Communiqué du Bureau politique de l'AFP
Jeudi 23 juin 2005

 

Le Bureau Politique de l’AFP s’est réuni le Jeudi 23 juin 2005 sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général du Parti, à l’effet d’examiner l’ordre du jour suivant :  

1.     Situation économique et sociale ;

2.     Activités du parti 

Le Bureau politique de l’AFP, au cours de ses délibérations, a fait l’évaluation sur l’état d’avancement du processus électoral, à la faveur de la nomination contestée des membres de la CENA, en particulier, du Président de cet organe et de deux de ses membres, dont la désignation est remise en cause par les démocrates sénégalais, pour non-conformité à l’article 4 de la loi. 

A cet égard, et en attendant que le Président de la République réponde, avec raison, à la démarche entreprise par l’opposition en vue de l’amener à revenir sur ces nominations, le Bureau politique de l’AFP a procédé à un certain nombre de constats qui sont les suivants : 

1.      la lenteur que connaît le traitement du dossier global du fichier électoral est une démarche délibérée et volontairement organisée par le pouvoir en place, dans le but de mettre les Sénégalais devant le fait accompli d’une impossibilité de réaliser, dans les délais, les inscriptions sur les listes électorales, d’une part, et la confection des cartes d’identité et des cartes d’électeurs dites numérisées, d’autre part. 

En effet, si les élections législatives doivent avoir lieu, dans le respect strict du calendrier républicain, il est évident que tout retard nouveau hypothéquera davantage la faisabilité de ces opérations, avec, en arrière-plan, l’incontournabilité, de facto, d’un recours à l’un des fichiers électoraux précédents, dans une confusion totalement programmée par le régime en place. 

2.      Il a été constaté, depuis quelque temps, à l’intérieur du pays comme dans les grandes villes, un exercice de ramassage clandestin de photocopies de cartes d’identité et, aussi, la confection de nouvelles cartes d’identité dans certains services publics, au moment où ces documents doivent, en principe, être remplacés par des cartes d’identité numérisées. 

3.      Il est à craindre, dans ces conditions, de voir des listings portant les noms, prénoms et renseignements anthropométriques des Sénégalais que l’on inscrit ainsi sur des listes volantes, figurer, plus tard, sur des logiciels informatiques tenus hors le contrôle de tout organe compétent, pour assurer la sécurité et la transparence du processus électoral. 

4.      Dans tous les cas, le Bureau politique de l’AFP tient, pour responsables de tout retard nouveau qui pourrait compromettre les prochaines élections, le Président de la République, son parti et son régime, du fait des atermoiements du ministère de l’Intérieur et des services annexes. 

5.      En résumé, le Bureau politique de l’AFP considère, comme il l’a déjà indiqué, que le Secrétaire national du PDS fait tout pour éviter le rendez vous qui l’attend au bout du mandat de l’actuelle Assemblée nationale, avec les citoyens électeurs, plus précisément en 2006. 

Après l’examen de ce point concernant le processus électoral, le Bureau politique de l’AFP a analysé, au plan politique comme au plan technique, la double mesure relative, d’une part, à l’emprunt obligataire de 45 milliards lancé sur le marché financier public et auprès des Sénégalais, par le pouvoir en place et, d’autre part, à la baisse annoncée, vaguement, pour 2006, sur l’impôt sur les sociétés. 

Au moment où le Président de la République ne cesse d’affirmer que le Sénégal a un surplus d’argent pour engager d’importants investissements, il paraît curieux et illogique qu’il lance un emprunt d’un tel montant, sur une durée de cinq années et à un taux d’intérêt de 5, 5 %, avec comme objectif de réaliser trois échangeurs, des travaux de voierie urbaine et, également, pour le petit train bleu.  La durée de réalisation de tous ces ouvrages pourrait s’étaler sur deux ans, alors qu’au 6 juillet 2005 la totalité de l’enveloppe nécessaire sera disponible. Le Bureau politique de l’AFP met en garde le gouvernement de Maître Wade contre toute velléité de détournement d’objectif, surtout à la veille d’importantes échéances électorales. 

