COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 26 octobre 2009

 

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le lundi 26 octobre 2009, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire national chargé de la Coordination des Activités du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

Situation nationale ;
Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a examiné la situation nationale plus que jamais rythmée par les forfaitures et les dérives à répétition des tenants du pouvoir, qui ont exporté sur la scène internationale leurs turpitudes. Celles-ci les laissent apparaître, en fin, tels qu'ils sont : des adeptes de la mal gouvernance caractérisée, en rupture de ban par rapport à l'éthique républicaine, à l'éthique tout court.

Après la parodie électorale de février 2007, après les sommes astronomiques englouties dans l'opacité totale par l'ANOCI, voilà que l'affaire Segura, condensé de médiocrité inattendue, pollue les relations du Sénégal avec les bailleurs de fonds, au milieu d'une atmosphère dominée par une forte odeur de souffre. Même dans leur noyade lamentable, les libéraux à la carte n'arrivent guère à accorder leurs violons. Quand le porte parole du Gouvernement nie toute implication des autorités, le premier Ministre qualifie le montant de 65 millions de " broutilles " et le Ministre des Affaires Etrangères reconnaît la réalité du " cadeau monétaire " en bredouillant l'argument des traditions africaines. Maîtres, l'aveu n'est-il plus la reine des preuves ?

Embourbé dans l'affairisme effréné qui a conduit au bradage du foncier, aux dits dépassements budgétaires, le régime de Me Abdoulaye Wade refuse toujours d'être perméable à la complainte lancinante des populations, qui sont les premières victimes de l'échec multiforme et multisectoriel.

Aujourd'hui, non seulement les principaux poumons de l'économie nationale sont essoufflés, mais la paupérisation galopante ajoute à l'anxiété par rapport à l'avenir de notre pays.

Mais c'est sans compter avec les virtuoses de la manipulation qui, après la trouvaille de la GOANA, sortent de leurs manches, le monument saugrenu de la renaissance africaine dont la nature vogue dans une mer de manipulations, entre les espaces du vœu pieux et de la provocation. Si les jeux servaient les intérêts des Empereurs romains, le Gouvernement de Maître Wade est convaincu que la diversion est au cœur du mode de gouvernance et qu'elle peut même en être la substance.

C'est dans cet esprit qu'l faut comprendre les attaques inqualifiables contre le Professeur Amadou Mahtar Mbow, ancien Directeur Général de l'Unesco, Président courageux et méthodique des Assises Nationales qui n'ont pas fini de provoquer des éruptions cutanées chez les pseudos libéraux et leur chef. Au lieu de se féliciter du combat glorieux que M. Amadou Mahtar Mbow a mené courageusement à la tête de l'Unesco, au service de la vérité, de la justice, de l'égale dignité des peuples et des cultures, voilà que Maître Wade, telle l'incarnation de l'anti Don Quichotte, rue sur une personnalité qui a marqué de son sceau l'histoire du 20ème siècle, personnalité dont le parcours admirable à tous points de vue, fait la fierté, non seulement des patriotes sénégalais et du Tiers Monde, mais de tous les hommes épris de paix et capables de saluer des qualités indéniables chez leurs semblables, malgré les vicissitudes de l'adversité. L'Unesco ayant été historiquement le produit d'un malentendu, M. Amadou Mahtar Mbow a eu le mérite d'affronter ce malentendu en se plaçant fermement sur le sillage de l'Acte constitutif de cette Organisation, qui a fini par retomber dans la réalité des rapports de force qui régissent le monde.

Le Bureau politique de l'AFP engage par conséquent Maître Abdoulaye Wade à changer de grille de lecture, malgré son agressivité clinique, qui l'amène à nier l'histoire individuelle exemplaire de tous les Sénégalais de valeur qui brillent sur la scène internationale, comme Amadou Mahtar Mbow, Moustapha Niasse, Jacques Diouf, Ibrahima Fall, Moussa Touré, entre autres. C'est bien pour cette raison que le Sénégal est moins présent dans les Organisations internationales, depuis l'avènement de Maître Wade.

Cette logique dont la seule boussole est constituée par les intérêts d'un clan, a également amené Maître Wade à proposer, en l'espace de quelques jours, deux formats du dialogue politique totalement différents. Même les actes posés à l'échelle gouvernementale obéissent à l'obsessionnelle préoccupation : durer. Or comme le disait Régis Debré, " durer, c'est tomber ". Le Bureau politique de l'AFP dénonce, avec la dernière énergie, l'esprit de caporalisation des tenants du pouvoir qui n'épargne ni le mouvement navétane ni les paysans dotés d'un ministère de la syndicalisation, ni les malheureux pêcheurs en provenance de Guinée-Bissau à qui un ministre a demandé cyniquement de voter pour les prédateurs impénitents, pour dix millions de francs CFA.

Eu égard à la situation nationale et à l'obsession morbide du pouvoir qui ne se départit pas de son choix de monarchisation de la République, l'AFP lance un appel à tous les partenaires de BENNOO SIGGIL SENEGAAL, à tous les patriotes et à tous les démocrates pour s'inscrire, dans l'unité et la loyauté, dans des perspectives de lutte afin de gagner ensemble et de gouverner ensemble, au profit de l'intérêt général.


Fait à Dakar, le 26 octobre 2009 

Le Bureau politique de l'AFP