COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 31 mai 2010

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le lundi 31 mai 2010, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a tenu tout d'abord à s'incliner devant la mémoire du défunt khalife de Médina Baye El Hadj Baye Dame Niasse. Homme de Dieu, Erudit dont la vie a été marquée par des actions toujours empreintes de générosité et d'humanisme, il a légué un héritage où la paix, la quête du savoir, la solidarité et l'entraide occupent une place de choix. Le Bureau politique a également formulé des prières à l'endroit du défunt Imam Tamsir Ndiour de Thiès, exemple s'il en fût de probité et d'engagement au service de la communauté nationale, notamment des plus démunis. Le Bureau politique de l'AFP présente ses sincères condoléances aux familles des illustres disparus, aux fidèles, à leurs amis, tout particulièrement au nouveau khalife, Serigne Cheikh Tidiane Niasse et à M. Moustapha Niasse, Secrétaire général de l'AFP. Le Bureau politique élève de ferventes prières pour que Dieu le Tout-Puissant accueille en Son Paradis les illustres disparus.

Par ailleurs, le Bureau politique a salué le parcours exemplaire de M. Amath Dansokho, Président du Parti de l'Indépendance et du Travail (P.I.T.) qui a passé le relais à M. Maguette Thiam, lui aussi, homme de conviction et de probité. Le Bureau politique adresse ses vives félicitations à ces camarades pour l'éclatant succès de leur 5è congrès ordinaire, qui s'est tenu à Thiès, les 29 et 30 mai 2010. Le Bureau politique a rendu hommage aux dirigeants et aux militants du P.I.T., Parti qui, depuis des lustres, a œuvré sans cesse pour l'unité de l'opposition patriotique et le triomphe des idéaux pour la promotion de l'homme sénégalais et des peuples africains.

Examinant la situation nationale, le Bureau politique a déploré la fuite an avant dans la mal gouvernance. Les Sénégalais, qui étaient déjà habitués à l'avalanche continue de scandales financiers, depuis la réfection de l'avion présidentiel jusqu'aux 20 milliards de SUDATEL en passant par l'ANOCI, assistent maintenant à des dérapages inédits dans le domaine ultrasensible qu'est la diplomatie. L'incompétence du régime en la matière a abouti à l'isolement du Sénégal sur la scène internationale.

L'affaire Clotilde Reiss, qui a été l'occasion de dérives regrettables en matière de communication politique, du fait d'un empressement fébrile et injustifiable, a été close à Madrid, lors du Sommet Union Européenne-Amérique Latine-Caraïbes, quand la vérité objective a été rétablie en termes très clairs par le chef de l'Etat français. Il ne parait pas utile d'en dire plus.

Quant à l'affaire du MCA, le Bureau politique déplore le manque de retenue et le refus morbide du pouvoir en place de tenir compte des préoccupations largement fondées des bailleurs de fond sur la corruption galopante au Sénégal, au détriment des populations. C'est cette même corruption qui avait fait perdre au Sénégal le projet de la plateforme de Diamniadio et qui fait peser des menaces sérieuses sur le Millénium Challenge Account (MCA). Voilà les causes profondes de la tragédie silencieuse qui se déroule et qui porte les stigmates de l'absence du sens de l'Etat et d'un minimum de véritable fibre patriotique, de la part de nos gouvernants.

Evidemment, le Bureau politique de l'AFP ne s'est jamais attendu à ce que ce déficit soit comblé par des thuriféraires qui se sont regroupés dans une association de receleurs qui se nourrit du sang et de la sueur du peuple sénégalais. Celui qui le dirige, véritable cas clinique, a renoncé à ce que l'être humain a d'essentiel, c'est-à-dire, la dignité. Le Secrétaire Général de l'AFP ne s'abaissera jamais au niveau de l'infamie des adeptes de la contre-histoire et des contrevaleurs que de bas sentiments animent. Par contre, l'AFP et son Secrétaire Général continueront de faire face à ceux qui ont pillé tout ce qui était à leur portée et qui auraient, dans leur boulimie exacerbée, emporté le pays si c'était possible. On ne criminalise pas des criminels ! Dans une république non parasitée par un projet monarchique innommable, on les juge et on les condamne, à la mesure de leurs actes, conformément à la Loi.

C'est précisément ce pillage en règle de notre pays et ce gaspillage inouïs qui sont en train d'accélérer la paupérisation des masses, dans les villes comme dans les campagnes. Le train de vie dispendieux de l'Etat continue de plus belle, dans une arrogance insouciante, alors que même les pays du Nord qui aide le Sénégal sont en train de réduire leurs dépenses publiques, pour juguler les conséquences de la crise financière internationale. Pour le régime en place, la priorité est de trouver des ressources additionnelles, pour prolonger indéfiniment cette gabegie au détriment de l'intérêt général. La volonté affichée d'accroître la pression fiscale est illustrée dans le choix d'augmenter la taxe Redevance d'Utilisation sur le Téléphone (RUTEL) qui passe de 2 à 5%, soit plus du double. Cette incohérence aggrave la morosité ambiante, car le coût surélevé des facteurs de production comme l'électricité avait déjà plombé l'activité économique et réduit drastiquement le pouvoir d'achat des ménages.

Ce pilotage à vue entraîne une inefficacité totale dans le traitement des inondations récurrentes. L'esprit d'organisation et de méthode aurait amené n'importe quel gouvernement responsable à évaluer d'abord de manière exhaustive le plan Jaxaay qui a été un échec retentissant, eu égard au niveau des moyens déployés, quelque 50 milliards de F CFA. L'utilisation des 9 milliards supplémentaires annoncés pour justifier la déportation précipitée de populations, risque de faire l'objet, comme hier, de pratiques opaques et clientélistes, à la veille des échéances électorales.

La transparence et la fiabilité des prochaines échéances électorales ne dépendent pas seulement du consensus auquel a abouti la mission d'exploration des experts de l'UE et de l'USAID, qui a réussi à rédiger des termes de références de l'audit. La volonté de blocage du clan des Wade est manifeste à travers son refus suspect du recours au bulletin unique et de la prise de mesures aux fins de juguler le vote multiple, notamment par l'utilisation du spray et de la photo de l'électeur sur les listes d'émargements.

Le Bureau politique appelle à la vigilance de tous les patriotes et démocrates qui doivent tous, ensemble, sécuriser le processus électoral.


Fait à Dakar, le 31 mai 2010 

Le Bureau politique de l'AFP