COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 31 mars 2009

 

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le mardi 31 2009, sous la présidence de sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination des Activités du parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1.   situation nationale ;

2..  vie du Parti.  

Le Bureau politique de  l’AFP a tenu tout d’abord à adresser ses vives félicitations aux populations qui ont accompli leur devoir civique avec détermination et responsabilité.

Le Bureau politique de l’AFP adresse également ses félicitations au Secrétaire Général, M.  Moustapha Niasse, qui s’est investi corps et âme dans la campagne électorale en dialoguant directement avec le peuple, de Dakar à Dabo, en passant par Kolda, Ziguinchor, Saint-Louis, Kaolack, Kaffrine, les Iles du Sine et du Saloum, Diourbel, Sadio, Rufisque, tout en restant collé à sa base du département de Nioro, notamment de la Commune de Keur Madiabel.

Le Bureau politique de l’AFP a adressé, dans le même esprit, ses félicitations à l’ensemble des partenaires de la Coalition Bennoo Siggil Senegaal, aux camarades responsables et militants à la base, ainsi qu’au comité électoral national, qui n’ont ménagé aucun effort pour organiser la résistance populaire, face à l’arrogance d’un groupuscule qui pensait s’être donné les moyens de prendre définitivement le Sénégal et ses populations en otage, pour un demi-siècle. 

Le Bureau politique de l’AFP a analysé la débâcle des tenants du pouvoir à l’occasion des élections locales, à la lumière des contextes qui ont présidé à cet événement historique, prémices de l’effondrement d’un système exécrable,  massivement rejeté par le peuple sénégalais debout.

Il  n’est pas inutile de le rappeler, ces élections ont été marquées par les agissements anti républicains d’un régime qui n’a pas hésité à fausser régulièrement les règles du jeu, depuis l’inscription sur les listes électorales jusqu’à la proclamation provisoire des résultats, en passant notamment par le dépôt des listes de candidats et la campagne électorale. Pendant le processus électoral, les fraudeurs zélés du ministère de l’Intérieur et certaines de leurs antennes de l’Administration territoriale ont enrichi la typologie de la fraude, en fermant les yeux sur les forclusions de la Coalition SAPI et en créant des obstacles artificiels, pour empêcher l’Opposition démocratique de participer à la compétition électorale. C’est ainsi qu’un Sous Préfet est allé jusqu’à produire des faux, en plongeant jusqu’à la moelle, toute honte bue, dans la délinquance électorale caractérisée. En plus, les démocrates ont été indignés par les prétentions de certains tenants du pouvoir qui ont tenté de détourner la volonté populaire, dès la publication des premières tendances et ont récidivé lors de la phase de recensement des votes, en faisant disparaître les procès-verbaux et en essayant d’en créer d’autres.

Toujours est-il que malgré ces actes graves, malgré les retards organisés ça et la pour prolonger le scrutin au-delà de 18 heures, malgré l’immixtion illégale de Monsieur Abdoulaye Wade dans la campagne électorale et avant son ouverture officielle, avec les moyens de l’Etat, malgré la rétention et l’achat des cartes d’électeurs et des consciences, les apprentis fascistes aux pieds d’argile ont été défaits par les Sénégalais qui ont choisi avec détermination les listes de l’Opposition, en participant à la sécurisation de leur vote, aux côtés des brigades de vigilance.

C’est ainsi que le fichier électoral piégé par les fraudeurs zélés n’a pu profiter aux tricheurs qui n’ont pas pu dérouler sur le terrain leur programme de transfert d’électeurs. Faut-il le rappeler, l’absence prouvée  de biométrie a permis le gonflement des listes électorales parasitées par des inscriptions frauduleuses, et la confection abusive de plus de 500.000 cartes d’électeurs, à la faveur d’un découpage administratif politicien et irresponsable qui s’est poursuivi jusqu’à une semaine de la date limite du dépôt des listes de candidature.

Ceux qui se sont empressés de souligner la prétendue fiabilité du fichier,  avec des accents au triomphalisme emprunté,    tentent vainement d’imposer une grille de lecture biaisée des trois mascarades électorales de 2007, et de prendre à défaut la vigilance des démocrates, à l’occasion des prochaines élections générales.

La première leçon à tirer des faits et du comportement de nombre d’acteurs du processus électoral est l’exigence plus que jamais actuelle de la création d’une Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI), qui prenne  en charge  l’organisation des élections, depuis l’inscription sur les listes électorales, jusqu’à la proclamation des résultats.

La deuxième leçon est le redressement de notre démocratie que les Sénégalais ont appelé de tous leurs vœux, en mettant en échec le projet monstrueusement monarchique de M. Wade. Le peuple a dit non à la    génération spontanée d’opportunistes bruyants qui ont emprunté précipitamment le sommet de l’indécence, en ignorant le sens et l’essence de la morale républicaine. Ils se sont retrouvés  au fond d’un ravin, cimetière silencieux d’un destin conçu par un machiavélisme tropical, adepte des raccourcis dangereux, d’abord pour eux-mêmes.

Le troisième enseignement est relatif au décodage du message du peuple debout qui non seulement a exprimé son ras-le-bol, mais exige la prise en compte sans délai de ses aspirations légitimes depuis le 19 Mars 2000. Le 22 Mars 2009 a validé une exigence formulée dans le calme et la sérénité, face à des tenants du pouvoir qui ont choisi de faire financer le gaspillage et leur volonté de jouissance par les sacrifices imposés aux populations des villes et des campagnes.

C’est la raison pour laquelle les nouvelles équipes de l’Opposition qui s’installeront à la tête des collectivités locales doivent gérer solidairement ces préoccupations urgentes, en montrant par l’exemple que leur mission est un sacerdoce au service du plus grand nombre. Cela induit une démarche d’écoute, de transparence, avec la synergie des compétences, aux fins d’engranger des résultats visibles et palpables.

Naturellement, la débâcle  du clan dirigé par M. Abdoulaye Wade implique la traduction de l’avertissement du peuple par la suppression immédiate du Sénat et l’aménagement d’un calendrier pour des élections générales anticipées, qui respectent la souveraineté populaire.

M. Wade et son clan n’ont qu’une alternative : accompagner intelligemment le mouvement historique irréversible, ou continuer vainement de tenter de l’endiguer à leurs risques et périls, avec les mêmes outils qui ont fait preuve de leur inefficacité  et qui se résument à la corruption, à la manipulation et à la violence.

Vive le peuple debout !

Vive l’Unité de l’Opposition patriotique !

 

 


Fait à Dakar, le 31 mars 2009 

Le Bureau politique de l'AFP