COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 4 novembre 2008

 

 

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le mardi 04 novembre 2008, sous la présidence de  M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination des Activités du Parti, en l’absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, en mission, autour de l’ordre du jour suivant :

1.  situation nationale ;

2.  vie du Parti.  

Le Bureau politique de l’AFP a procédé à des échanges approfondis sur la situation nationale caractérisée par la montée des périls, alors que le gouvernement pseudo-libéral, recroquevillé dans son autisme, continue de rester sourd face au grondement de la colère populaire,  dont les manifestations éparses constituent des prémices pourtant significatifs.  

Encore une fois, le week-end dernier, les résidents spoliés de plusieurs quartiers de Dakar sont descendus dans la rue, pour refuser l’arbitraire qu’on s’emploie à banaliser, par la politique du fait accompli, en misant sur la prétendue passivité des Sénégalais. Excédés par la portée d’un symbole inacceptable, les populations des Sicap Karack, Baobabs et Amitié ont exprimé leur profonde indignation. En effet, le même individu, qui a aliéné dans des conditions nébuleuses un terrain destiné à des équipements collectifs, a été à l’origine d’une loi scélérate destinée essentiellement à fragiliser davantage les Institutions, pour accompagner un projet monarchique infect et suicidaire. 

C’est précisément ce condensé de contrevaleurs mises en bandoulière qui meut le gouvernement de Me Wade, le rendant insensible à l’injustice et qui lui permet de chercher sans cesse à enrichir une clientèle insatiable, au détriment de l’intérêt général. Les observateurs ont bien noté que le problème foncier constitue un des aspects récurrents de la mal gouvernance chronique, qui asphyxie notre pays. Les tenants du pouvoir devraient  faire l’effort de se libérer un tant soit peu de leurs certitudes paresseuses pour projeter un regard froid sur les phénomènes économiques, sociaux, politiques et culturels provoqués par l’accaparement abusif de terres par un groupe d’individus. Ce dossier qui charrie des composantes identitaires a souvent été, dans nombre de pays du Tiers-Monde, le moteur de luttes sociales et politiques séculaires. 

A cet égard, la GOANA se révèle comme un moyen cynique de spolier les terres des communautés rurales, au profit d’une caste de thuriféraires, produits du terreau des contrevaleurs qui envahissent tous les pores de notre société. Le Bureau politique de l’AFP engage le gouvernement de Me Wade à mettre fin, sans délai, à ce jeu dangereux, dont les conséquences pourraient menacer gravement la paix civile. 

Le prétendu programme consacré à l’emploi dans les banlieues s’inscrit dans la même veine que la GOANA. C’est un produit cosmétique de plus, destiné à faire rêver une jeunesse déçue et définitivement édifiée quant à l’incapacité du gouvernement de Me Wade à se départir de la ruse, pour prendre le taureau par les cornes et engager la vraie bataille pour un développement concerté. Comme naguère, le FNPJ, ce pseudo-programme servira d’abord à donner un manteau légal à la corruption et au chantage d’Etat, en exploitant, à quelques mois des élections locales la pauvreté et la détresse des jeunes, pour tenter de les amener à cautionner la politique de ruine nationale. Ce nouveau gadget sera-t-il le nouveau prétexte fallacieux du parti-Etat pour se soustraire aux contraintes du calendrier républicain ? 

En ce qui concerne le processus électoral, la rencontre des partis légalement constitués avec le Ministère de l’Intérieur, organisée dans des conditions qui laissent à désirer, n’a fait que confirmer la mauvaise foi des fraudeurs zélés et leur volonté d’adapter leur stratégie de détournement du vote des citoyens à la nature des élections locales. En effet, comment peut-on, après les trois mascarades électorales de 2007, affirmer, avec un aplomb difficilement égalable que l’évaluation du processus a été définitivement effectuée par les auteurs de la forfaiture ? Le contentieux électoral est entier, car des questions essentielles demeurent sans réponse. Non seulement le fichier électoral est piégé, mais le mensonge d’Etat a servi aux partis politiques, qu’il reste quelque 59.000 cartes issues de la refonte totale à distribuer, alors que la rétention organisée des cartes d’électeurs défavorables au régime pseudo-libéral a été au cœur de la stratégie de fraude, qui a lésé plus d’un million de citoyens. Il en est de même de la carte électorale où les bureaux fictifs ont pullulé. Dans ce contexte, le découpage territorial politicien et irresponsable, à cinq mois des locales permet de douter de la sincérité des fraudeurs, qui veulent anesthésier les démocrates, en revêtant le manteau du repentir. Il est fort à craindre que la distribution du million de cartes d’électeurs consécutifs à ce découpage aux relents frauduleux soit une nouvelle occasion de déboussoler un électorat ciblé et de rétention cynique de cartes d’électeurs. Du reste, l’aveu du Ministère de l’Intérieur, qui a reconnu détenir des cartes d’électeurs vierges depuis la refonte totale du fichier, renseigne sur la grande marge dont les fraudeurs zélés ont disposé. Par ailleurs, les graves manquements auxquels ils se sont livrés leur ont permis de ne pas rendre publiques, dans les délais prescrits par la loi,  la carte électorale et les listes d’électeurs par bureau de vote. En plus, les votes multiples ont été favorisés, notamment, par l’absence de photos sur les listes d’émargement, contrairement aux promesses du Ministère de l’Intérieur. 

Bien entendu, ceux qui ont dépensé des dizaines de milliards de l’argent public, dans des conditions nébuleuses, pour aboutir à une régression démocratique, devraient en répondre devant les Cours et Tribunaux. Ils sont en train de réitérer leur forfaiture à l’occasion des révisions des listes électorales en cours, dont les résultats sont nuls, à cause de l’inaccessibilité sélective de la carte nationale d’identité dite numérisée, inaccessibilité organisée par le parti-Etat. 

Face au refus arrogant du régime de Me Wade d’ouvrir de vraies discussions, sincères, autour du processus électoral, le Bureau politique de l’AFP engage les responsables et les militants à participer avec détermination à l’exécution méthodique du plan d’actions de l’opposition démocratique, pour obliger les fraudeurs zélés à respecter la volonté populaire et à mettre un terme à la régression démocratique en cours.


Fait à Dakar, le 4 novembre 2008 

Le Bureau politique de l'AFP