DECLARATION DU SEMINAIRE DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Jeudi 24 avril 2007

 

Le Bureau Politique de l'AFP s'est réuni le mardi 24 avril 2007, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale;
2. vie du Parti.

Le Bureau Politique de l'AFP a examiné avec attention la situation difficile des populations sénégalaises qui, depuis la mascarade électorale du 25 février 2007, font face à une cascade de hausses des denrées de première nécessité, tels que le riz et l'huile, ainsi que celle des hydrocarbures qui se traduit à la pompe par un prix de l'essence super à quelque 700 fcfa et du gasoil à 559 fcfa ! Le prix du gaz et celui du lait ont subi la même augmentation, il en est de même du ciment. L'après février est marqué également par le retour des pénuries de gaz et des délestages intempestifs de la Sénélec, avec toutes les conséquences désastreuses pour l'économie nationale et les budgets des ménages. Comme par enchantement, les factures de cette société nationale connaissent subitement des hausses de 30 % et plus.

Le Bureau Politique s'interroge, avec les Sénégalais, sur les interconnexions entre cette nouvelle pression drastique sur les ménages et la distribution scandaleuse de l'argent à laquelle le Parti-Etat, le PDS et son candidat, se sont livrés lors de l'élection présidentielle. Ce qui est indéniable, c'est que le pillage de nos grandes unités industrielles et le gaspillage des ressources publiques ont des conséquences directes sur la vie quotidienne des Sénégalais, conséquences qui se manifestent à travers les divers secteurs du monde du travail en lutte pour revendiquer leurs droits.

A cet égard, la crise scolaire est en train de prendre des proportions qui menacent gravement l'année académique du fait du refus du gouvernement de Me Wade de respecter les accords déjà conclus et d'ouvrir des négociations sur une nouvelle plateforme. Les dossiers de la santé et du logement ne connaissent pas non plus une évolution favorable dans la mesure où le pouvoir en place demeure toujours incapable de les traiter, avec la vigueur qui sied au fossé qui existe entre l'immense demande et l'offre dérisoire. Par exemple, au moment où l'on tente de nous faire rêver d'une Université du Futur et d'une centrale atomique, l'UCAD est dangereusement asphyxiée, la maternité de l'Hôpital Le Dantec est toujours fermée et l'Hôpital Abass Ndao continue sa descente aux enfers, malgré la résistance des travailleurs, qui font face à l'inertie complice du régime de Me Wade.

Au lieu de s'attaquer à tous ces problèmes graves vécus par les populations, le régime de Me Wade n'écarte pas, avec une arrogance de nouveaux riches, l'acquisition, maladroitement masquée d'un avion de commandement neuf, après tout le tapage orchestré autour d'un hublot brisé. Le Bureau Politique de l'AFP interpelle Me Wade en personne sur le montant de 28 milliards CFA qui aurait constitué le budget de réfection de la Pointe de Sangomar, alors que les sommes dépensées sur ce dossier peuvent être d'un montant supérieur. Et il lui incombe l'obligation de respecter les règles élémentaires de la comptabilité publique, qui ne l'autorisent pas à se contenter d'informer l'Assemblée nationale, pour un investissement aussi lourd. En plus, le Bureau Politique dément catégoriquement les contrevérités des nouveaux laudateurs de Me Wade, qui affirment sans sourciller que le Premier ministre Moustapha Niasse avait approuvé l'acquisition d'un nouvel avion, en l'An 2000.

Le Premier ministre Moustapha Niasse a toujours été l'avocat d'une bonne gestion, en accord avec les recommandations habituelles des Institutions de Bretton Woods, la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International, conformément au principe de bonne gouvernance. C'est la raison pour laquelle, en parfait accord avec le Ministre de l'Economie et des Finances de l'époque, il s'était opposé à toute dépense somptueuse, comme l'achat d'un avion, pendant les 11 mois où il a dirigé le gouvernement, en tant que Premier ministre. Jamais ce débat n'a été formellement porté devant le Conseil des ministres. Et le chef de l'Etat lui-même, Me Wade le sait très bien. En tout état de cause, il doit des explications aux Sénégalais, sur les dizaines de milliards qui ont déjà été investis dans la réfection de la Pointe de Sangomar, sur leur origine et sur les modalités de la dite réfection. Tout le reste n'est que propos insouciants teintés de réflexe totalitaire.

C'est la raison pour laquelle le mensonge d'Etat réapparaît, aussi, à travers les évènements tragiques de Kolda où deux citoyens sont décédés dans des conditions qui doivent être rapidement élucidées, pour apaiser des populations excédées par la brutalité policière. Le Bureau Politique de l'AFP s'incline devant la mémoire des victimes et adresse ses sincères condoléances à leur famille. Pour éviter à notre pays un dangereux basculement dans des faits de violence préjudiciables à une paix sociale, déjà rendue précaire par les dérives du pouvoir en place, il revient aux pouvoirs publics d'assumer leur vocation de protection des citoyens et de la défense de leurs droits. Dans tous les cas, le rapport d'autopsie de la première victime des événements de Kolda doit être rendu public.

Abordant le dernier point de l'ordre du jour, le Bureau Politique de l'AFP a adopté le programme du parti pour les trois prochains mois, tout en invitant les instances et les responsables à participer aux activités de la Coalition Alternative 2007, ainsi qu'à celles de l'opposition approuvées par le parti.


Fait à Dakar, le 24 avril 2007 

Le Bureau politique de l'AFP