DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 30 octobre 2007

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 30 octobre 2007, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur la situation nationale caractérisée d'une part, par les nuages qui planent sur l'économie nationale et sur le mode de gestion, par Me Abdoulaye Wade, des finances publiques et d'autre part, par tous les actes posés par les tenants du pouvoir qui continuent de se réfugier dans les ténèbres de la mal gouvernance, sur un fond de guerre de succession où les valeurs et la démocratie ne semblent pas avoir de place.

Près de huit ans après le 19 mars 2000, Me Abdoulaye Wade, sous la pression conjuguée des partenaires du Sénégal annonce la fin des marchés de gré à gré. Presqu'au même moment, on distille la conclusion d'un marché bizarre de 117 milliards CFA pour des passeports numérisés, avec un hypothétique financement BOT. Il est connu que le système BOT a été annoncé par le régime de l'alternance, depuis huit ans, sans suite ni résultat. Cet empressement sélectif du régime actuel rappelle curieusement des méthodes déjà réprouvées, pour procéder à la rénovation de la Pointe de Sangomar ou l'établissement des cartes d'électeurs et des cartes d'identité dites "numérisées". On pourrait citer d'autres exemples à volonté. Ce qui est constant, c'est cette propension à inverser les priorités, qui ne sont guère arrimées à l'intérêt général, mais aux préoccupations d'un groupe privé décidé à se servir de ses positions dans l'appareil d'Etat pour atteindre des objectifs personnels, dans une ambiance de grande corruption.

Dans ce contexte, les vociférations des flagorneurs attitrés sont perçues par l'immense majorité des Sénégalais comme l'expression de l'arrogance des parvenus, qui suit toujours la mémoire courte. Le monde rural, les travailleurs de la Fonction publique et du secteur privé s'interrogent sur la capacité du gouvernement à se ressaisir. Et çà et là, on lance l'idée d'une résistance collective, pour mettre fin aux dérives et à la multiplication des menaces qui planent sur la paix civile et la stabilité de notre pays.

A cet égard, la tension que subit l'Ecole sénégalaise depuis plusieurs années est non seulement un baromètre de la situation nationale mais reflète également les méthodes d'un régime pour qui les engagements souscrits, même paraphés, n'ont aucune valeur. Le Bureau politique de l'AFP engage les tenants du pouvoir actuel à prendre la mesure, toute la mesure des conséquences prévisibles du mécontentement populaire, qui ne cesse de grandir dans un processus de paupérisation extrême, d'inflation galopante et de gaspillage effréné des ressources publiques. Le Bureau politique tient Me Wade et son régime pour responsables de tous les dérapages, de quelque nature que ce soit, que leurs turpitudes ne cessent de provoquer. Le peuple peut être patient, très patient, mais il est toujours dangereux de l'acculer jusqu'à ses derniers retranchements. Par exemple, il faut mettre un terme à la spoliation des terres des populations, déjà vulnérables, comme les 600 ha confisqués dans le département de Kébémer, Communauté rurale de Diokoul Diawrigne. Aucun projet ne peut justifier un tel abus. Quand on n'a plus rien à perdre dans le chaos, on peut s'accrocher aux ténèbres pour chercher la lumière. Il y a des nuages partout. Un sursaut est nécessaire pour préserver l'essentiel, c'est-à-dire, la paix sociale et la cohésion nationale.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a approuvé le programme d'activités du Mouvement National des Femmes de l'Espoir et du Progrès (MOUNFEP), ainsi que celui du Mouvement National des Jeunes du Progrès (MNJP) et de l'Alliance Nationale des Cadres pour le Progrès (ANCP). Il a exhorté ces trois structures à poursuivre, avec méthode, leur contact avec les populations du monde rural comme celles des villes pour communier avec elles, dans l'esprit des options de l'AFP, dont la devise "foi, patriotisme et solidarité" demeure le guide des responsables et des militants du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a, par ailleurs, arrêté une série de mesures pratiques que le parti entend mettre en œuvre, selon un calendrier précis. Il s'agit, principalement, du suivi du processus électoral, dans les régions, les communes, et les communautés rurales, dans un esprit déterminé de refus de tout blocage et de toute manipulation, par le régime de Me Abdoulaye Wade, des listes d'électeurs et des opérations électorales locales à venir, au premier semestre 2008, du trafic, par voie administrative et avec la complicité de faux agents de la Fonction publique sur les suffrages des citoyens, comme en février 2007.

Dans cet esprit, le Bureau politique de l'AFP engage tous les militants du parti à poursuivre leur mobilisation sur le terrain, dans l'ensemble du territoire national, pour préparer les populations à choisir librement, par voie élective, les conseillers régionaux, municipaux et ruraux qui les représenteront ainsi, légitimement, au sein des assemblées décentralisées, et cela conformément à la loi.


Fait à Dakar, le 30 octobre 2007 

Le Bureau politique de l'AFP