Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi, 27 avril 2006


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 27 avril 2006, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination et des Activités du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

A la veille de la célébration de la fête du 1er mai, le Bureau politique de l'Afp a perçu la clameur par laquelle les travailleurs de tous les secteurs d'activités expriment leur déception, leur désarroi et leur indignation, face aux mauvais réflexes du gouvernement de Maître Wade qui pense que tous les conflits, y compris ceux qui relèvent du mouvement social, doivent être réglés par la ruse ou par la violence. Non seulement la gestion de la grève qui a frappé la nébuleuse Dakar-Dem-Dik illustre ce constat, mais elle rappelle les conditions obscures qui ont présidé à la création de cette société. Parallèlement, le corps enseignant et les travailleurs de la santé continuent d'exiger le respect des promesses des tenants du pouvoir qui se réfugient toujours dans le louvoiement. Le Bureau politique de l'Afp exprime son soutien à l'ensemble des travailleurs en lutte pour améliorer leurs conditions de vie.

Ces luttes syndicales ne sont que le reflet du sort global du peuple sénégalais sous Me Wade. Ce sort est peu enviable, eu égard à la misère qui a gagné le monde rural, à l'insécurité qui n'épargne ni les régions périphériques, ni les grandes villes, où le grand banditisme se développe à une vitesse exponentielle. En outre, partout dans le pays, les délestages se poursuivent, ainsi que les coupures d'eau, occasionnant de nouveaux désagréments préjudiciables à la sécurité et à l'hygiène.

Face à ce tableau peu reluisant, l'Etat ne trouve guère le temps de remplir les missions qui lui incombent, en faveur de l'intérêt général, parce que ses services sont détournés pour assouvir des ambitions électoralistes et satisfaire les préoccupations d'une clientèle.

Dans la gestion du processus électoral, cette logique est poussée jusqu'à la caricature. Voilà qu'on annonce le montant de 200.000 dollars octroyés par l'Etat sénégalais à un pays frère, pour y appuyer le processus électoral, alors que les législatives de 2006 au Sénégal ont été reportées, officiellement pour des raisons financières. Par ailleurs, tous les observateurs ont constaté le dénuement dans lequel travaillent, au Sénégal, les commissions administratives d'inscription sur les listes électorales, alors qu'elles ne couvrent même pas l'ensemble du territoire national.

L'aveuglement et le cynisme des tenants du pouvoir sont apparus au grand jour lors des travaux de la commission ad hoc chargée de la revue du code électoral. Lors de la séance du 26 avril 2006, les plénipotentiaires de l'opposition ont compris pourquoi ladite commission a été bloquée pendant plus de huit mois. En effet, tournant complètement le dos à l'éthique et à la parole donnée, le clan de Me Wade n'a pas hésité à revenir sur le consensus relatif au bulletin unique, au scrutin majoritaire à deux tours pour l'élection des députés, au niveau départemental, et au découplage des élections. En plus, ce clan a eu l'aplomb de proposer la suppression du deuxième tour pour la présidentielle. Le Bureau politique de l'Afp dénonce cette dangereuse fuite en avant et exige que le dialogue soit ouvert pour traiter en urgence et en profondeur le dossier du processus électoral afin d'éviter à notre pays une catastrophe non souhaitable.

Malheureusement, cette malgouvernance n'épargne même pas les grands dossiers de la diplomatie sénégalaise, comme le prochain sommet de l'OCI. Pour le Bureau politique de l'Afp, le report souhaité par le Président Wade commande une réflexion profonde sur la conduite des différentes phases de la gestion de cet événement, pour que notre pays puisse bénéficier pleinement de ses retombées.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'Afp a évalué le déroulement du programme trimestriel du parti dans le pays. A cet égard, le Bureau politique adresse ses vives félicitations aux responsables et aux militants de Joal-Fadiouth, Simal, Sédhiou, Kaffrine et Nioro, qui ont procédé avec efficacité à l'animation des structures de base. Le Bureau politique encourage ces mobilisations populaires qui sont à même de préparer le parti à apporter une contribution importante dans la résistance contre les dérives inacceptables des tenants du pouvoir.


 

Fait à Dakar, le jeudi 27 avril 2006

Le Bureau politique de l' AFP