DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 29 mai 2007

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 29 mai 2007, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination des activités du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a tout d'abord relevé les évidences qui marquent aujourd'hui notre pays, dont les stigmates de la faillite plurielle et multiforme sont visibles à tous les niveaux, dans tous les secteurs d'activités et dans tous les segments de la population. La gabegie ambiante a déjà rendu exsangue le Trésor public qui ploie sous la pression boulimique de nos dirigeants et de leur clientèle.

Bref, sous Me Wade, l'Etat, ses démembrements et ses rouages, sont régis par un tempo qui n'est que le prolongement des besoins d'un groupe privé prisonnier de sa logique d'accaparement effrénée.

Naturellement, ces dérives accompagnées de fuites en avant suscitent l'ire des populations et relancent le mouvement social. Les tensions affectent un secteur aussi stratégique et sensible que l'éducation, avec l'intersyndicale qui déroule, face aux louvoiements d'un gouvernement autiste, un nouveau plan d'actions, dont les conséquences risquent d'être fatales pour l'école sénégalaise, déjà rudement éprouvée, malgré les prétendus 40% du budget alloués à l'Education, que claironnent à tous vents les tenants actuels du pouvoir.

Le Bureau politique de l'AFP tient le gouvernement de Me Wade pour responsable d'une année blanche, qui ne serait que la conséquence de son refus de négocier avec sincérité, et avec des pratiques sous-tendues par l'éthique républicaine et l'équité.

Le secteur de la santé n'est pas épargné, lui non plus, par les choix aventureux d'un régime qui continue de penser, à tort, que le verbe peut se substituer durablement à la réalité douloureuse des infrastructures sanitaires, dont le nombre et le niveau d'équipements sont largement en deçà des besoins des populations. Les esprits sont encore frappés par cette dépouille mortelle en putréfaction avancée, déposée sous les fenêtres des cuisines de l'hôpital Aristide Le Dantec, parce que la plupart des tiroirs de la morgue sont hors d'usage !

Le Bureau politique invite les tenants du pouvoir à se pencher sur ce dossier poignant comme tant d'autres qui constituent un cauchemar. La hausse des prix continue de plus belle, notamment celle du carburant et du gaz, sans oublier celles des denrées de première nécessité, ce qui accélère la paupérisation de larges couches de la population, en particulier les plus démunies. Quant aux dossiers des grandes unités industrielles comme la Sénélec, les Ics et la Sar les effets d'annonce continuent, sans suite.

Le Bureau politique de l'AFP estime qu'en tout état de cause, une évaluation relative aux montants exorbitants qui ont été engloutis par la Sénélec depuis 2000, s'impose. Les responsabilités doivent être situées, tant du point de vue des choix stratégiques que du point de vue de l'utilisation des ressources.

Le monde rural constitue une autre source de préoccupation car, après la mise à mort de la filière arachidière et les huileries qui fonctionnent bien en deçà de leur capacité de trituration, des emplois sont menacés. Le Bureau politique de l'AFP invite les tenants du pouvoir à s'attaquer à la relance de la production agricole en traitant sérieusement les dossiers des semences, de la pédologie, de la carte variétale, des intrants, du matériel agricole, de la maîtrise de l'eau et de la commercialisation.

C'est précisément ce manque de vision pour un développement concerté, qui a amené le pouvoir actuel à marquer son parcours cahoteux et chaotique par la création fantaisiste, sans aucune évaluation de l'existant, de trois régions supplémentaires. Les bases politiciennes de ce choix sont évidentes, car ont été ignorées les critères de viabilité et la cohérence d'un découpage en rapport avec un plan d'aménagement.

En plus de l'absence de vision relative au développement concertée, le Bureau politique de l'AFP a déploré la régression démocratique en cours qui est illustrée, grandeur nature, par ces pseudos élections législatives. L'abstention massive des militaires et paramilitaires est un premier coup de semonce, à l'endroit des apprentis sorciers qui ont mis imprudemment le doigt dans l'engrenage.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur l'état des préparatifs de la commémoration de l'Appel du 16 juin 1999. Après le compte rendu d'étape du Comité préparatoire, le Bureau politique de l'AFP a invité les responsables de l'organisation, à faire de cette commémoration, un grand moment de réflexion "sur le champ de l'effort", afin que la mémoire actualisée soit génitrice de l'action au service des populations.


Fait à Dakar, le 29 mai 2007 

Le Bureau politique de l'AFP