Communiqué de la réunion du Bureau politique de L'AFP 

Jeudi 26 octobre 2006

 


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le jeudi 26 octobre 2006, sous la présidence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'Afp s'est tout d'abord incliné, après la disparition du camarade Cheikh Tidiane Dia à Thiès, devant la mémoire de feu le camarade Abdou Mané, Professeur, ancien Député-Maire de Mbour et Coordonnateur de l'AFP dans la Région de Thiès. Homme de principe, courtois et ouvert, à la personnalité trempée dans les valeurs du terroir, Abdou Mané était un grand dirigeant politique, qui se battait pour des convictions fortes au service de son peuple et de sa formation politique. Tour à tour, il avait conduit avec maestria la structuration du mouvement des femmes, du mouvement des jeunes et de la région de Ziguinchor. Le Bureau politique de l'AFP présente ses vives condoléances à sa famille éplorée, aux camarades de la région de Thiès et à l'ensemble des militants du Parti, qui ont perdu un pédagogue généreux et un homme de terrain.

Le Bureau politique saisit cette triste opportunité pour remercier les autorités administratives et les élus, tous les partis politiques et tous les membres de la société civile qui ont témoigné leur compassion en cette douloureuse circonstance.

Abordant la situation nationale, le Bureau politique de l'Afp a de nouveau déploré l'insalubrité, et le calvaire du monde rural, qui n'a toujours pas reçu les indispensables vivres de soudures. En plus, le péril acridien annoncé depuis des semaines par la FAO, a pris forme dans le Nord du Sénégal, à travers les premières invasions.

A quatre mois des élections présidentielles et législatives sujettes à de multiples interrogations, l'appel du Président de la République en direction de l'opposition doit être analysé avec profondeur, pour rechercher et trouver les motivations profondes qui sont à l'origine de cette initiative. Le monde rural vit dans une profonde détresse. La ville de Dakar, couverte de chantiers non identifiables, quant aux objectifs véritables qui en sous-tendent la conception, est devenue impraticable. L'insécurité des citoyens dans Dakar comme à l'intérieur du pays, est devenu une réalité quotidienne et une préoccupation constante, devant l'inertie des pouvoirs publics, du fait des agressions, de jour comme de nuit dont sont victimes les Sénégalaises et les Sénégalais. Les jeunes continuent de braver la mer, sous l'emprise d'une détresse qui n'est plus contestable, malgré les mesures injustes prises, soi-disant pour éradiquer ce phénomène.La rentrée des classes avec les conflits qui sévissent dans le secteur de l'enseignement, ne semble pas avoir été ficelée, avec des solutions concrètes, par rapport aux difficultés récurrentes.

Sous ce regard, l'Alliance des Forces de Progrès a toujours été ouverte au dialogue, comme mode et cadre d'une concertation sérieuse et sincère, pour permettre au Sénégal de prendre en charge les priorités du peuple, au delà des divergences pouvant prévaloir dans tout système démocratique. Autrement dit, le pluralisme politique n'exclut pas le concept de dialogue, mais pour être utile, tout dialogue doit viser des objectifs de progrès et se fonder sur des valeurs morales. La question qui se pose est dès lors, de savoir comment, en quatre mois, les intentions annoncées par le Chef de l'Etat, pourraient aboutir à un climat apaisé ou à des élections libres, transparentes et démocratiques, après une inévitable période de transition, qui permettrait aux Sénégalais de se réconcilier avec eux-mêmes, de gérer ensemble, un pays qui se trouve dans la situation du Sénégal d'aujourd'hui.

Insouciant face à ses difficultés, les tenants du pouvoir poursuivent leurs interminables mises en scènes jalonnées de dérives, comme la nomination d'un ministre, à l'occasion d'une réunion d'une formation politique. En plus, la presse rapporte un entretien au sommet de l'Etat, dont l'objet aurait été l'instrumentalisation des audits et de l'Inspection générale, pour tenter désespérément de neutraliser des adversaires politiques gênants, qui refusent de marchander leur dignité. La récente Loi sur les archives nationales, avec sa terminologie élastique, exprime des préoccupations circonstancielles, en rapport avec les intérêts d'une association privée. Le Bureau politique de l'Afp estime que les tenants du pouvoir doivent savoir que les rites et l'esprit de la République sont immuables et portent une charge constante d'impersonnalité, au service de tous.

Par ailleurs, le déroulement non transparent et cahoteux du processus électoral n'est que le corollaire naturel des dérives autoritaires d'un régime qui a peur du système démocratique dont il tire cependant son origine. Après la quasi neutralisation de la CENA, voilà qu'on nous annonce une phase contentieuse arbitrairement fixée à un mois, malgré l'ampleur des problèmes. Jusqu'à preuve du contraire, le Bureau politique de l'Afp estime que la distribution des cartes d'électeurs fait partie du dispositif de fraude mis en place. Quant à la suppression murmurée du deuxième tour, le Bureau politique de l'Afp considère que cette dangereuse étincelle serait la goutte qui ferait déborder le vase. L'Afp prône la stabilité et la paix civile, mais rejette la fausse paix du cheval et du cavalier, c'est-à-dire tout jeu de dupes.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'Afp a invité le Comité de Coordination à préparer minutieusement le prochain Congrès du Parti. L'exécution du calendrier d'activités du Mouvement national des Jeunes et du Mouvement national des Femmes ainsi que celui des instances de base, doit être des étapes importantes vers ce grand rendez-vous de l'Afp qui consacrera sa volonté inébranlable de participer à l'avènement d'un Sénégal dirigé mieux et autrement. Les thèmes centraux et les manifestations qu'organisent le dimanche 29 octobre 2006 les jeunes du département de Nioro, à Ndiagne-Walo, sous la présidence effective du Secrétaire général M. Moustapha Niasse, constituent une illustration de cette volonté.

 


Fait à Dakar, le 26 octobre 2006 

Le Bureau politique de l'AFP