Communiqué du Bureau Politique de l'AFP

Vendredi, 26 mai 2006


Le Bureau politique de l'Alliance des Forces de Progrès s'est réuni le vendredi 26 mai 2006, sous la présidence de M. Moustapha Niasse Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Situation nationale ;
2. Vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a tout d'abord entendu un exposé du camarade Djibril Bâ, sociologue et ancien émigré, sur l'émigration clandestine. Il a ensuite procédé à de larges échanges de vues sur les dangers qui menacent notre pays du fait de Maître Wade et de son régime qui continuent de se réfugier dans l'imaginaire, en faisant fi de la détresse profonde de millions de Sénégalais. La pauvreté, le manque d'emplois, le gaspillage éhonté des deniers publics au profit du clan de Me Wade pousse des milliers de jeunes à continuer d'emprunter les pirogues de la mort, pour tenter d'échapper au triste sort que leur réservent les adeptes du verbiage et de la manipulation.

Après l'octroi très contesté du prix Houphouët Boigny à Me Wade, la décence eût commandé un retour avec un profil bas, avec une réelle détermination de se hisser à la hauteur de la philosophie qui a présidé à la création de cette distinction. Mais, qui peut lutter contre le réflexe conditionné ? Pendant que l'avion du nouveau récipiendaire se dirigeait vers Dakar, les frontières de notre pays étaient subrepticement fermées au nouvel ouvrage de notre camarade Mody Niang. Comme on le sait, cette censure, qui s'est installée au Sénégal avec le régime de Me Wade, a déjà frappé plusieurs autres ouvrages, dont celui du journaliste Abdou Latif Couliblaly, sans oublier le film du cinéaste Joseph Gaï Ramaka. Ce traitement réservé à des produits culturels est aux antipodes des idéaux et de l'Acte Constitutif de l'UNESCO.

Mais, hermétique et sourd aux aspirations du peuple sénégalais, l'Etat PDS n'a pas hésité à organiser un nouveau cirque coûteux, pour accueillir l'homme qui n'a pas d'alter ego au Sénégal, voire sur la planète. C'est pourtant dans ce pays, en 2002, que la tragédie du Joola a eu lieu, avec son cortège de malheurs qui continue de frapper des veuves et des orphelins, qui attendent encore le respect des promesses formulées au plus haut niveau de l'Etat. Les psychologues et autres psychanalystes expliqueront certainement les mécanismes qui amènent des milliers de jeunes à braver la mort pour améliorer leur sort. Est-il besoin de revenir sur la condition de la paysannerie sénégalaise sous l'ère de Me Abdoulaye Wade ? Le Gouvernement est-il vraiment préoccupé par les graves difficultés que connaissent nos grandes unités industrielles, la pêche, le tourisme, l'école sénégalaise, la santé des populations ?

Certes, les infrastructures sont une nécessité, surtout pour les pays du Tiers Monde, mais elles ne sauraient être une fin en soi. Le Gouvernement de Me Wade a franchi le rubicond, en fermant la Corniche Ouest à la circulation des véhicules, sans mettre en œuvre un plan de circulation alternatif cohérent. Par ailleurs, l'on semble confondre un pont avec un échangeur, dont la vocation est de favoriser la fluidité. Face aux options du pouvoir actuel, il est à craindre que les embouteillages ne soient déplacés quelques dizaines de mètres plus loin. Le projet de déplacement de la Gare de Dakar est une autre idée saugrenue, car au moins 80 % des passagers du petit train bleu descendent à la gare terminale qui se situe au centre de la ville, comme dans toutes les grandes métropoles du monde. Et à cet égard, la spéculation foncière ambiante n'est guère rassurante. En outre, les quelques 200 milliards annoncés pour les travaux relatifs à la mobilité urbaine, dont environ 50 prévus pour financer les déguerpissements, doivent être gérés, pour une fois, dans la transparence totale.

La malgouvernance chronique a fini d'étaler ses tentacules dans tous les secteurs de la vie nationale. La régression démocratique en cours n'en est qu'une manifestation qui rend encore plus saugrenue cette quête forcenée de distinctions honorifiques qui n'arriveront jamais à masquer un réel tragique qui étouffe, au propre comme au figuré, les populations sénégalaises.

La gestion du processus électoral est un autre volet de la malgouvernance, de l'autoritarisme et du mensonge d'Etat permanent. Aujourd'hui, la refonte totale du fichier apparaît nettement comme le choix d'un chef de clan sous-tendu par un objectif stratégique ; qui a consisté à neutraliser l'électorat hostile, en l'empêchant, par le dilatoire, de s'inscrire sur les listes électorales et/ou de recevoir sa carte d'électeur. Les cibles des commissions administratives mobiles sont souvent modulées en fonction des intérêts du Secrétaire national du PDS. En plus, la carte électorale, que les partis politiques ont réclamée bien avant le début des inscriptions, est jalousement gardée par le ministère de l'Intérieur, comme un butin honteux. Bref, ce qu'il y a de transparent dans le processus électoral, c'est la volonté manifeste du pouvoir actuel de frauder, de louvoyer et de ne pas respecter le calendrier électoral, en piétinant la Constitution et le Code électoral.

Le Bureau politique invite donc les militants et les responsables de l'AFP à poursuivre leur mobilisation, pour assurer l'exécution du plan d'action mis en œuvre par la Coalition Populaire pour l'Aternative (CPA). Il invite également la Société Civile, et tous les démocrates à participer activement à ce plan de résistance pour la défense de la citoyenneté et le salut de notre cher pays.


 

Fait à Dakar, le vendredi 26 mai 2006

Le Bureau politique de l' AFP