Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Jeudi, 26 juillet 2006


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le mercredi 26 juillet 2006, sous la présidence de M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, en mission, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur les dernières vicissitudes de la situation nationale, toujours marquée par le style du gouvernement de Me Wade qui estime, à l'image d'un de ses ministres, que les problèmes ont besoin de " réponses " et non pas de solutions. C'est ainsi que les tenants du pouvoir sont prisonniers, jusqu'à la caricature de ceux qu'ils considèrent comme les impératifs de leur communication.

La gestion de la crise du système éducatif et du dossier de la corruption dans la magistrature en sont une illustration patente. En l'espace de quelques jours, le ton du discours gouvernemental est passé du niveau des bas-fonds à celui de la niaiserie qui ne fait plus sourire. Maintenant, voilà que le Président de la République, lui-même, brandit l'arme de la plainte contre les enseignants, pour atteinte aux Droits de l'Enfant. Faut-il rappeler au juriste qu'il est que les droits humains sont indivisibles ? Toutes les personnes citées dans l'affaire Talla Sylla continuent de travailler à la Présidence de la République et à vaquer tranquillement à leurs occupations, alors que les observateurs ont souligné qu'il s'agissait d'une tentative d'assassinat.

Le Bureau politique de l'AFP estime que le régime de Me Wade n'a aucune leçon à donner en matière de respect des lois et règlements de la République. Principal responsable de la grave situation que traverse le système éducatif, à cause de sa stratégie erronée de pourrissement, il doit se ressaisir, faire enfin preuve de responsabilité, en diminuant son train de vie indécent et en satisfaisant les revendications légitimes des enseignants.

Le Bureau politique formule la même exigence de transparence en ce qui concerne la gestion des nombreux fonds consacrés à la lutte contre le chômage et la pauvreté. Qu'il s'agisse du FNPJ, du FPE, du Crédit Agricole ou de toutes les structures liées à la micro-finance, la même opacité anime l'Etat-PDS, qui se soustrait des règles classiques de gestion, pour satisfaire les appétits d'un clan insatiable.

En remontant cinq années plus tard, l'on peut apporter un éclairage sur la véritable signification de la rupture du contrat avec AMA, qui a pris le relais d'ALCYON dans des conditions jusqu'ici non élucidées. Le refus de la transparence est le péché originel qui caractérise la gestion des ordures à Dakar, depuis 2001. Le Bureau politique de l'AFP invite le gouvernement de Me Wade à traiter ce dossier avec la célérité et l'efficacité que requiert le début de l'hivernage, pour éviter d'hypothéquer dangereusement la santé des populations.

En fait, tous ces dossiers, y compris celui du plan " Jaaxay ", qui a servi de prétextes fallacieux pour bouleverser le calendrier républicain, relèvent de la malgouvernance. L'étau de celle-ci continue d'affecter la gestion du processus électoral. Malgré la révolution souvent évoquée par les tenants du pouvoir, la frilosité et la volonté de fraude caractérisent toujours la démarche de ceux qui refusent l'audit du fichier électoral, la diffusion de la carte électorale et un code consensuel. Non content d'avoir neutralisé la commission chargée de la revue électorale, le Ministère de l'Intérieur a organisé, le 26 avril 2006, une session uniquement destinée à casser le consensus obtenu en août 2005. Comme le Ministère de l'Intérieur avait refusé de faire appel à des experts indépendants, ce recul, par rapport à 1992, a permis la rédaction d'un prétendu rapport final qui revient sur l'essentiel, dont le mode de scrutin, et ouvre parallèlement de grands boulevards à la fraude massive. C'est ainsi qu'il faut comprendre la suppression de la mention "A VOTE" sur les cartes d'électeur et la possibilité de confectionner des duplicata.

Le Bureau politique de l'AFP engage tous les démocrates à participer activement, aux côtés des démembrements de la Coalition Populaire pour l'Alternative (C.P.A), à la lutte contre la volonté affirmée du pouvoir actuel d'organiser des élections frauduleuses.

Le Bureau politique de l'AFP demande à tous les militants de l'AFP de prendre part au séminaire sur les questions institutionnelles et l'aménagement du territoire, par l'Alliance Nationale des Cadres pour le Progrès (A.N.C.P), le samedi 29 juillet, au Centre Aéré de la B.C.E.A.O.

Le Bureau politique recommande, également, la même mobilisation lors de la Convention Nationale du Mouvement National des Femmes pour l'Espoir et le Progrès (MOUNFEP), qui aura lieu le dimanche 30 juillet, au CICES.


 

Fait à Dakar, le jeudi 26 juillet 2006

Le Bureau politique de l' AFP