COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 27 juillet 2009

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le lundi 27 juillet 2009, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Coordonnateur national, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.


Le Bureau politique de l'AFP a procédé à des échanges sur la situation nationale, toujours rythmée par des scandales au milieu d'une mer d'impunité. Après Mbane et les terrains de l'Aéroport, le boa Pds tente de digérer difficilement ses dernières forfaitures. C'est dans ce contexte que le sixième Premier ministre de Me Abdoulaye Wade en neuf ans, s'est livré à l'exercice de la Déclaration de Politique Générale, exercice complètement vidé de sa substance, comme l'a montré la prestation du jeudi 23 juillet 2009.

En effet, à la lecture du texte décousu, le manque de vision est évident, tant il apparaît qu'il s'est agi d'une addition de contributions de ministères qui, sous le régime de Me Wade où l'initiative est interdite, n'ont aucune prise sur le réel. L'intérêt du discours du Premier Ministre ne réside pas sur ce qu'il dit sans y croire lui-même, mais sur ce qu'il tente d'occulter et qui est visible comme le soleil de midi : la crise multiforme, multidimensionnelle qui frappe, telle une pieuvre démultipliée, notre pays et ses populations qui s'interrogent, s'interrogent et s'interrogent encore. La litanie qui a été débitée pendant de longues heures confirme l'incapacité des tenants du pouvoir à effectuer un diagnostic précis des maux du Sénégal, à définir ses priorités et à prendre à bras le corps les vraies questions stratégiques et ponctuelles qui assaillent notre cher pays.

Le gouvernement est passé à côté de son sujet, qu'il s'agisse des grands dossiers de l'Aménagement du territoire, de la relance de la production, de l'Agriculture, de l'Industrie, de l'Energie, de l'Hydraulique, des Infrastructures, de la Pêche, du Tourisme, de l'Emploi, de l'Education, de la Santé, de la Culture, du Sport ou de l'Environnement. Quant au coût de la vie et au développement des luttes sociales, c'est très certainement à cause de l'indifférence, de l'incompétence et du manque de volonté politique que le gouvernement ne tente même pas de trouver des pistes de solutions qui puissent faire espérer les populations.

L'aspect le plus révoltant, c'est cette obstination à mépriser les Sénégalais, en leur servant sans sourciller une Goana II, après la première, fausses statistiques à l'appui. Goana I, on le sait, a été la clé de voûte de l'accaparement à outrance des terres les plus fertiles de nos braves paysans, que n'occultent point ces fausses statistiques. L'indigence du propos apparaît également quant le problème de l'Emploi est posé, avec l'évocation de structures tristement célèbres comme le F.N.P.J., l'A.N.E.J.E., ainsi que les nouvelles sucettes que sont l'Office National pour l'Emploi et le "programme Emploi Jeunes Durable". Quand on sait que quelque 130.000 jeunes frappent aux portes du marché de l'Emploi chaque année, on mesure le caractère dérisoire des chiffres avancés, par exemple, pour ce nouveau soi-disant programme : 1.500 permanents et 3.000 saisonniers.

A cet égard, le gouvernement aurait dû avoir l'honnêteté de souligner l'immense gâchis des emplois menacés ou perdus du fait de la mal gouvernance, de la corruption, de l'affairisme d'Etat et de l'arrogance. Les exemples sont là : les Industries Chimiques du Sénégal (ICS), Jean Lefebvre Sénégal (JLS), Afrique Air Assistance. L'indignation des Sénégalais a été cristallisée dans la marche des travailleurs de Jean Lefebvre, qui donnent la véritable image du Sénégal sous Me Wade, où le projet monarchiste indécent et suicidaire détermine les priorités et les choix du pouvoir en place. Tout le reste n'est que délire verbeux et masque dérisoire pour faire avaler une pilule qui ne passera jamais.

En ce qui concerne la grève des pharmaciens, au-delà du problème de la sécurité de l'emploi qui est posé, il s'agit d'un dossier de santé publique, dans la mesure où la vente de médicaments dans le circuit informel constitue un grave danger.

Face à l'incurie généralisée et à l'incapacité du régime de Me Wade à se ressaisir, le Bureau politique de l'AFP réaffirme sa volonté de poursuivre la lutte du Parti aux côtés de toutes les forces de progrès de notre pays, et d'abord au sein de la coalition Bennoo Siggil Senegaal. Le réflexe totalitaire que développe de plus en plus le gouvernement de Me Wade implique en effet la nécessité urgente de fédérer tous les foyers de résistance et de configurer la lutte du peuple en termes de libération.

Cependant, il ne s'agit guère de remplacer un joug par un autre, qu'il soit celui d'un illuminé solitaire ou d'un faux messie qui tenterait d'emprunter les sentiers tordus de la ruse. L'ère des hommes providentiels est terminée et bien terminée. La notion de leadership doit être relativisée au vu du contexte, en tenant compte de la nécessité de poursuivre la lutte, dans un élan unitaire, solidaire et dans la loyauté, pour aboutir, avec méthode, à un régime politique où le schéma institutionnel garantisse l'équilibre et la séparation des pouvoirs.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a tout d'abord adressé ses vives félicitations au camarade Alioune Sarr, Coordonnateur de l'Alliance Nationale des Cadres pour le Progrès, à son équipe ainsi qu'à tous les membres. Structure affiliée au Parti, l'ANCP a tenu, avec un éclatant succès sa troisième Assemblée générale ordinaire, à l'issue de laquelle ses organes ont été renouvelés et un règlement intérieur a été adopté. Le Bureau politique encourage l'ANCP à poursuivre ses importantes missions de réflexion et d'actions articulées à la lutte du Parti pour un Sénégal libre, empruntant résolument les chemins escarpés du développement concerté, dans le cadre d'un Etat républicain fort, crédible et juste.

Le Bureau politique engage également les femmes et les jeunes à exécuter leurs programmes d'activités, notamment en direction du deuxième Congrès ordinaire de l'AFP, qui doit constituer un jalon déterminant dans la lutte pour la libération de notre pays des serres du Parti-Etat.


Fait à Dakar, le 27 juillet 2009 

Le Bureau politique de l'AFP