DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 26 juin 2007

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 26 juin 2007, sous la présidence de M. Falilou Kane, Secrétaire national, chargé des Relations Internationales du Parti, en l'absence de M. Moustapha Niasse, en mission à l'étranger, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau Politique de l'AFP a projeté un regard critique sur la situation nationale, caractérisée, ces derniers jours, entre autres, par la mise en place d'institutions comme le gouvernement et l'Assemblée nationale, institutions plombées au départ par la personnalité de Maître Abdoulaye Wade. Son narcissisme débordant, ajouté aux deux mascarades électorales de Février et Juin 2007, a fini de jeter définitivement le discrédit sur le régime en place.

Le culte de la personnalité, qui est dans l'air du temps, rappelle des pratiques d'un autre âge, qui ont déjà montré leurs limites sous d'autres cieux. " Le Chef de l'Etat le plus diplômé du Cap au Caire "¸titre dont l'affublent certains courtisans, fait penser au Caucescu du " génie des Carpathes ". Mû par le sentiment d'infaillibilité qui l'habite, Maître Abdoulaye Wade vient de servir, à la face du monde, un spectacle digne des régimes totalitaires de triste mémoire, qui ont naguère marqué l'histoire des peuples du Tiers Monde.

La pseudo cérémonie de prestation de serment des membres du gouvernement plus que jamais pléthorique, est un coup d'épée dans l'eau, car le système qui génère au quotidien la mal gouvernance et favorise la corruption est intacte. Le Chef d'orchestre est le même et la méthode n'a guère changé. Comme toujours avec Maître Wade, les conflits de compétence entre les départements ministériels sont programmés, dans la mesure où la répartition des services souffrira des incohérences déjà notées dès la première lecture de la liste des membres du gouvernement. En plus, les principaux acteurs de la régression démocratique sont toujours en place, dans des positions stratégiques, qui leur permettront d'accomplir leur besogne, avec un zèle renouvelé.

L'Assemblée Nationale illégitime n'a pas échappé à cette marque indélébile, lors de sa première session, quand elle a été envahie par la majorité Ndiaga Ndiaye , qui est habituée, depuis l'an 2000, à fouler les lieux qui symbolisent la République. Quant au futur " Sénat " de Maître Wade dont il nommera directement les 65 membres et indirectement les 35 autres, c'est une véritable caricature, où le burlesque et le grotesque ont largement leur place. Sous quelle République on a vu un citoyen annoncer publiquement qu'il va être le Président d'une Institution parlementaire dont les membres ne sont pas encore élus, ou plutôt nommés par le Prince ? L'illégitimité fatale de cette monstruosité anti démocratique est d'autant plus inacceptable que c'est le Président de ce prétendu Sénat qui est appelé à assurer éventuellement l'intérim du Chef de l'Etat, dans les situations prévues par notre texte fondamental.

Toutes ces dérives montrent à souhait que Maître Wade, dès son avènement à la Magistrature suprême, de par ses choix, a ouvert et fermé un cycle historique le 19 mars 2000. Mais, pendant que la Cour se livre à la vie fastueuse sous les lambris, à ses intrigues, et est tout occupée à son projet de succession monarchique, les populations continuent de subir les conséquences désastreuses du train de vie de l'Etat, de la flambée des prix et du manque de vision du pouvoir actuel.

Au seuil de l'hivernage, ce n'est pas seulement les paysans qui sont dans le désarroi total, faute de conditions favorables, pour accomplir leur travail. Le plan Jaxaay qui a constitué un des éléments de la mascarade électorale sous Maître Wade, se révèle aujourd'hui comme une ruse pernicieuse qui a exploité le dénuement tragique des populations, face aux inondations. Mal conçu, mal mené et malmené, le Plan Jaxaay s'est révélé tel qu'en lui-même, c'est-à-dire une goutte d'eau dans l'immense mer de sinistrés, bref, une escroquerie intégrale. Il est à craindre que les populations victimes des inondations récurrentes n'entendent la même litanie de promesses sans suite.

Le Bureau Politique de l'AFP exige, encore une fois, que ce plan Jaxaay soit audité et que le gouvernement de Maître Wade, à défaut d'avoir traité le mal à la racine, prenne toutes les dispositions nécessaires, pour porter assistance aux populations victimes des inondations. A Dakar, la nébuleuse desdits grands travaux de Maître Wade, avec les chantiers ouverts et les nombreux trous creusés un peu partout, les difficultés seront au rendez vous dès les premières pluies. Les inondations concernent aussi les villes de Saint Louis, Kaolack, Vélingara, Matam, Ziguinchor, Nioro et autres localités autour de ces centres urbains.

Ces catastrophes frappent d'autant plus les populations qu'elles sont déjà éprouvées par un environnement peu favorable¸ avec les ordures, la malnutrition et un système de santé défaillant. A cela, il faut ajouter le pouvoir d'achat des Sénégalais qui dégringole sans cesse, comme pour faire écho à la rareté des revenus, dans un pays où il n'y a aucune politique sérieuse, pour inciter à la création d'emplois.

Abordant le 2ème point de l'ordre du jour le Bureau Politique de l'AFP s'est penché sur le calendrier relatif à l'exécution de la feuille de route du parti pour les prochains mois, à la lumière, notamment, du dispositif conçu pour organiser la vente des cartes. A cet égard, le Secrétaire Général du parti, M. Moustapha Niasse enverra une circulaire à la base, dans l'esprit des recommandations du Bureau Politique.


Fait à Dakar, le 26 juin 2007 

Le Bureau politique de l'AFP