COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 30 décembre 2008

 

              Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le Mardi 30 décembre 2008, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général autour de l’ordre du jour suivant :

1.  situation nationale ;

2.  vie du Parti.  

Le Bureau politique de l’AFP a procédé à une analyse profonde de la situation nationale, à la lumière des options irresponsables du régime en place retranché dans son obstination suicidaire, qui l’amène à vivre dans son univers virtuel, en ignorant l’immense clameur populaire, convergences de douleurs, de frustrations, de besoins fondamentaux inassouvis. Cette souffrance du peuple est d’autant plus inacceptable que ceux d’en face vivent dans une opulence arrogante, fruit de prébendes sans limites, au détriment de l’intérêt général.  

L’année 2008 est venue, avec des données visibles, illustrer les innombrables errements du pouvoir en place qui, dès le lendemain du 19 mars 2000, a voulu mettre en branle sa machine infernale, au service de la jouissance d’un groupe d’individus. L’AFP, on le sait, s’y était opposée pendant 11 mois. Dès le 3 mars 2001, quand le parti a quitté le Gouvernement, ces individus se sont employés à éloigner la République de l’Etat, avec à la clé l’effondrement de l’économie nationale et l’anémie des finances publiques, sans oublier les conséquences désastreuses dans les secteurs de l’Education, de la Santé, du Logement et du Cadre de vie. L’inflation galopante qui assomme les Sénégalais n’épargne aucune couche et frappe tout particulièrement les masses paysannes plongées dans une logique de paupérisation destinée à financer une clientèle vorace. La GOANA aura été une escroquerie d’Etat, dont le seul but était de mettre le voile sur le manque de vision, l’impéritie et la fin de tout espoir de remettre à flot l’économie rurale dévastée par tant de tâtonnements, tant de nébuleuses et tant de dérives.

La jeunesse des villes, comme celle des campagnes, a payé un lourd tribut. Le désespoir qui a amené des milliers de jeunes à tenter le voyage tragique vers l’Eldorado imaginaire de l’Europe, par des moyens rudimentaires, est résumé dans le slogan presque inhumain «Barça ou Barsakh». Certains de ces jeunes ont fui leur espace vital pris sous l’étau des inondations, pour se noyer dans l’Océan Atlantique, sans avoir pu réaliser un rêve qui se limite en fait à une requête élémentaire : vivre dans la dignité. En zone suburbaine, la banlieue, qui constitue une véritable ceinture de misère autour des grandes villes, est un condensé de tous les maux des populations pour qui chaque journée consacre une lutte impitoyable pour la survie. Insalubrité, épidémies, paupérisation, vie chère, mobilité urbaine laborieuse, chômage, sous-emploi, tel est le lot des habitants de la banlieue dans des proportions particulièrement dramatiques. 

Cà et là, sur toute l’étendue du territoire national, depuis plusieurs années, les contours de la révolte populaire se dessinent et prennent des formes précises, à travers, notamment la résistance des religieux et des jeunes de Kédougou. Les derniers évènements qui ont eu pour cadre cette ville du Sud-est du Sénégal ont amené le gouvernement de Me Wade à jeter son masque et à se révéler, à la face du monde, tel qu’en lui-même, c’est-à-dire, une dictature violente qui ne se soucie guère des Droits Humains, en organisant une répression sanglante, suivie d’arrestations arbitraires, de tortures, de harcèlements de citoyens, qui découvrent que les tenants du pouvoir ont remis au goût du jour la notion de responsabilité collective. Au départ, il y a eu un problème de transparence dans la gestion et l’exploitation du patrimoine national. S’y sont greffées ensuite, les frustrations consécutives à l’absence de retombées sociales en faveur des populations du terroir, en particulier des jeunes. A ces données explosives, l’attitude irresponsable du régime en place est en train d’ajouter les éléments d’un conflit identitaire, dont les conséquences sont imprévisibles. 

