COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 29 novembre 2010

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le lundi 29 novembre 2010, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l’ordre du jour suivant :

A – situation nationale ;

B – vie du Parti.

Le Bureau politique de l’AFP  a procédé à des échanges approfondis sur la situation nationale, en soulignant le mode de gouvernance du régime en place et ses conséquences sur la marche de notre pays. L’obsession des Wade étant la perpétuation au pouvoir pour leur propre confort et celui de leur clan, l’économie du Sénégal et les populations en pâtissent gravement. Depuis 10 ans, la seule constance qu’on peut leur concéder est l’usage de la ruse et des contrevérités, pour manipuler des populations qui ne croient plus à aucune séquence de leurs discours. 

Les deux derniers décrets de M. Wade illustrent ce mode de gouvernance indécent, car si celui qui fixe la date des élections est frappé de précocité, celui qui ouvre abusivement une période de révision exceptionnelle des listes électorales de huit mois trahit littéralement une panique fébrile face au rejet populaire grandissant dont le pouvoir fait l’objet. Le Bureau politique de l’AFP salue la création du cadre de lutte «Clarté-dey leer», ce vaste regroupement des démocrates qui sera un des outils de la libération d’un peuple qui n’a jamais accepté l’asservissement. Le siège des Assises Nationales qui a abrité l’éclosion de ce rassemblement est tout un symbole, car dans le discours manipulateur de M. Wade, il apparait une volonté tactique de tenir compte des recommandations des Assises Nationales, tels que le renforcement des pouvoirs de l’Assemblé nationale et de ceux du Président de la République. 

La ruse et la mauvaise foi transparaissent également dans la volonté permanente d’abuser des leviers qu’offre l’appareil d’Etat, pour satisfaire la boulimie d’une clientèle politique qui est devenue une charge insupportable pour le contribuable et le pays. En effet, les effectifs de la Fonction Publique qui étaient de quelque 66.000 en 2000 son passés à environ 90.000 en 2010, soit une augmentation de 30 %. Cette augmentation est absorbée pour l’essentiel par la voracité partisane des pseudo-libéraux, au détriment de la qualité des soins dans les structures sanitaires, de la qualité de l’enseignement  et des effectifs des autres corps de la fonction publique qui ont besoin de recrutements. C’est à travers la même grille de lecture qu’il convient de percevoir la pléthore indécente de ministres dont une vingtaine de ministres d’Etat. Si le ridicule tuait il y en aurait peut-être moins. 

Cette appropriation éhontée de la sueur des Sénégalais est doublée d’une volonté dictatoriale de tuer dans l’œuf toute velléité de remise en cause des privilèges de la camarilla prédatrice. C’est ainsi que, lors de la réunion ubuesque du Comité Directeur des pseudo-libéraux, tenue au Palais de la République, M. Wade lui-même n’a pas hésité à proférer des menaces, sans prendre de gants. 

Ces exemples non exhaustifs de dérives du régime en place ont naturellement des conséquences tragiques sur le traitement des priorités de notre pays, dont l’énergie n’est pas des moindres. La nomination d’un Wade pour gérer ce secteur n’a en rien changé l’effondrement de ce secteur vital pour toute économie qui se veut moderne. Délaissant les urgences qui se situent au niveau des infrastructures structurantes, le régime en place continue d’engloutir des ressources publiques énormes absorbées par des travaux de prestige confinés dans la capitale et ses environs, alors que l’état des routes de l’hinterland isole les régions périphériques, du centre et nombre de niches de production. 

Par ailleurs, le budget du FESMAN, colossal au regard des contraintes de l’heure, n’aurait pas constitué une pilule difficile à avaler, si le professionnalisme et la rigueur étaient au rendez-vous. Comme pour l’ANOCI, plusieurs chantiers mal gérés ne sont pas achevés et beaucoup d’acteurs éminents de la culture ont été laissés en rade au profit de laudateurs ou d’illustres inconnus. Cette volonté d’exclusion est en porte à faux avec le format de ce festival qui se veut en même temps un carrefour d’excellence, d’expressions plurielles et populaires, prolongement d’un environnement présent, comme témoignage de reconnaissance, pour garantir un état des lieux fidèle. En plus, un autre aspect des faiblesses du FESMAN s’explique par l’effondrement de notre politique extérieure et de notre diplomatie qui a érodé l’influence du Sénégal et provoqué son isolement en Afrique de l’Ouest et dans le monde.  

L’exclusion de M. Wade des dossiers du Darfour, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire en est une éloquente illustration. A propos de ce dernier pays frère, le Bureau politique de l’AFP élève des prières ardentes pour qu’un climat d’apaisement s’instaure, après la proclamation des résultats du deuxième tour de la présidentielle. Il y va de la stabilité de toute la sous-région. Ceux qui nous gouvernent sont-ils à même de le comprendre ?


Fait à Dakar, le 29 novembre 2010 

Le Bureau politique de l'AFP