COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Jeudi 28 juillet 2011

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le 28 juillet 2011, sous la présidence de Monsieur Moustapha Niasse, Secrétaire Général du parti, autour de l’ordre du jour suivant:

1. Situation nationale ;
2. Vie du parti ;
3. Questions diverses.


Examinant la situation nationale, le Bureau politique de l’AFP a mis l’accent sur l’aggravation constante de la pauvreté, la cherté de la vie, le chômage des jeunes et l’abandon du monde rural. L’environnement économique malsain instauré par le régime de Wade a provoqué un phénomène de désinvestissement dans tous les secteurs productifs. Ces dossiers et les problèmes qu’ils induisent méritent une attention particulière dans une recherche méthodique des solutions les plus appropriées. Ces solutions se trouvent dans une prise en charge fondée sur de solides convictions républicaines et sur un sens élevé de l’Etat.

La situation en Casamance, qui empire de jour en jour, prive la région Sud de notre pays d’une paix et d’une sécurité durables, conditions sine qua non pour un développement économique et social harmonieux, qui concerne en définitive tout le Sénégal. Face à cette situation, le peuple a compris que le temps est venu d’agir de manière concertée.

Le Bureau politique se félicite de la mobilisation, le 23 juin 2011, des jeunes, des travailleurs, des personnes du 3ème âge, en fait de tout le peuple sénégalais, pour faire barrage au projet anti-démocratique de Wade et de son régime qui a été une tentative d’instaurer un ticket présidentiel pour 2012. Cet événement historique qui a vu la naissance et le développement de Mouvements citoyens venus élargir l’espace des Organisations de jeunes, de la Société civile, de travailleurs des secteurs public et privé, et des Sénégalais de l’Extérieur, confirme la maturité de tout un peuple prêt à défendre, à tout prix, ses libertés et ses droits. C’est le réveil d’une prise de conscience affirmée des masses populaires sur la double nécessité de faire partir Wade et son régime d’une part, et d’ériger un Etat de Droit pour reconstruire le pays sur des bases de transparence et de gouvernance démocratique, d’autre part.

Le M23, qui a réussi une grande mobilisation, le 23 juillet, à la Place de l’Obélisque, a confirmé qu’il était capable de relever le double défi de l’engagement en mouvement et de la pertinence de la lutte qui a commencé un mois plus tôt. Il est aujourd’hui évident qu’Abdoulaye Wade ne peut plus faire pour le Sénégal ce qu’il n’a pu faire depuis douze années qu’il se trouve à la tête de notre pays.

A l’origine de cette situation, plusieurs handicaps dont les principaux ont été et demeurent la légèreté dans l’exercice du pouvoir d’Etat et la conduite des missions de service public, la corruption et la concussion comme en attestent de multiples affaires de type mafieux, identifiées et déplorées, sur la gestion des deniers publics et des ressources de la nation. Sans oublier les scandales financiers répétés et avérés, les interventions désordonnées et sans aucune base légale effectuée sur les espaces fonciers dans les villes comme dans les zones d’exploitation agricole. Au surplus, la multiplication incontrôlée des Agences, organismes budgétivores et inefficaces, toutes logées à la Présidence de la République, prouve, s’il en était encore besoin, que la mal gouvernance a été érigée en système par le régime de Wade.

Toutes ces données, aujourd’hui incontestables, ont conduit à la stagnation, voire à l’arriération économique, à l’affaiblissement progressif de la notion de respect du citoyen vis-à-vis de ceux qui animent les structures de l’Etat au sommet, à commencer par le chef de l’Etat lui-même. D’autant que celui-ci n’hésite pas à affirmer et à réaffirmer qu’il n’accorde aucun sens à la parole donnée et n’attache aucune importance aux engagements pris, donc au sens même de sa mission, contrairement au serment qu’il a publiquement prêté, devant Dieu et devant les hommes, en accédant à ses fonctions en l’An 2000.