Mais cette escalade suicidaire n’est guère surprenante dans la mesure où le gouvernement de Me Wade avait déjà habitué les Sénégalais et l’opinion internationale au recours à des pratiques liberticides. C’est bien sous l’ère des Wade qu’il y a eu des tentatives d’assassinat d’hommes politiques, des menaces de mort adressées à des Evêques, d’assassinat d’un syndicaliste et d’un étudiant, le tabassage et l’arrestation arbitraires de journalistes, le sac de locaux d’organes de presse, tout cela sans conséquence aucune pour les commanditaires pourtant clairement identifiés. Au fil des années, la DIC s’est métamorphosée en véritable police politique au service du projet monarchique des Wade. La censure a été instaurée de fait, par l’interdiction illégale et informelle de plusieurs ouvrages, films et autres biens culturels, dont le seul tort est de s’inscrire à contre courant de la pensée unique, que l’on prétend imposer au peuple sénégalais. Parallèlement, les médias d’Etat se chargent par une propagande presque fascisante d’exalter les mérites imaginaires d’un contre-Messie, en faisant l’impasse sur les nombreux actes de mal gouvernance dont la liste est inépuisable : train de vie dispendieux de l’Etat, Sénat de Wade et Agences nationales inutiles, dépenses somptuaires et opaques lors de l’organisation du Sommet de l’OCI, affaires de Dubaï Port World, de la Plateforme de Diamniadio, de la licence SUDATEL, desdits dépassements budgétaires, de la spéculation foncière stupéfiante qui n’a épargné ni les écoles, ni les infrastructures sportives, ni les cimetières, ni les hôpitaux, choix criminel de Zam Zam pour le pèlerinage à la Mecque, tripatouillages de la Constitution , modifications unilatérales de la loi électorale, pour ne citer que ces exemples.

A cet égard, les Assises nationales, qui seront bientôt clôturées, se seront déroulées en temps utile, avec la participation des Sénégalais debout, toutes couches confondues, malgré les menaces sans équivoque du régime en place, ivre d’arrogance, de narcissisme débridé et de folle autosatisfaction.  

Le Sénégal va au chaos et le mal est si profond qu’il dépasse largement le visible, car l’affairisme et la corruption ont été érigés en mode de gouvernance pour tenter d’enterrer  les valeurs avec le linceul de l’indignité, du mensonge banalisée, bref, des contrevaleurs que l’on pense utiliser, tel un terreau maudit, au service d’un projet de perpétuation d’un régime à tous points de vue nocif pour notre pays et ses populations.

Pour toutes ces raisons, le Bureau politique de l’AFP   estime que le combat politique se pose aujourd’hui en terme de libération. Voilà pourquoi les enjeux des prochaines élections locales du 22 mars 2009 ont une dimension nationale, qui doit amener les partis politiques, la société civile et les citoyens à se dresser contre la fraude électorale, dont les principaux bras armés sont les fraudeurs zélés du Ministère de l’Intérieur, la Cellule informatique de l’Etat-PDS logée à la Présidence et le chargé des Elections du PDS. Au contentieux de février 2007 relatif au fichier piégé, à la rétention délictueuse de plus d’un million de cartes d’électeurs, se greffent les conséquences programmées d’un découpage administratif politicien. Cela implique la réimpression de plus d’un million de cartes d’électeurs, c’est-à-dire, une nouvelle distribution sélective en faveur du PDS qui, comme par hasard, est en train de se livrer à une vente de cartes. Face à ces tentatives de fraudes, le Bureau politique de l’AFP invite les responsables et les militants à la base à intégrer les Brigades anti-fraude de l’opposition patriotique pour protéger, avec les populations, le vote des citoyens. 

Abordant le dernier point de l’ordre du jour, Le Bureau politique de l’AFP a engagé toutes les instances du Parti à se coller aux différentes étapes du processus électoral, depuis les investitures jusqu’après la proclamation des résultats. Ces tâches doivent être conduites parallèlement à la vente complémentaire des cartes du Parti, pour préparer les renouvellements et le prochain Congrès ordinaire, conformément au calendrier adopté par le Bureau politique.

En tout état de cause, la situation de crise dans laquelle se trouve le Sénégal requiert la mobilisation de tous les patriotes.

Le Sénégal ne mérite pas que cette situation perdure. Ni sa propre histoire, faite de gloire et d’honneur, ni le respect dont le pays a toujours bénéficié dans le concert des nations libres ne permettent d’accepter une quelconque forme de fatalisme, quand appelle le devoir du redressement et du salut national. Dans cet esprit, l’AFP a rendez-vous avec son destin. Ce rendez-vous ne peut être raté.


Fait à Dakar, le 30 décembre 2008

Le Bureau politique de l'AFP