Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 30 juin 2005

 

Le Bureau Politique de l’AFP s’est réuni le jeudi 30 juin 2005 sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du Parti, à l’effet d’examiner l’ordre du jour suivant :

1. Situation nationale

2. Vie du parti

En ce début d’hivernage, un bref regard panoramique sur le Sénégal laisse apparaître les maux récurrents que connaissent les populations et qui ont été aggravés par l’impéritie et l’imprévoyance du pouvoir en place. Le monde rural continue de subir les errements du régime, avec les mêmes problèmes de semences, de vivres de soudure, de paupérisation galopante.

Par ailleurs, les inondations cycliques constituent, à ce stade, le cauchemar des populations, avec le lot de difficultés liées à l’assainissement. Dakar et sa banlieue, Saint-Louis, Kaolack, Tambacounda, Vélingara, Ziguinchor, Rufisque et Matam sont, une fois de plus, menacées par les eaux, sous l’oeil indifférent des pouvoirs publics, dont les priorités sont ailleurs. Ce dossier mérite un traitement sérieux, avec des moyens à la mesure des enjeux, qui induisent des aspects liés à l’hygiène et à la santé des Sénégalais. Le Bureau politique de l’AFP déplore l’inexistence de politique d’assainissement et engage le gouvernement de Me Wade à faire face à l’urgence, en aidant à l’évacuation des eaux, en réhabilitant les infrastructures, y compris les ponts. Il convient, également, d’assister les plus démunis en mettant, à leur disposition, de la nourriture et les médicaments de base, en dehors de toute préoccupation politicienne.

En matière de santé publique, le gouvernement doit mettre un terme à ses démonstrations bruyantes et inefficaces, et se décider, enfin, à traduire, sur le terrain, une politique adaptée aux besoins, pour lutter contre le paludisme, le choléra et les autres maladies diarrhéiques, qui affectent tout particulièrement les enfants.

Mais, embourbé dans la malgouvernance chronique, le gouvernement de Me Wade se plait à décrire un Sénégal virtuel, tout en  mettant en exergue des travaux, dont certains relèvent du cosmétique, face aux problèmes vitaux. C’est ainsi qu’à Dakar surgissent, çà et là, des barrières métalliques installées de manière fantaisiste. Il est difficile de croire que ces travaux doivent prendre le pas sur l’équipement des postes de santé ou sur l’accès à l’eau potable, par exemple. En outre, il est légitime de se demander si les procédures régulières et transparentes qu’exige la gestion du patrimoine public ont été respectées.

Bien entendu, en ce qui concerne le processus électoral, la réponse à cette question est négative. Le projet d’amendement à l’article 4 de la loi portant sur la CENA  est une forfaiture inédite qui en dit long sur l’état d’esprit et les réflexes de ceux qui nous gouvernent. La caricature et la violence sont consubstantielles à la dictature dont la construction, sous tous les cieux, est effectuée par étapes, avant la réalisation complète du tableau inacceptable qui parachève la confiscation de la souveraineté du peuple. Aujourd’hui, il est devenu évident que le gouvernement de Me Wade a organisé le retard du déroulement du processus électoral. L’hivernage, qui s’est partout installé, est un obstacle sérieux pour l’exécution correcte du chronogramme relatif à la refonte totale du fichier électoral. Me Wade et son régime confirment ainsi leur refus de se soumettre au verdict des urnes qui les ont pourtant installés au pouvoir.

Le Bureau politique de l’AFP les tient pour unique responsable des conséquences de ces choix graves pour notre démocratie, la stabilité et la sécurité de notre pays. Que Me Wade et son gouvernement se le tiennent pour dit ! L’AFP se battra aux côtés des autres forces de l’opposition démocratique pour empêcher la confiscation programmée de la volonté populaire.

Abordant le dernier point de l’ordre du jour, le Bureau politique de l’AFP a adressé ses vives félicitations à l’Alliance Nationale des Etudiants et Elèves pour le Progrès (ANEEP) qui, en collaboration avec le  Mouvement National des Jeunes pour le Progrès et les responsables de la région de Diourbel , a organisé, le samedi 25 juin, une brillante conférence  sur le thème « Jeunesse et politique.

Les mêmes félicitations ont été adressées aux Femmes AFP de Ziguinchor, qui se sont réunies le dimanche 26 juin 2005, pour réfléchir, entre autres, sur la situation de la région Sud, en collaboration avec des responsables de la dite ville, devant une délégation du Bureau politique.

Le Bureau politique de l’AFP salue la pertinence des conclusions de leurs travaux, qui ont stigmatisé l’enclavement de la Casamance aggravée par la suspension de la liaison aérienne qui durera jusqu’à l’ouverture de la prochaine saison touristique. Or, les civils n’ont plus la possibilité de prendre place dans les avions officiels. Le Bureau politique encourage les Femmes AFP de Ziguinchor à continuer de s’impliquer dans les problèmes de développement de leur région. Il a, à cet égard, apprécié les contacts noués, à Ziguinchor, par la délégation que le Bureau politique avait envoyée en mission dans la capitale du Sud et pour la qualité du travail accompli à cette occasion.

Enfin, le Bureau politique a accueilli une délégation de responsables politiques du PDS de la Communauté rurale de Ndande Fall, dans le département de Kébémer, qui ont décidé de rallier l’Alliance des Forces de Progrès  avec leurs bases respectives. Le Bureau politique de l’AFP se réjouit de ces nouvelles adhésions, qui expriment  une prise de conscience de l’échec multiforme du régime de Maître Wade.  Pris de panique, le pouvoir en place tente, par  la manipulation des médiats d’Etat , de mettre un voile sur l’élan de sympathie dont bénéficie l’AFP,  sur toute l’étendue du territoire national. 

 

 

Fait à Dakar, le 30 juin 2005

Le Bureau politique de l'AFP