DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mercredi 24 juillet 2007

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 24 juillet 2007, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du parti.

Le Bureau politique de l'AFP s'est penché avec une attention soutenue sur le climat de grande incertitude qui règne dans notre pays, climat aggravé par des rumeurs de toutes sortes qui affectent la crédibilité de nos institutions, dans un contexte de morosité économique, de corruption galopante et de paupérisation accélérée des populations. Face à cette situation, les Sénégalais et les observateurs se posent une multitude de questions, sans réponses. L'anxiété ambiante gagne en profondeur, en ce début d'hivernage où les mêmes problèmes récurrents surgissent, sans que le pouvoir actuel daigne s'employer à leur trouver de vraies solutions.

En ce qui concerne la SENELEC, entreprise stratégique s'il en fût, le pouvoir vient de passer aux aveux, après des années de dissimulation, par le biais du Directeur de production de cette société qui vient de reconnaître, par la voie des ondes, que notre pays est loin d'en finir avec l'ère des délestages. Il est inutile de revenir sur les conséquences désastreuses de ce déficit de production sur l'économie nationale, avec tous les désagréments subis par l'industrie, les petites et moyennes entreprises, ainsi que les foyers déjà rudement éprouvés par la flambée des prix, y compris celui de l'électricité qui connaît une courbe exponentielle, avec des factures qui ont parfois doublé.

Eu égard aux montants injectés dans la SENELEC depuis l'An 2000 et aux résultats plus que médiocres, le Bureau politique de l'AFP estime que, non seulement l'incompétence doit être sanctionnée, mais qu'une enquête devrait être ouverte pour se pencher sur la gestion de cette entreprise, qui prend en otage tout un pays.

Les inondations de la banlieue de Dakar et celles déplorées, durant chaque hivernage dans de nombreuses localités de l'intérieur, avec leur cortège de sinistres et de victimes plongées dans le dénuement total, constituent un autre volet où l'incompétence et l'opacité se donnent rendez-vous. Aujourd'hui, au vu du traitement inhumain réservé aux sinistrés de Yeumbeul et d'autres sites, il apparaît clairement que le plan "Jaxaay" est une double escroquerie au service de la régression démocratique et d'intérêts privés. Les bénéficiaires des maigres réalisations jusqu'ici effectuées n'ont pas toujours été sélectionnés sur des critères transparents. Là aussi, une enquête s'impose pour élucider l'énigme, quoiqu'en dise un anonyme agent du plan "Jaxaay" envoyé au charbon, pour délivrer un discours, avec des arguties qui ne convainquent personne.

C'est d'ailleurs, à cet égard, le déficit pluviométrique qui sévit actuellement, qui freine les menaces sur les nombreuses zones inondables. Quant aux paysans, ils continuent de faire les frais de l'absence criarde d'une politique agricole concertée et cohérente, à même de régler des dossiers comme la maîtrise de l'eau, de vraies semences certifiées, l'engrais et le matériel agricole, en évitant tout saupoudrage dérisoire, pour se donner bonne conscience. Le pire, c'est la vie des hommes et celle du cheptel qui sont menacées, faute de vivres de soudures et d'aliments de bétail. Là également, l'aveu d'incompétence vient d'être porté au grand jour par la voix du Ministre de l'Agriculture lui-même, qui se complait dans l'impuissance, en évoquant l'exportation frauduleuse vers des pays frontaliers, de produits et de matériels agricoles subventionnés. Une fois de plus, le Bureau politique de l'AFP met le gouvernement de Me Wade devant ses responsabilités, pour l'engager à traiter sans délais ces urgences et éviter ainsi une catastrophe dont les conséquences seraient désastreuses pour le monde rural, les villes, bref, pour tout le pays.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique a invité les responsables et les militants du Parti, à faire de la vente des cartes, un grand moment de redéploiement, d'animation et de dynamique conquérante. Ce nouvel élan en direction du Congrès de mars 2008 doit être une des modalités importantes de l'expression de l'engagement de l'AFP à participer aux premières lignes au redressement de notre pays. Ici et maintenant, l'urgence commande la résistance contre les projets décadents et diaboliques du régime actuel. Pour que ne prospèrent pas les parodies du 25 février et du 3 juin 2007, pour mettre fin au règne de l'affairisme débordant et de l'impunité. Pour que renaisse l'espoir !


Fait à Dakar, le 24 juillet 2007 

Le Bureau politique de l'AFP