COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 27 septembre 2010

Le Bureau politique de l’AFP s’est réuni le lundi 27 septembre 2010, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l’ordre du jour suivant :

1. – situation nationale ;
2. – vie du Parti.


A l’occasion de la huitième commémoration de l’inoubliable tragédie du bateau Le Dioola, le Bureau politique a tenu, tout d’abord, à s’incliner devant la mémoire des victimes et exige du gouvernement la satisfaction immédiate des revendications des familles, notamment le renflouement du bateau et la prise en charge des pupilles de la nation. Il est illusoire de vouloir poser la chape de l’oubli sur la tragédie du 26 septembre 2002. La mémoire collective prendra le dessus sur cette volonté cynique qui tente d’effacer la responsabilité entière et totale du gouvernement de Me Wade dans la plus grande catastrophe de l’histoire de la marine.

Le Bureau politique de l’AFP a, ensuite, consacré sa session à l’examen du dossier relatif aux politiques publiques d’éducation, de formation et de création d’emplois pour les jeunes. Les déficiences constatées dans ce domaine entraînent la nécessité de repréciser le caractère stratégique d’un secteur qui concerne la qualité des ressources humaines, c’est-à-dire, les acteurs du développement. En annonçant souvent que 40 % du budget national sont consacrés à l’éducation et à la formation, pour les résultats que l’on sait, caractérisé par de nombreux dysfonctionnements au sein et entre les différends ordres d’enseignements, les tenants du pouvoir reconnaissent, présentement, le grand fossé creusé en la matière au détriment du pays.

L’esprit et la vocation de toute politique publique de développement cohérent et concerté se fondent sur la formation des cerveaux. Les choix les plus pertinents, dans les domaines de l’éducation et de la formation, ont constitué un élément déterminant dans la course des nations vers l’amélioration de leur niveau de développement économique, social et culturel. Depuis un demi-siècle, des pays en Afrique du Nord, en Afrique australe et en Asie ont pu, progressivement, atteindre un niveau élevé de croissance reconnue par tous, grâce à de bonnes politiques de formation.

En effet, depuis une trentaine d’années, les pays du Sud qui ont le plus réussi en matière de croissance économique sont ceux-là qui ont mis l’accent sur la qualité d’une éducation planifiée, depuis l’Ecole élémentaire jusqu’à l’Université et jusqu’aux sphères élevées d’une formation choisie et conduite vers les filières professionnelles qui produisent un développement durable. Les résultats atteints sont éloquents.

La pertinence des chiffres ne saurait être appréciée en dehors d’un certain nombre de paramètres liés notamment aux sommes investies et aux résultats obtenus. Par exemple, au-delà du nombre de bacheliers, il convient de se pencher sur leur répartition entre les filières dites scientifiques et les filières littéraires. En effet, il est inconcevable que sur les 60.000 étudiants qui fréquentent l’Université Cheikh Anta Diop, environ la moitié est inscrite à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines. La correction de cette distorsion passe par des mesures d’incitation qui privilégient les séries scientifiques, notamment l’octroi de bourses incitatrices dès le début du second cycle de l’enseignement secondaire, voire dès le premier cycle. A cet égard, une mesure de valorisation de la bourse allouée aux étudiants sénégalais à l’étranger doit être prise sans délai. En effet, comment une bourse de Trois Cent Soixante Dix Euros peut-elle couvrir les frais mensuels d’un étudiant en France ?

Par ailleurs, le contingentement des inscriptions en fonction des capacités d’accueil des établissements semble impératif, pour assurer des conditions de travail acceptables, le ratio enseignants/enseignés devant être pris en compte, en considérant les normes universelles qui sont adaptées à la nature de chaque enseignement. Une introspection et une évaluation s’imposent dans la mesure où, dans certains établissements, les effectifs ont doublé alors que le nombre de diplômés diminue.

Le fondement solide de cet impératif s’inscrit dans une logique d’ambitions sur l’avenir. C’est qu’il convient, dans toute la mesure du possible, de former les élites et les cadres de demain en créant, au préalable, les filières adéquates sur des espaces conséquents d’emplois effectifs.
En effet, la relation logique entre éducation – formation et création d’emplois s’inscrit, en lettres d’or, dans les politiques publiques que promeuvent des gouvernements conscients. Ainsi la marche vers le développement repose dans la logique d’une cohérence et d’une vision susceptibles de maîtriser les enjeux du présent et les promesses de l’avenir.

L’AFP considère que les secteurs de l’éducation et de la formation sont des priorités à inscrire au fronton des programmes de développement des gouvernements les plus conscients sur le continent africain. En plus, la formation du citoyen doit nécessairement intégrer les volets éducation civique et valeurs de citoyenneté, pour profiler des agents du développement ayant une conscience aiguë de leurs missions, avec, comme viatique, le ciment de notre culture.

Abordant le dernier point de l’ordre du jour, le Bureau politique de l’AFP a adressé ses vives félicitations au Mouvement National des Jeunes pour le Progrès (MNJP) qui a brillement lancé, à Mbour, le samedi 25 septembre 2010 la tournée nationale de ce Mouvement intégré, aux fins de participer activement à l’animation du parti. Le Bureau politique a, ensuite, entendu les 6 communications suivantes : de M. Madieyna Diouf, sur les conclusions de la Commission nationale de préparation du Congrès, de M. Pape Mody Niang, sur les conclusions de la Commission Stratégie et Orientation, de M. Alioune Sarr, sur 3 dossiers techniques confiés à l’ANCP, de M. Bouna Mohamed Seck, sur le processus électoral, de M. Mbaye Dione, sur la préparation de la prochaine Conférence nationale des Jeunes, de Mme Maïmouna Gueye Fall sur la prochaine Conférence nationale des Femmes.

Le Bureau politique a engagé tous les camarades concernés à assurer le suivi correct des décisions prises, en vue de la préparation du Congrès du 15 janvier 2011, dont les enjeux dépassent largement les limites classiques des instances d’un Parti. En effet, il s’agit, pour l’AFP, de se hisser à la hauteur des graves impératifs de l’heure qui amènent les Sénégalais à s’organiser pour se libérer et préparer l’avenir.

Le parti, à cet égard, dispose largement des ressources humaines, de l’expérience des capacités et des ambitions légitimes nécessaires pour accomplir de telles missions au service du peuple du Sénégal.


Fait à Dakar, le 27 septembre 2010 

Le Bureau politique de l'AFP