COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 27 décembre 2010

Le Bureau politique de l’Alliance des Forces de Progrès s’est réuni le lundi 27 décembre 2010, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l’ordre du jour suivant :

Situation nationale ;
Vie du Parti.

Le Bureau politique de l’AFP a examiné avec une attention soutenue la situation nationale à la lumière des événements qui ont jalonné l’année 2010 qui est en train de s’achever. Un bref regard sur notre pays et ses populations permet de constater aisément le blocage de l’économie du pays, du fait de l’effondrement des principaux secteurs qui ont constitué pendant longtemps le moteur de la croissance. L’appauvrissement des Sénégalais est visible partout. Le chômage, notamment celui des jeunes, est devenu endémique et les investissements directs étrangers se font toujours désirer, à cause d’un environnement des affaires peu reluisant. Ce sont ces données têtues qui gouvernent aujourd’hui la vie nationale, au rythme des actes de résistance et de rébellion contre l’arbitraire et les dérives du pouvoir en place.

Le monde rural est la première victime des politiques meurtrières des pseudos-libéraux qui entretiennent la nébulosité dans toutes les décisions relatives aux étapes du cycle des activités agricoles, depuis la période des intrants et des semences, jusqu’à la commercialisation, en passant par la protection des végétaux. En 2010, comme pendant les huit dernières années, le monde rural a été victime de l’impéritie, de décisions douteuses et coûteuses dans la gestion du calendrier, des conséquences du choix des intermédiaires et des interlocuteurs, souvent pour satisfaire l’appétit démesuré d’une clientèle politique qui exige le salaire d’un soutien intéressé. La conséquence de tout cela, c’est une paupérisation galopante, avec une diminution de revenus aggravée par la spirale inflationniste et la détérioration des termes de l’échange. Evidemment cette situation explique, en partie, le rétrécissement du marché intérieur, qui est préjudiciable à l’industrie.

En outre le secteur secondaire est lourdement pénalisé par le coût des facteurs de production, notamment celui de l’énergie, dont la crise continue de s’aggraver, malgré les effets d’annonce et les qualités déclarées et célébrées du nouveau responsable du département de tutelle. Excédés, les ménages s’organisent dans les quartiers et provoquent régulièrement des émeutes, comme à Guédiawaye, il y a deux jours, pour crier leur ras-le-bol face aux mensonges d’Etat et à l’incompétence unanimement constatée. Pour le Bureau politique de l’AFP, parler de pays émergent dans ces conditions où les délestages reviennent de plus belle, relève de la mauvaise foi, de l’escroquerie et de la manipulation.

Bien entendu, les secteurs sociaux comme l’Education, la Santé et la Culture continuent de pâtir d’une telle situation. La corruption et le gaspillage ambiants sont sans aucun doute les causes des difficultés que le ministère des Finances éprouve pour payer les services faits des enseignants et des personnels de la Santé publique. Si on complète le tableau par l’accroissement exponentiel des effectifs dans les établissements de tous les ordres, avec le malaise subséquent des élèves et des étudiants, on comprend aisément les graves menaces qui planent sur l’école sénégalaise, menaces qui hypothèquent de manière inquiétante les résultats du combat stratégique pour la conquête du savoir et du savoir-faire. Quant au secteur de la Santé, l’état de dénuement dans lequel se trouvent les hôpitaux publics met à nu l’échec patent du pouvoir en place, dans sa volonté déclarée de relever le plateau technique de nos hôpitaux et d’autres structures sanitaires. Dix ans après les populations attendent toujours le fonctionnement des hôpitaux de Fatick, Kolda et Ziguinchor, conformément aux projets initiaux. Les mains tentaculaires de la corruption sont passées par là.

Cet échec est tout aussi criard dans le domaine de la culture, avec la vitrine craquelée que présente le troisième Festival Mondial des Arts Nègres. Qu’il s’agisse des acteurs de la culture, des invités, de la cible que constituent les populations ou des observateurs, le mot échec est décliné à l’infini, face aux innombrables couacs dans la conception, le financement, la programmation et le déroulement de l’événement. Le contribuable est en droit d’exiger des comptes clairs après cet immense gâchis, dont le principal responsable est Monsieur Wade lui-même, qui a procédé, seul, comme à son habitude, à tous les choix politiques et stratégiques, dont celui des hommes et des femmes, ce qui est déterminant en la matière.

En ce qui concerne le processus électoral, le Bureau politique de l’AFP dénonce avec la dernière énergie les manœuvres des fraudeurs zélés du ministère de l’Intérieur, qui ont repris du service, à quelques mois de la Présidentielle de 2012, pour tenter de neutraliser le Comité de Veille, en le confinant dans les limites restreintes du fichier électoral en excluant de ses compétences la revue du Code électoral et la surveillance de tout le processus électoral. Le Bureau politique tient à mettre en garde solennellement les fraudeurs impénitents et leurs commanditaires car la mascarade de 2007 ne se renouvèlera plus jamais, tant il est vrai que l’on ne saurait accepter l’inacceptable. On ne peut pas faire le choix délibéré de l’inexistence d’une CENI, à laquelle on a substitué une CENA fragilisée, peu fiable, tout en refusant la surveillance du processus électoral par les experts neutres des bailleurs de fonds. C’est précisément ce souci de transparence qui a amené le Bureau politique de l’AFP à suivre au jour le jour l’évolution de la crise en Côte d’Ivoire, où les enjeux dépassent les frontières de ce pays frère. Plus que jamais la transparence des élections participe de la stabilité des pays africains, du Sénégal en particulier.

A cet égard, il est grand temps d’emprunter les sorties de crise dans les dossiers de la Casamance, où les solutions existent si les pouvoirs publics sont habités par l’esprit de méthode, de tempérance et de justice. Cela concerne tout d’abord le choix des objectifs, des interlocuteurs et du calendrier. C’est à ce prix que le problème de l’insécurité sera résolu dans la partie Sud de notre pays, comme dans les autres régions périphériques.




Fait à Dakar, le 27 décembre 2010 

Le Bureau politique de l'AFP