Il est heureux de constater qu’aujourd’hui, le Sénégal a pris conscience, dans ses composantes essentielles, que des mesures pratiques et concrètes doivent être prises pour mettre fin à une telle situation. Le peuple, dans cet esprit, a acquis la légitime conviction qu’après avoir confié à Wade, en l’An 2000, les rênes de l’Etat par le suffrage universel, dans des conditions incontestables, ce même peuple a le plein droit, par la même voie des suffrages, en février 2012, de lui confirmer qu’il lui a retiré sa confiance. C’est sur la base de cette réalité que la mobilisation en cours s’opère et qu’elle va se poursuivre en rassemblant, de plus en plus, toutes les forces vives de la nation. Le phénomène est irréversible et il y a lieu de le souligner pour s’en féliciter. Plus particulièrement, les provocations répétées, perpétrées par le régime de Monsieur Abdoulaye Wade, continueront de recevoir en écho des réactions de ras-le-bol. Les actes d’intimidation et les procédures de harcèlement, ainsi que les convocations à la DIC, sont des comportements condamnables, illégaux et violents qu’il convient de dénoncer avec une extrême vigueur. Le dernier acte de cette nature a été la convocation d’un des leaders du Mouvement Y EN A MARRE.

Ces comportements sont inacceptables.

Dans le même sillage, la nomination de Monsieur Cheikh Gueye, ancien Directeur Général des Elections, comme Ministre chargé des Elections, est, à la fois, une provocation de la part de Monsieur Abdoulaye Wade et un moyen subtil pour organiser un scrutin sans transparence, selon ses propres visées politiciennes.

Le Bureau politique de l’AFP rejette, sans réserve, cette nomination.

Ce que le peuple demande, ce que les femmes du Sénégal demandent, ce que les jeunes de notre pays demandent, ce que demande la totalité des citoyens, c’est que le Ministère de l’Intérieur qui gère l’Administration territoriale soit mis entre les mains d’un ministre qui ne soit membre d’aucun parti politique. Ce qui signifie que le ministre Monsieur Ousmane NGOM ne doit, en aucun cas, rester à la tête du Ministère de l’Intérieur dans le contexte actuel. Sur ce dossier, comme sur d’autres qui portent les urgences, contraintes et exigences liées au présent et au futur de notre pays, le Bureau politique de l’AFP réitère son adhésion totale à l’élan irrépressible d’opposition aux actes que posent Monsieur Abdoulaye Wade et son régime contre la démocratie, les libertés publiques et le développement.

Pour toutes ces raisons, l’AFP salue l’avènement de nouvelles dynamiques de mobilisation et d’action, venues compléter et renforcer les acquis démocratiques et qui capitalisent la volonté populaire déterminée à aller vers des changements qualitatifs et stratégiques, comme l’ont prouvé, avec clarté, les travaux, conclusions et recommandations des Assises Nationales.
C’est, aussi, pourquoi l’AFP estime que rien ne doit être négligé pour renforcer ces dynamiques.

Dans l’unité et avec méthode, toutes ces dynamiques conduiront aux changements qui répondent aux aspirations du peuple et c’est tout le sens qu’il convient de donner au rendez-vous prochain du 26 février 2012 qui revêtira une importance de première grandeur dans l’histoire du Sénégal. Au terme de cette analyse, l’AFP, se souvenant du contexte historique qui l’a vu naître, a, plus que jamais, une conscience aigüe du rôle qui lui revient et qu’elle est en mesure d’accomplir au sein de la Coalition Bennoo Siggil Senegaal, du Mouvement des Forces Vives du 23 juin 2011, et dans l’élan national qui doit conduire à la victoire du peuple contre les forces du mal et contre les fossoyeurs de la République. Dans ce cadre, l’AFP et ses dirigeants entendent poursuivre le renforcement du parti, à tous les niveaux, et la poursuite du dialogue direct, franc et total engagé avec les populations de notre pays depuis plus de douze années.

Sur la vie du parti, le Bureau politique a fait le point de la mise en œuvre progressive des Résolutions et Recommandations du Congrès du 26 mars 2011.

A cet égard, les programmes assignés aux femmes, aux jeunes et aux cadres du parti ont fait l’objet d’une évaluation précise, suivie des directives nécessaires en ce qui concerne l’occupation du terrain, l’animation des structures, la mobilisation et la formation des militants.

Le Bureau politique de l’AFP a tenu à réaffirmer que le parti est plus que jamais en action pour contribuer à la finalisation, avec succès, du processus devant conduire à une candidature de l’unité, au sein de la Coalition Bennoo Siggil Senegaal, et de rassemblement de toutes les forces vives de la nation, dans un esprit d’ouverture concertée.

Le Bureau politique de l’AFP, dans le même esprit d’une gestion responsable du dossier des prochaines échéances électorales, a tenu à réaffirmer que la candidature annoncée de Monsieur Abdoulaye Wade, pour un 3ème mandat à la tête de l’Etat, est irrecevable au regard des dispositions de la Constitution actuelle. 

Fait à Dakar, le 28 juillet 2011 

Le Bureau politique de l'AFP