perspectives alternatives, consensuelles et citoyennes.


Fait à Dakar, le 30 janvier  2003
Le Bureau Politique de l’AFP