Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 29 juillet 2005

 

Déjà, en Avril 2001, le Secrétaire Général de l’AFP, M. Moustapha Niasse tirait la sonnette d’alarme, en soulignant de nouveau que le Sénégal  était en danger. Depuis lors, les périls ont continué de s’amonceler.  

Dans l’analyse  qu’il a faite de la situation qui prévaut dans l’espace politique national, le Bureau politique  de l’AFP rappelle que le Sénégal est le bien commun des Sénégalais et que, quelles que soient les circonstances, les citoyens de notre pays, doivent être en mesure de relever les défis de l’unité nationale, de la stabilité politique et du fonctionnement régulier de la puissance publique, dans le cadre de notre Constitution, de nos lois et de nos règlements. Ces défis, dont la maîtrise  détermine la consolidation des acquis démocratiques et la préservation de l’image que nos amis, nos voisins et nos partenaires au développement se font du Sénégal, exigent que la République demeure celle des libertés et de la régulation des intérêts contraires, dans le mouvement collectif de notre Nation en prise avec les mutations du temps présent.  

            Sous l’éclairage de cette réalité, le Sénégal d’aujourd’hui, nous le savons, ne peut envisager, en aucune manière, une quelconque forme de dictature. Ce qu’il attend, c’est un pouvoir démocratique, mû par le désir de dialoguer avec le peuple, de convaincre, et non pas une volonté d’imposer aux citoyens des choix qui n’emportent pas leur adhésion. Les peuples ont de la mémoire. Et le peuple sénégalais n’a  pas encore oublié les clameurs d’enthousiasme du 19 mars 2000 , qui annonçaient les changements tant attendus.  

En ces moments d’incertitudes, le Bureau politique de l’AFP estime que le raidissement ne doit guère prendre le pas sur l’apaisement. Il convient d’envoyer des signaux  clairs, dans le sens de la  préservation de l’intérêt général, et dans le souci non équivoque de prendre à bras le corps les enjeux de l’avenir. Pour emprunter le mot de Régis Debray, il faut, en quelque sorte, éviter que les préoccupations politiques n’écorchent dangereusement l’histoire.  

Il ne s’agit pas de se réfugier dans l’inertie, car un Chef d’Etat a pour vocation d’agir. Refuser l’action est une forme de régression, voire de démission. Mais, les Sénégalais ont soif, ils ont soif de République, d’un vrai État de droit, de bonne gouvernance et de progrès. Ils ont aussi soif de démocratie, de liberté et de justice. L’angoisse obscure qui pèse sur des millions de Sénégalais, d’hommes et de femmes, de personnes âgées et de jeunes doit être levée,  ici et maintenant.  

Cette angoisse et l’atmosphère d’incertitude qui l’accompagne sont nées de trop chômage et de misère, de trop d’insécurité et de violences multiformes, de trop d’espoirs suscités, entretenus puis déçus. La  crise ne devrait pas ne devrait pas nous submerger, au point de nous conduire à la conclusion désespérée, selon laquelle nos vies personnelles et notre commune histoire n’ont plus de sens. Il appartient aux autorités de se ressaisir pendant qu’il est encore temps, en s’élevant au-dessus des contingences dérisoires, sous le rapport de la gravité des enjeux qui interpellent notre pays.

Face à un tel contexte, lourd de dangers, aux plans institutionnel, économique, social et sécuritaire, les patriotes sénégalais ont commencé à élaborer, avec lucidité, un programme concerté de redressement national.  

Le Bureau politique entend confirmer l’engagement de l’AFP dans  ce sillon, qui est en train de prendre corps et doit conduire  à  la reconstruction du pays, à travers  un gouvernement, auquel prendront part toutes les forces patriotiques qui sont déterminées à ramener l’espoir chez  les Sénégalais.  

C’est dans cet esprit que le Bureau politique de l’AFP a approuvé les conclusions de la réunion, tenue le jeudi 28 juillet 2005 , par les leaders des partis membres du CPC, du G10 et de la LD/MPT, concernant l’établissement d’une liste commune de l’opposition démocratique, à l’occasion des prochaines élections législatives de 2006.  

Le Sénégal, de tout temps, on le sait,  a la volonté d’assumer son destin, dans un monde dominé par les phénomènes liés à la globalisation, dans la singularité et la pertinence de ses choix historiques.  

Oui, nous devons croire à la capacité des Sénégalais de conserver le cordon ombilical qui les lie à l’essence épique de notre histoire, à la source intarissable de nos valeurs, pour bâtir un destin qui, avec l’aide de Dieu, fera de nous, quoi qu’il arrive, des maîtres et des porteurs d’espérance pour demain.

 

 

Fait à Dakar, le 29 juillet 2005

Le Bureau politique de l'AFP