Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi, 29 juin 2006


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 29 juin 2006, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination, en l'absence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'Afp s'est penché sur les graves problèmes de l'heure, dont certains sont la conséquence de l'incompétence du pouvoir actuel, qui ne cesse de se réfugier dans le verbiage. Les invectives arrogantes du Premier ministre à l'endroit du Président Mamadou Dia ne sauraient faire disparaître, comme par enchantement, les dérives monarchiques qui s'aggravent sous nos yeux, avec le cortège de scandales qui se suivent et ne se ressemblent guère.

Assurément, le monde rural, de par son importance numérique et la couverture du territoire national, est la première grande victime de la malgouvernance. Alors que l'hivernage s'installe, voilà que, telle une noire ritournelle, les problèmes liés à la distribution de semences de qualité, d'engrais et de matériels agricoles, suscitent angoisse et inquiétude chez les paysans. Le choix des tracteurs inadaptés, comme celui des programmes spéciaux, obéit à un semi-autisme aux relents d'affairisme, au détriment des vrais acteurs du secteur rural.

Bien entendu, les problèmes sociaux n'épargnent pas les villes et leurs ceintures de misère. Concomitamment à la pression que continue de subir le panier de la ménagère, les hausses des prix du carburant et de l'électricité se succèdent. La redevance relative à l'électrification rurale et la hausse du prix du sucre illustrent à souhait le mépris que le gouvernement pseudo-libéral nourrit à l'endroit des populations déjà rudement éprouvées par le ralentissement économique et le manque d'emplois liés, en partie, à l'absence d'investissements significatifs.

En plus, les zones suburbaines qui sont les plus durement touchées par la morosité ambiante, sont menacées par les inondations récurrentes. Les gesticulations annuelles des tenants du pouvoir, avec les effets d'annonce enveloppés de cynisme, sont dérisoires pour mettre à l'abri les victimes des catastrophes, à qui l'on demande de débourser 4 millions de fcfa, pour espérer bénéficier d'une maison estampillée "plan jaxaay". Un an après l'annonce de ce projet, aucune réalisation n'est à l'actif du régime de Me Wade qui, pourtant, avait décidé de reporter les élections législatives, pour assister les victimes des inondations. En fait, on peut craindre aujourd'hui, au vu des critères d'attribution, que ce "plan jaxaay" ne serve plutôt de campagne électorale à l'Etat-PDS, au détriment des vraies victimes qui se trouvent dans un dénuement total.

La gestion calamiteuse du processus électoral traduit, également, l'obsession morbide du régime pseudo-libéral, gagné par la peur de perdre le pouvoir. Les déclarations récentes du Président de la CENA démontrent clairement que le gouvernement de Me Wade a décidé d'empêcher cet organisme de supervision et de contrôle de remplir correctement sa mission. En effet, à un mois et demi de la clôture des inscriptions sur les listes électorales, la CENA n'a reçu environ que le tiers du montant du budget qui lui est alloué. Sous cet éclairage, il apparaît que la refonte totale du fichier n'est qu'une stratégie monstrueuse et antidémocratique consistant à neutraliser l'électorat hostile et à confectionner un fichier avec une majorité factice favorable au PDS et à ses affidés. L'on comprend donc aisément que le Ministère de l'Intérieur refuse obstinément de remettre à l'opposition la carte électorale, avec la configuration complète des lieux et bureaux de vote.

Par ailleurs, la Direction de l'Automatisation du Fichier (DAF) a fini par avouer l'existence des inscriptions multiples. C'est la raison pour laquelle, le Bureau politique de l'Afp encourage les experts du Parti à participer activement à l'audit du fichier frauduleux de l'Etat-PDS


 

Fait à Dakar, le jeudi 29 juin 2006

Le Bureau politique de l' AFP