Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 25 novembre 2004

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le jeudi 25 novembre 2004, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale
2. vie du parti

La réunion du Bureau politique de l'AFP s'est ouverte sur la question des dérives que les Sénégalais constatent, de plus en plus fréquemment, dans la conduite de l'Etat, des Administrations, des Sociétés publiques et para-publiques, et de certaines Institutions traditionnellement protégées contre toute forme d'ingérence politique. Ces dérives du pouvoir en place, commises au grand jour, violent les règles de transparence, les principes d'intangibilité et de rigueur qui soutiennent tout Etat crédible. Au surplus, des secteurs qui, jusqu'ici fonctionnaient dans l'objectivité et dans la discrétion, font l'objet de pressions inqualifiables, malgré le souci d'indépendance des fonctionnaires concernés.

Le Bureau politique de l'AFP estime qu'il est temps de mettre fin à cette instrumentalisation qui confond aspirations politiciennes et intérêts partisans avec le fonctionnement d'un Etat républicain dans toutes ses dimensions. Un Etat se définit par le caractère impersonnel des procédures et des actes qui l'engagent dans ses missions et responsabilités.

S'agissant du monde rural, il y a à peine une semaine, le Bureau politique de l'AFP, au retour d'une tournée sur le terrain, attirait l'attention des autorités compétentes sur la pratique qui s'est encore établie cette année au sujet de l'achat des graines d'arachides aux paysans, à un prix largement inférieur au montant officiel, entre 100 et 125 f/kg. Des paysans du bassin arachidier et d'ailleurs, jusqu'au Sénégal - Oriental, ont dénoncé la généralisation de cette pratique et le refus de la SONACOS d'associer les organisations professionnelles. La Sonacos, qui a établi les listes des opérateurs privés, s'est abstenue, selon ces paysans, de rendre publiques cette liste et l'identité des opérateurs choisis pour acheter l'arachide aux producteurs. Cette attitude traduit une volonté certaine d'opacité qui cache mal des préoccupations égoïstes et partisanes, aux antipodes de l'intérêt général. Dans tous les cas, le Bureau politique de l'AFP estime que la responsabilité d'une telle situation incombe entièrement au régime en place.

En outre, le gouvernement doit porter une attention particulière à la situation dans les régions de Matam et Saint-Louis. En effet, des mesures de sauvegarde doivent être prises en vue de faire face à l'agression des oiseaux granivores ainsi qu'au retour, dans certaines zones, des criquets.

Par ailleurs, le Bureau politique de l'AFP a examiné la situation du front social et les risques d'échauffement qui se profilent à l'horizon, en raison principalement du non-respect des engagements pris par le gouvernement de Me Abdoulaye Wade, notamment dans le secteur de l'enseignement, secteur qui voit en outre certains de ses droits acquis remis en cause sans aucune base légale.

Sur la question du processus électoral, le Bureau politique a procédé à une évaluation de la prise de contact du nouveau Ministre de l'Intérieur avec les représentants des partis politiques. A cet égard, le Bureau politique de l'AFP condamne le recours à la violence d'un représentant d'un parti membre de la CAP 21, au mépris des principes élémentaires de la démocratie qui, par essence, est un dialogue civilisé de contraires, pour des compromis dynamiques.
Le Bureau politique de l'AFP a retenu qu'il est plus que jamais nécessaire que l'opposition continue de faire preuve de vigilance dans la conduite du processus électoral. En outre, il met en garde le pouvoir en place contre toute velléité de blocage programmé de la Commission cellulaire, pour asseoir le lit d'une nouvelle décision unilatérale, dans le sens des intérêts et des préoccupations étroites du PDS, le parti-Etat, dirigé par Me Abdoulaye Wade, Président de la République.

C'est la raison pour laquelle le Bureau politique de l'AFP a tenu à insister sur la vigilance qu'appelle ce type de comportement.

Evoquant, encore une fois, la situation de crise qui prévaut en Côte d'Ivoire, l'AFP est d'avis que toute initiative prise dans ce cadre doit être inspirée d'un souci d'apaisement, pour conduire vers une solution définitive et pacifique de ce dossier. En l'occurrence, le Bureau politique estime que le Président de la République, lorsqu'il s'exprime sur ce dossier, devrait se montrer plus constructif et éviter toute attaque qui pourrait être préjudiciable à la nature des bonnes relations qui ont toujours existé entre les deux pays. La paix n'a pas de prix et l'intégration économique africaine par régions ne peut être envisagée que dans la paix et la stabilité dans chaque pays.

Concernant la vie du parti, le BP de l'AFP a adressé ses chaleureuses félicitations aux responsables politiques des régions de Kolda et de Saint-Louis, pour le succès des meetings organisés à Salikégné et à Makatoubé, meetings qui ont été l'occasion de grands rassemblements mis à profit pour animer le parti, tout en menant à bien l'information et la formation des militants

Enfin, le Bureau politique de l'AFP a pris connaissance de l'invitation que l'UMP a adressée au Secrétaire général, M. Moustapha Niasse, pour assister au Congrès de ce Mouvement, à Paris, le 28 novembre 2004. Le Secrétaire général de l'AFP devant se trouver en mission en Afrique Centrale et en Afrique de l'Ouest à cette période, c'est M. Madieyna Diouf, Secrétaire National chargé de la Coordination et des Activités du Parti et Président du Groupe parlementaire de l'Espoir, qui a été désigné à cet effet et qui représentera le parti à ces assises.


Fait à Dakar, le 25 novembre 2004

Le Bureau Politique de l'AFP