COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 26 mai 2009

 

Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le mardi 26 mai 2009, sous la présidence de M. Falilou Kane, Secrétaire National chargé des Relations Internationales, en l'absence de M. Moustapha Niasse, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique s'est tout d'abord réjoui du déroulement des Assises Nationales jusqu'à leur terme, malgré les menaces, les tentatives d'intimidation et les complots ourdis que la détermination et la sagesse des responsables de cette initiative historique ont éventrés. Dans l'approche, la méthode et le fond, les Assises Nationales constituent un jalon de l'histoire politique du Sénégal, dans la mesure où nul gouvernant n'aura plus les moyens de se soustraire aux exigences éthiques, morales et républicaines de la Charte de Gouvernance démocratique, qui ont fait l'objet d'un très large consensus. La symbiose intervenue entre politiques, membres de la société civile, experts et le peuple, toutes couches confondues, confère aux recommandations des Assises Nationales une autorité incontestable.

Le Bureau politique de l'AFP tient à rendre hommage à tous les patriotes, à toutes les parties prenantes, plus particulièrement au Président Amadou Mahtar Mbow, à son équipe et aux membres du Bureau, qui ont tous montré qu'ils sont l'illustration vivante des valeurs éternelles que le pouvoir en place s'est employé à démolir, depuis neuf années. Le Bureau politique adresse également ses vives félicitations à tous ceux qui ont consenti des sacrifices pour apporter aux Assises Nationales leurs contributions, tout particulièrement au Secrétaire Général, M. Moustapha Niasse, qui a confirmé son patriotisme et sa détermination sans faille, surtout quand le destin du Sénégal est en jeu.

La restitution des travaux des Assises Nationales s'est déroulée quelques semaines après la débâcle du régime de Me Wade, à l'occasion des élections locales du 22 mars 2009. Cependant, loin de tirer les enseignements de ces mouvements historiques, le Secrétaire national du PDS continue ses manœuvres dérisoires, eu égard aux impératifs de l'heure et à la détermination tranquille du peuple sénégalais. En effet, comment comprendre un discours officiel qui tente de faire croire que l'on vient de découvrir l'existence d'une clientèle d'intermédiaires gavés sciemment au détriment des paysans ? La GOANA a porté, dès sa naissance, les gènes qui ont conduit à son échec, qu'aucune mauvaise foi ne saurait transformer en succès illusoire. Dans ce contexte, vouloir dissoudre illégalement la Caisse Nationale de Crédit Agricole (C.N.C.A.) est une volonté sans équivoque de poursuivre la démolition de l'économie rurale, entreprise depuis le bradage nébuleux de la SONACOS et la dissolution inopportune de la SONAGRAINES. La révolution rurale est donc un masque de plus pour accélérer l'agonie du monde rural.

Le dossier du Stade Assane Diouf n'est qu'un autre versant de cette malgouvernance chronique qui entretient l'opacité dans le choix des priorités, des promoteurs et son impact par rapport à l'intérêt général. Les décisions et contre décisions renseignent gravement sur le piétinement de l'éthique républicaine et de la transparence qui devraient animer les dirigeants d'un pays classé parmi les plus pauvres de la planète. La gabegie, qui se manifeste avec une arrogance intolérable à l'occasion d'un voyage au Brésil, confirme la fuite en avant d'un régime qui hante les espaces de l'échec et de l'incompétence.

Même le secteur de l'Education n'échappe pas à la crise multidimensionnelle. Mais là, les conséquences sont malheureusement durables, parce que l'école doit être au cœur des stratégies de développement. Par ailleurs, l'insécurité continue de gagner dangereusement du terrain dans les villes comme dans les campagnes, particulièrement dans les régions périphériques où se multiplient les vols en réunion, avec l'utilisation inquiétante d'armes à feu et de moyens logistiques. Pendant ce temps, le ministère de l'Intérieur continue de penser que son rôle se limite à gérer des élections en faveur d'un clan, au mépris des lois et règlements.

Quant aux inondations récurrentes, qui s'annoncent à quelques semaines du début de l'hivernage dans la région de Dakar et plusieurs localités du territoire national, l'Etat-PDS tente cyniquement de s'en laver les mains, pour gêner les Maires issus de l'opposition démocratique. Ce réflexe fasciste et poncepilatiste s'est manifesté depuis 2002 où des populations ont subi des représailles, pour avoir voté contre l'incompétence au pouvoir. Souvenons-nous du forage de Nguékokh qu'on a longtemps refusé de réparer, pour des raisons politiciennes.

Les Sénégalais, déjà exsangues à cause du renchérissement des denrées de première nécessité, viennent de subir, encore une fois, la hausse du prix de l'huile et des hydrocarbures, alors que le logement, le transport et le paiement des factures d'électricité, d'eau et de téléphone constituaient déjà des écueils sérieux pour l'amélioration de leurs conditions de vie. Le Bureau politique de l'AFP condamne avec la dernière énergie cette insouciance du gouvernement de Me Wade, qui continue de mener grand train, en entretenant une clientèle à travers le maintien et la création d'Institutions absurdes comme le Sénat et la vice-Présidence.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a engagé le Comité d'organisation de la célébration du 10éme Anniversaire de l'Appel du 16 juin à préparer minutieusement cet évènement qui devra être l'occasion, pour l'AFP, de se livrer à une introspection, aux fins de réfléchir sur le parcours effectué et sur la situation de notre pays. De ce point de vue, le Bureau politique recommande vivement l'adaptation du parti au grave contexte qui interpelle les Sénégalais, dans le présent et dans un avenir qu'il faut concevoir et créer, au service d'une grande ambition, avec l'aide du Tout Puissant.

Le peuple vaincra !

 


Fait à Dakar, le 26 mai 2009 

Le Bureau politique de l'AFP