Communiqué de la réunion du Bureau politique de L'AFP 

Jeudi 28 septembre 2006

 

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 28 septembre 2006, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination, en l'absence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a passé en revue les principales difficultés avec lesquelles notre pays et les populations sont confrontés, du fait de l'incompétence et des choix hasardeux du gouvernement de Me Wade qui, telle l'araignée prise dans sa propre toile, se débat inutilement.

Les tenants du pouvoir ont réussi de tristes prouesses, à savoir la destruction des fondements de notre économie, la dégradation des conditions de vie et du cadre de vie des Sénégalais. Avec l'effondrement des I.C.S. et l'immobilisme qui frappe les gisements d'or et de fer du Sénégal Oriental, la capacité minière de notre pays est réduite aujourd'hui à néant, malgré le potentiel énorme de ce secteur.

Le Bureau politique de l'AFP engage les tenants du pouvoir à conclure au plus vite un accord de partenariat pour sauver les I.C.S. d'une mort, dont les conséquences seraient catastrophiques pour le Sénégal, notamment pour l'agriculture qui subit déjà la rareté et le renchérissement de l'engrais.

Malgré l'asphyxie du monde rural consécutive à la mort de la filière arachidière et à l'appauvrissement des paysans, le gouvernement continue de développer son discours verbeux, bien loin de la réalité douloureuse. Il est temps de mettre fin à l'improvisation aventureuse illustrée tout particulièrement par les programmes spéciaux, nébuleux et jamais évalués au grand jour.

Le Bureau politique de l'AFP invite le gouvernement de Me Wade à arrêter la pénible agonie du monde rural, en dialoguant avec tous les acteurs, et en prenant les mesures urgentes qui s'imposent, pour reconstruire le capital semencier, la carte variétale et relancer la production agricole, en organisant de véritables campagnes de commercialisation, pour mettre fin au découragement qui gagne le monde rural. La distribution de vivres de soudure constitue une autre priorité de l'heure, pour éviter la disette, voire la famine.

Par ailleurs, l'anémie du tissu industriel est provoquée, entre autres, par un endettement bancaire insupportable, du fait de l'Etat qui n'a pas honoré ses engagements, en reconstituant une dette intérieure qui était pratiquement inexistante en 2000.

La production et la distribution régulières de l'électricité sont un autre impératif auquel l'Etat doit faire face, en assainissant la gestion de la Sénélec en opérant les investissements pour moderniser l'équipement. Le règlement de la crise énergétique qui frappe le Sénégal passe également par la relance des activités de la S.A.R., et l'épongement de la dette de l'Etat.

Naturellement, cet environnement peu propice à l'investissement et à la création massive d'emplois, est la principale cause de l'émigration clandestine, qui voit des milliers de jeunes braver désespérément l'océan, en quête d'un avenir plus prometteur. Après avoir occulté l'ampleur de ce phénomène tragique, le gouvernement de Me Wade s'emploie obstinément à rapatrier ces jeunes, dans des conditions assimilables à une nouvelle traite négrière à rebours. Les chiffres sont accablants et alarmants car, alors que le nombre de ces émigrés clandestins entrés en Espagne s'élevait à 4.000 en 2005, il était de 5.000 rien que pour Août 2006, mois où les autorités espagnoles ont enregistré un total provisoire de 20.000 rescapés de l'aventure périlleuse. Au même moment, il y avait déjà 600 victimes !

Cette tragédie comparée à celle du "JOOLA", avec ses conséquences dans le tissu social et les familles, devrait amener les tenants du pouvoir à prendre la vraie mesure de la gravité de la situation. Les révoltes inédites des populations, sur toute l'étendue du territoire national, notamment à Matam, Colobane et Ouakam constituent d'authentiques coups de semonce que tout gouvernement responsable devrait intégrer dans sa grille de lecture, pour éviter l'irréparable.

Aucune propagande, aucun accaparement effréné des médias d'Etat ne peut créer dans l'esprit des Sénégalais une situation virtuelle qui leur fasse oublier les turpitudes de gouvernants, qui ne font rien pour mettre un terme au gaspillage, au train de vie déraisonnable de l'Etat et à la corruption révoltante.

Malgré ce tableau sombre, le Bureau politique de l'AFP salue la victoire des anciens combattants des ex-colonies françaises, qui vont voir leurs pensions alignées sur celles de leurs camarades de l'Hexagone. Cet acquis, qui est la conséquence d'une très longue lutte, n'a rien à voir avec les gesticulations tapageuses et coûteuses du régime de Me Wade, quoiqu'en dise ses laudateurs impénitents.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique a adressé ses vives félicitations au Mouvement National des Jeunes pour le Progrès (MNJP), à son bureau et à son encadrement, qui ont organisé le samedi 23/09/06 à l'ENDSS, un Séminaire sur l'Emploi, l'Emigration clandestine et l'Education. Ce Séminaire a permis, aux représentants des 11 régions, d'entendre d'importantes communications, et de profiter des enseignements du Secrétaire Général de l'AFP, M. Moustapha Niasse, qui, avec une approche didactique, a notamment expliqué aux jeunes du Parti, les causes de la crise énergétique, en entrevoyant des solutions aux dossiers cruciaux qui concernent l'avenir de notre pays.

 


Fait à Dakar, le 28 septembre 2006 

Le Bureau politique de l'AFP