Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 31 mars 2005

 

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 31 mars 2005 sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale
2. Vie du Parti

Le Bureau politique de l'AFP a examiné des dossiers importants liés à la situation du Sénégal, dans les domaines politique, économique et social.

Ainsi, le Bureau politique de l'AFP a procédé à une analyse, secteur par secteur, du bilan de l'alternance, au terme de la période de cinq années qui s'est écoulée, depuis le 19 mars 2000. Dans ce cadre, ce qui est présenté, aujourd'hui, comme un bilan, par le pouvoir en place, se réduit à quelques chantiers démarrés sur la place de Dakar, au carrefour de certaines voies de circulation, à des références à des aménagements hydrauliques, avec le rappel des bassins de rétention, et à quelques travaux d'infrastructures routières, sans plus. Le reste figure dans des projets conjugués au futur, lorsqu'il ne s'agit pas de promesses nouvelles, essentiellement destinées à calmer l'impatience justifiée des populations, face au non respect d'engagements antérieurement pris et annoncés par le Président Abdoulaye Wade lui-même.

Ce bilan, à la lecture des proclamations faites par le Gouvernement, confirme, sous ce regard, l'échec des politiques du pouvoir en place et, aussi, les régressions constatées dans des secteurs essentiels de l'économie sénégalaise. Cette régression touche par ailleurs à l'effectivité de la démocratie sénégalaise, devant la remise en cause répétée du principe d'égalité des citoyens. L'incohérence remarquée et déplorée dans le fonctionnement des médias publics, et notamment de la RTS, illustre les déséquilibres et les inégalités qui sévissent dans un secteur comme celui-là, qui devrait être à la disposition de tous les citoyens et non au service d'un parti, le PDS, de son Secrétaire Général national, et de leurs alliés de circonstance.

Le monde rural, au nom duquel l'on tente d'organiser, chaque année, une fête de la moisson, est laissé en rade, en l'absence de toute mesure de redressement du phénomène de paupérisation accentuée des paysans, des éleveurs et des pêcheurs. La commercialisation de la production arachidière a abouti à la réduction des revenus du producteur, avec des stocks qui attendent encore d'être achetés, et même des bons impayés qui sont visibles, aujourd'hui, dans plusieurs villages du Bassin arachidier. Les pluies artificielles, qui avaient été promises aux Sénégalais depuis plusieurs années sont encore attendues par les paysans et les éleveurs. Malgré les mesures tapageusement annoncées par le Gouvernement, le matériel agricole fait défaut, les vivres de soudure et les aliments de bétail sont encore attendus.

Les problèmes du monde rural seront sans aucun doute aggravés par la spéculation foncière débridée à laquelle se livre le pouvoir en place, qui n'hésite pas créer une agence d'expropriation rattachée à la présidence de la République. Le Bureau politique de l'AFP met en garde le gouvernement contre des mesures iniques d'un autre age, au relent de servage, qui seraient le ferment de tensions grosses de dangers pour la paix civile et la stabilité de notre pays. En effet, non seulement la terre charrie des facteurs culturels sensibles, mais elle est un outil de production dont la confiscation accentue la paupérisation des masses rurales déjà rudement éprouvées par les politiques du pseudo libéralisme bavard et inefficace.

Quant au front social, son ébullition se poursuit à l'Université, comme dans tous les ordres d'enseignement. De même, à la suite d'une série de licenciements opérés dans des entreprises, le monde du travail projette un regard inquiet sur l'état de l'industrie sénégalaise.

Le Bureau politique de l'AFP s'est également penché sur les moyens de rétablir une desserte de la Casamance par voie maritime et par avion. La situation actuelle se caractérise par les conséquences multiples du non remplacement du bateau " Le Joola " et de l'immobilisation, à l'Aéroport de Tambacounda, de l'appareil DASHE 8 canadien d'Air Sénégal International.

Nul ne peut comprendre que, plus de deux années après le naufrage du bateau " Le Joola ", aucun navire, même sous le régime de la location, n'ait été mis à la disposition des populations, pour transporter les personnes et les biens entre Dakar et Ziguinchor. Cette carence inadmissible isole totalement la région Sud au plan économique. De même, si l'avion d'Air Sénégal est immobilisé pour des raisons techniques, les autorités publiques ont l'obligation de trouver une solution. C'est une mesure d'urgence qui est tout à fait à la portée de tout Gouvernement responsable et compétent. L'annonce qui a été faite, ces jour-ci, indiquant qu'un bateau vient d'être mis en service sur la ligne Dakar-Ziguinchor, avec relâche à Banjul, offre sans doute une solution qu'il conviendra d'évaluer dans quelques semaines, par rapport aux besoins réels et aux capacités du " Joola ".

De plus en plus, les passagers qui traversent la Transgambienne rencontrent des difficultés au bac de Farafégné, pour diverses raisons. Ces difficultés ont des conséquences économiques et psychologiques qui affectent le moral des populations. Celles-ci restent, parfois, plus d'une demi journée à attendre la possibilité de traverser le Fleuve Gambie, dans un sens ou dans un autre. Ce dossier, qui concerne les deux Gouvernements du Sénégal et de la Gambie, doit également être réglé dans l'esprit de la solidarité active qui lie les peuples de Gambie et du Sénégal.

Dans le chapelet interminable d'exemples de malgouvernance, le Bureau politique a retenu également le dossier des audits, agité aujourd'hui par le pouvoir en place pour des raisons de politique politicienne. Face aux errements qui ont caractérisé la gestion de ce dossier depuis cinq ans, la vigilance s'impose, pour éviter l'utilisation abusive de procédures contre des adversaires, dans un contexte électoral, et à la veille des échéances attendues.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique a félicité le Secrétaire Général, M. Moustapha Niasse, pour la gestion méthodique de son calendrier articulé autour des pulsions de nos populations, et pour les résultats encourageants des Séminaires de méthode et d'orientation qu'il est en train de tenir avec différentes délégations régionales du parti. Le Bureau politique engage les responsables à la base à mettre en œuvre les conclusions et recommandations issues de ces Séminaires, pour animer les instances locales, conformément aux Statuts, au Règlement intérieur et aux Circulaires régissant la vie du parti, dans un esprit de transparence et d'ouverture. La fidélité du parti aux idéaux de la déclaration du 16 juin 1999 a enclenché une dynamique qui s'exprime clairement à travers les nombreuses adhésions que l'AFP continue d'enregistrer sur toute l'étendue du territoire national et à l'étranger.

 

 

 

Fait à Dakar, le 31 mars 2005

Le Bureau politique de l'AFP