Au plan technique, le montage de cet emprunt pose problème dans la mesure où l’une de ses conséquences premières se traduira par l’utilisation d’une partie des liquidités bancaires au détriment des PME-PMI qui se trouveront de ce fait bloquées dans leurs investissements et dans leurs demandes de financement de leurs propres projets. 

S’agissant de la baisse de l’impôt sur les sociétés, depuis que cette mesure a été annoncée, des spécialistes, dans ce domaine, n’ont pas manqué de souligner que non seulement cette mesure n’interviendrait qu’en 2006, à quelques encablures des élections présidentielles à venir, mais qu’elle profiterait, principalement, à une catégorie de sociétés, les plus grandes, au détriment des petites sociétés plus nombreuses et appelées à couvrir l’ensemble du territoire national, en raison de la spécificité de leurs activités. Au même moment, les masses laborieuses sont pénalisées par le poids trop lourd de la TVA et des autres taxes. Bref, cette décision isolée, qui devrait être une composante d’un train de mesures, sera inefficace, parce que non seulement les coûts de production et l’environnement social et juridique sont toujours défavorables, mais, l’agriculture, qui est la clé de la relance de la production, de l’investissement et de l’emploi, traîne encore tous ses maux. 

Après l’examen des priorités économiques, le Bureau politique a évoqué le match qui a opposé, le samedi 18 juin 2005, au Stade Léopold Sédar Senghor, l’équipe nationale des Lions à celle des Eperviers du Togo. Le Bureau politique de l’AFP, tout comme la majorité des Sénégalais, regrette la contre-performance de nos compatriotes. Mais celle-ci n’est rien d’autre que la conséquence d’une malgouvernance qui affecte aussi le monde du sport. Toute mesure, qui ne toucherait pas d’abord le mode même de gouvernance du pays, serait vaine, sur un quelconque autre domaine, malgré les fausses sanctions prises ou les menaces brandies, çà et là, dans un élan de ponce pilatisme sans nom, alors que les vrais responsables de la situation sont connus. Au surplus, si l’importance du football est singulière parmi les disciplines sportives au Sénégal, il demeure que le sport, dans une nation, constitue dans toutes ses composantes, une donnée globale qui mérite un traitement équilibré, tant  dans la définition des politiques sectorielles que dans la mobilisation des moyens pour appliquer ces politiques. 

Au terme de ses travaux, le Bureau politique de l’AFP a tenu à exprimer les remerciements du parti et à adresser de chaleureuses félicitations à toutes les militantes et à tous les militants du département et de la commune de Foundiougne et, par delà ceux-ci, aux responsables des instances AFP de la région de Fatick, incluant le département de Gossas, pour la mobilisation exceptionnelle qui a été organisée, le dimanche 19 juin 2005, au cœur du Sine, à l’occasion du VIème Anniversaire de la Déclaration du 16 juin 1999. 

Plus particulièrement, le Bureau politique de l’AFP exprime sa satisfaction devant l’attitude responsable et ferme des militants du parti qui ont opposé un non catégorique aux tentatives malsaines de débauchage du parti au pouvoir, en dénonçant vigoureusement ces tentatives, publiquement, à Foundiougne. 

Enfin, le Bureau politique a tenu à saluer la visite effectuée au siège de l’AFP, ce jour, par une délégation du G10 et du Parti de la Réforme, conduite par son Secrétaire Général, M. Abdourahim Agne, dans le cadre des consultations et des contacts politiques qui traduisent, quotidiennement, l’esprit de solidarité qui existe entre les patriotes sénégalais. 

Dans le même esprit, le Bureau politique de l’AFP, a salué la rencontre qui a eu lieu le même jour entre le Pr Abdoulaye Bathily, Secrétaire Général de la LD/MPT et M. Moustapha Niasse, Secrétaire Général de l’AFP, dans le cadre de la gestion commune de la résistance contre les dérives multiformes du pouvoir actuel, et de la construction d’une alternative patriotique, qui prenne en charge l’intérêt général et les priorités des Sénégalais.

   

 

Fait à Dakar, le 23 juin 2005

Le Bureau politique de l'AFP