COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mercredi 31 mars 2010

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mercredi 31 mars 2010, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du parti, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

A la veille de la célébration du cinquantenaire de l'Indépendance de notre pays, quelque deux semaines après les festivités du PDS pour célébrer le 19 mars 2000, voilà que le régime de Me Abdoulaye Wade nous ressert les mêmes recettes qui ont tous un point commun, à savoir le travestissement des faits et la manipulation. Face à l'écueil de la communication dans un contexte de mal gouvernance chronique qui met sous le boisseau l'intérêt général, le régime de Me Wade se heurte à une équation insoluble.

Encore une fois, les deniers publics vont servir une cause qui n'est ni celle des populations, ni celle du pays. En recrutant un spécialiste étranger de la communication, les tenants du pouvoir ont oublié que l'exercice républicain qui consiste à rendre compte des activités gouvernementales est d'abord celui de la vérité. Les données virtuelles brandies par les adeptes d'une propagande d'un autre âge ne sauraient avoir l'impact attendu sur les Sénégalais, qui vivent dans leur chair et dans leur esprit les conséquences d'un comportement clanique et d'une approche de la gestion publique qui s'assimilent de plus en plus à la patrimonialisation d'un Etat censé être le prolongement de chaque citoyen.

A cet égard, le maigre bilan des Wade cristallisé autour des infrastructures, est une illustration éloquente. En effet, les quelque kilomètres de bitume sur la corniche de Dakar et sur la VDN n'ont été réalisés qu'à quelques encablures des élections de 2007. En plus, elles n'étaient pas une priorité pour notre pays parce qu'elles ne sont guère structurantes par rapport à des préoccupations économiques ou sociales, car aucun investissement n'a d'impact réel et utile que s'il agit dans l'augmentation de la production et dans la création d'emplois. Le comble, c'est la corruption et le gaspillage incroyable qui ont fait du dossier de l'ANOCI le plus grand scandale du Sénégal indépendant. Puisque l'on parle de communication, qu'attendent donc les Wade pour expliquer aux Sénégalais le processus qui les a amenés à louer un bateau quasi inoccupé à huit milliards de F CFA pour seulement deux jours ? Ou alors à facturer le kilomètre de route à 5 milliards de F CFA, un palmier vermoulu à presque 2 millions F CFA ?

Dans ces conditions, nul ne doit s'étonner que la dette intérieure se soit rapidement reconstituée, malgré les déclarations d'intention qui ne font pas le poids face à la volonté des tenants du régime de maintenir contre vents et marées un train de vie de l'Etat sans commune mesure avec les possibilités financières de notre pays. La ruse a bien été neutralisée par les bailleurs multilatéraux qui se rendent bien compte que les entreprises sont plombées par la mal gouvernance ambiante et ses multiples conséquences qui déteignent négativement sur l'environnement des affaires et les investissements. L'opacité qui entoure la politique de l'énergie et la gestion de la SENELEC est au cœur du manque de compétitivité, étant donné le coût surélevé des facteurs de production et la distribution insuffisante et irrégulière de l'électricité.

C'est dans ce contexte brouillé par la culture de la dissimulation qui caractérise les tenants du pouvoir que le dialogue politique est convoqué. Pour la 19e ou trente sixième fois ? Peu importe le chiffre. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, aucun dialogue sérieux et républicain ne saurait prospérer, s'il est conçu pour diviser ou neutraliser une opposition, dont les termes de référence liés à l'intérêt général et aux préoccupations des populations ne sont pas négociables. Vu sous ce regard, le fossé qui sépare le pouvoir de l'opposition ne peut qu'être infranchissable, si Me Wade entend dérouler un projet monarchique inacceptable, uniquement conçu pour confisquer la volonté souveraine du peuple.

En ce qui concerne le dossier de la Casamance, il ne pourra connaître de développement positif tant qu'il sera parasité par l'incohérence, l'amateurisme et l'opacité qui caractérisent l'action du régime de Me Wade. La lisibilité de l'approche est tellement laborieuse qu'on est fondé à se demander si le régime en place a réellement la volonté de trouver une solution définitive, pour que la paix revienne dans la région sud de notre pays.

Abordant le dernier point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a engagé les jeunes, les femmes et l'ensemble des militants et responsables de la région de Dakar à participer massivement à la marche que Bennoo Siggil Senegaal, organise le 3 avril pour protester contre toutes les dérives et tous les manquements du régime des Wade, dont la moindre n'est pas cette horrible statue dite de la renaissance africaine et qui, de par le condensé d'actes peu avouables qui l'entourent, incarne un régime monstrueux, en porte à faux avec la lettre de mission que lui a remise le peuple sénégalais, le 19 mars 2000.


Fait à Dakar, le 31 mars 2010 

Le Bureau politique de l'AFP