Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 28 octobre 2004

 

Le Bureau Politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 28 octobre 2004, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination des Activités du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale
2. vie du parti

Le Bureau politique de l'AFP a longuement examiné la situation nationale caractérisée par le malaise profond provoqué par l'échec multiforme du gouvernement de Me Wade qui se révèle incapable d'amorcer le moindre mouvement vers la satisfaction des besoins élémentaires des populations.

Le monde rural exsangue, directement menacé par la famine, n'a pas bénéficié de la loi rectificative des finances pour recevoir des vivres de soudure vitaux. Il est en droit d'attendre le respect du chronogramme de la campagne de commercialisation agricole que le Premier Ministre a annoncé, lors de sa Déclaration de Politique Générale. Comme prévu, la mise en place des financements devrait être effective le 5 novembre et la campagne devrait démarrer le 10 novembre. La multiplication des points de vente s'impose, pour pallier les conséquences néfastes du système carreau-usine. Le Bureau politique de l'AFP demande au gouvernement d'éviter de faire appel à des opérateurs véreux. Par ailleurs, notre système de santé qui connaissait déjà des insuffisances regrettables, subit aujourd'hui la pression inquiétante de l'épidémie de choléra, qui n'est plus circonscrite à Dakar.

Au-delà des problèmes d'hygiène et de prévention, de sensibilisation des populations, le Bureau politique souligne la responsabilité du gouvernement, qui n'a pas été à même de concevoir et d'exécuter une bonne politique d'assainissement, de traitement des inondations et des eaux stagnantes. A cette insalubrité environnementale déjà aggravée par le ramassage inefficace des ordures ménagères, s'ajoute la distribution perturbée de l'eau qui provoque des pénuries préjudiciables à la santé des populations.

C'est la raison pour laquelle, le Bureau politique de l'AFP déplore les délestages intempestifs et de plus en plus fréquents de la Sénélec qui aggravent les pénuries d'eau et, par ailleurs, installent l'insécurité dans les villes, particulièrement à Dakar. En ce qui concerne les régions périphériques, le BP de l'AFP engage les tenants du pouvoir actuel à se pencher sérieusement sur la recrudescence des faits de violence, pour sécuriser les populations victimes de bandes armées, dont la multiplication est l'objet d'une vive préoccupation.

Au lieu de s'employer à prendre à bras le corps ces urgences, le pouvoir actuel s'obstine à peindre un tableau idyllique de la situation nationale, en multipliant les rêves qui sont devenus de vrais cauchemars pour les Sénégalais, notamment pour les démunis. La spéculation foncière qui supprime les équipements collectifs et piétinent l'intérêt général est intolérable. Le Bureau Politique exprime sa solidarité aux populations du Plateau et de Rebeuss, tout particulièrement aux jeunes, qui paient les frais d'une transaction aux contours nébuleux dont la conséquence immédiate est la perte du Stade Assane DIOUF.

Le dossier des Elections n'échappe pas à ce manque de transparence. Le louvoiement et la ruse ne sauraient se substituer à l'ouverture d'un dialogue sincère entre le gouvernement et les partis légalement constitués, pour épargner à notre pays des soubresauts préjudiciables à la paix civile et à la stabilité. Le pouvoir actuel a l'obligation de respecter, ses engagements relatifs à la création d'une Commission cellulaire indépendante, avec des personnalités intègres et neutres, qui pourrait organiser le dialogue avec les partis politiques, pour soumettre au Président de la République des conclusions relatives à l'évaluation des dernières élections, du système électoral et à la création de la CENA. Si la démocratie sénégalaise n'avance pas après mars 2000, elle ne saurait souffrir une régression à contre-courant du mouvement historique.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique a examiné et adopté le calendrier d'activités du Parti pour le prochain semestre. Le Bureau politique recommande l'exécution de ce calendrier avec esprit de méthode et organisation, en concertation avec les responsables et les instances du Parti.



Fait à Dakar, le 28 octobre 2004

La Bureau Politique de l'AFP