COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Lundi 26 avril 2010

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le lundi 26 avril 2010, sous la présidence de M. Falilou Kane, Secrétaire National chargé des Relations Extérieures, en l'absence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, en mission autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a examiné la situation nationale, quelques semaines après la clameur autour de la monumentale horreur des Wade érigée sur l'une des collines des Mamelles. Après le gaspillage auquel ils se sont livrés et qui est venu s'ajouter aux scandales de l'ANOCI, voilà qu'ils mettent en œuvre une série de mesures aux plans économique, social et politique, mesures qui ont en commun l'expression du souci des tenants du régime de fragiliser le peuple et de sauvegarder les intérêts égoïstes de leur clan.

Le monde rural n'a pas fini de subir l'arrogance et le mépris du régime de Me Abdoulaye Wade. En effet, malgré la forte production arachidière qui s'élève à 1.200.000 tonnes, moins du quart de la récolte a été prise en compte par la campagne de commercialisation agricole. Le retour infernal des bons impayés, jusqu'à hauteur de 18 milliards CFA est bien le fait des Wade, quoiqu'en disent les mercenaires et autres hypocrites, qui ont tourné le dos à toutes les valeurs et ont vendu leur âme au diable, en travestissant la vérité, à chacune de leurs interventions. Qui est responsable de la privatisation de la SONACOS dans des conditions fort nébuleuses ? Qui protège la SUNEOR ? Pourquoi ? Les paysans sénégalais ont déjà répondu à ces questions, parce qu'ils voient bien que le régime en place a installé le dispositif carreau/usine, a refusé de financer correctement la campagne de commercialisation, pour parachever la mort de la filière arachidière, malgré le discours trompeur sur la responsabilisation des organisations paysannes qu'on tente plutôt de neutraliser.

Les contrats à durée déterminée continuellement renouvelables auront, non seulement les mêmes conséquences sociales funestes, mais viseront également à étouffer dans l'œuf l'organisation de la lutte des travailleurs, dans le cadre de syndicats forts. En fait, ce projet complète la création par le régime en place des centrales jaunes, pour faire prospérer l'injustice. Même l'environnement des affaires ne sera pas amélioré pour autant, parce que la corruption ambiante et le mauvais fonctionnement de la justice ne constituent guère un stimulant convaincant, pour d'éventuels investisseurs. En plus, les sommes énormes dépensées par les Wade n'ont pas permis la création d'infrastructures structurantes en faveur de l'activité économique. Evidemment, ces choix erratiques ne favorisent guère la création d'emplois, eu égard également au train de vie plus que jamais débridé de l'Etat. Avant de faire subir les conséquences de la mal gouvernance chronique aux populations déjà exsangues, le régime des Wade devrait plutôt revoir à la baisse les innombrables niches de dépenses inutiles, qui entraînent des hausses répétées et injustifiées du prix des hydrocarbures et de l'électricité. Naturellement, l'inflation galopante appauvrit de plus en plus les ménages, en proie également au renchérissement du coût des denrées de première nécessité.

Au lieu de traiter sérieusement ces questions urgentes, les tenants du pouvoir n'ont qu'un objectif en ligne de mire : la conservation à tout prix d'un pouvoir, comme en février 2007, dans des conditions qui ont mis à rude épreuve notre démocratie, victime d'une parodie d'élection. C'est dans ce cadre que le Bureau politique de l'AFP situe la péroraison de ceux qui agitent encore une fois la suppression du deuxième tour, en avançant maladroitement des arguties dont le seul mérite est de révéler leur vrai visage.

En ce qui concerne ce point précis, le Bureau politique de l'AFP met en garde une fois pour toutes, Me Wade lui-même et ses affidés, en les engageant à ne pas faire emprunter à notre pays les sentiers tortueux d'une aventure, faux raccourci anachronique et véritable source de violences improductives qui installeraient davantage notre pays dans la régression démocratique et l'instabilité. Dans la même veine, le Bureau politique fustige le comportement de ceux-là qui, battus par le suffrage du peuple souverain, tentent de corrompre des conseillers de l'opposition avec le produit de la rapine directement tirée des deniers publics.

Quant au fichier électoral non fiable, le Bureau politique de l'AFP encourage la communauté internationale à instruire ses experts, pour qu'ils travaillent en étroite collaboration avec ceux de Bennoo Siggil Senegaal et ceux de la Société civile pour que les fraudes massives liées à la refonte totale de 2006 ne puissent pas se renouveler. Il attire notamment son attention sur les interminables tergiversations de Me Wade, dont le régime est en train de distribuer de manière discriminatoire les cartes d'identité dites numérisées aux seuls membres de son Parti en excluant l'écrasante majorité des citoyens. Par ailleurs, la mauvaise foi du régime en place est manifeste dans ses appels successifs au dialogue avec l'opposition, car les propositions de celles-ci se heurtent à une stratégie de ruse, comme le montre nettement le refus de nommer, en la personne du Pr Babacar Guèye un Président neutre et compétent de la Commission Cellulaire en charge de la Réforme du Code Electoral.

Face à cette situation, le Bureau politique de l'AFP recommande le renforcement de l'unité de Bennoo Siggil Senegaal et la consolidation de la collaboration avec les Assises nationales, dont les nouvelles plateformes doivent être animées, comme hier, avec méthode, sérieux, lucidité et détermination. Il recommande également le développement de la ligne des consultations citoyennes qui avait permis de sensibiliser les populations sur des questions liées à la vie nationale et aux problèmes de leurs terroirs respectifs.

Le salut et la défense de notre démocratie résident dans le combat !



Fait à Dakar, le 26 avril 2010 

Le Bureau politique de l'AFP