DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 23 octobre 2007

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le mardi 23 octobre 2007, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP s'est penché sur la vie de plus en plus difficile des Sénégalais, dans un contexte de flambée des prix sans précédent. Après la hausse vertigineuse du prix des hydrocarbures, du gaz domestique, de l'électricité, des denrées de première nécessité, le prix du pain, qui était déjà prohibitif pour les plus démunis, connaît une augmentation sensible, qui grève davantage les modestes budgets des familles. La hausse annoncée du riz sera un coup de grâce pour les populations, tant il est vrai que ce produit constitue un aliment de base sur l'ensemble du territoire national.

Devant une telle situation, non seulement le gouvernement de Me Wade se révèle incapable de juguler une inflation aux conséquences sociales dramatiques, mais encore il persiste dans ses choix stratégiques en matière d'infrastructures. Certes, le problème de la mobilité urbaine doit être résolu à Dakar, mais vouloir concentrer tous les chantiers dans la capitale, relève de l'irresponsabilité et d'un populisme primaire. Le Bureau politique de l'AFP invite le gouvernement de Me Wade à se pencher, en urgence, sur les axes routiers qui connaissent un état de dégradation avancé, qu'il s'agisse des routes départementales comme des routes interdépartementales. A travers tout le pays, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, les communications par voie terrestre sont rendues difficiles par l'abandon délibéré dont font l'objet les infrastructures existantes. Les routes, à l'intérieur du Sénégal sont, pour la plupart, à l'abandon. Il s'ensuit une série d'accidents mortels. Le sous - développement des communautés de base en résulte également et rend inopérante toute mesure de redressement opérationnel.

Naturellement, cet état de faits porte un lourd préjudice à toute politique d'aménagement du territoire qui, du reste, n'a jamais fait partie des préoccupations du gouvernement de Me Wade. Pour un développement équilibré et harmonieux de notre pays, il convient de procéder au désenclavement des régions périphériques, à la densification et à l'entretien du réseau routier, ainsi qu'à la multiplication et à l'entretien régulier des pistes de production. En plus des impératifs de développement, il y a des enjeux stratégiques liés à la sécurité et à la paix, notamment en Casamance.

Après un quart de siècle de conflit, cette partie méridionale de notre pays poursuit toujours sa quête de la paix, sans laquelle le développement demeure une utopie. Or, les solutions existent. Il suffit de promouvoir, avec courage et responsabilité un vrai dialogue et de vraies négociations, selon les procédures classiques, qui ont fait leur preuve en la matière.

En plus des tensions que connaît la Casamance et qui concernent tout le pays, le reste du monde rural, assommé par les choix désastreux du pouvoir actuel, continue de s'interroger sur l'avenir. Aujourd'hui, à quelques encablures de la campagne de commercialisation, le régime de Me Wade reste curieusement aphone, même à propos du prix au producteur subrepticement fixé à 150 francs CFA, soit à son niveau d'il y a plus d'une décennie. En plus, la réalité de la famine est palpable, dans plusieurs localités qui crient leur détresse depuis plusieurs mois, en vain. Le Bureau politique de l'AFP exige des tenants du pouvoir le traitement du dossier du monde rural, qui concerne le plus grand nombre et constitue, par conséquent, la clé du développement du Sénégal.

Sur un autre terrain, le regain que connaît le phénomène dramatique de l'émigration clandestine est, en partie, le corollaire de l'effondrement du système productif du monde rural et de la paupérisation accélérée du paysannat sénégalais, depuis l'avènement de Me Wade. En outre, l'espace urbain au Sénégal n'est pas une solution pour les populations amenées par l'exode rural, parce que le tissu industriel, faute d'environnement favorable et d'investissement, notamment d'investissements directs étrangers, n'est pas un pourvoyeur d'emplois. Par ailleurs, la raréfaction des ressources halieutiques rend la pêche artisanale peu attractive. L'ampleur de l'émigration clandestine, dans les conditions dramatiques du voyage atlantique révèle, dans sa nudité, l'échec multiforme d'un régime qui a été porté au pouvoir par une jeunesse courageuse et enthousiaste. Mais cette jeunesse a été, tout comme le peuple, largement déçue.

Il se trouve aussi que, l'insuffisance et le sous-équipement des infrastructures sanitaires, ainsi que la persistance endémique du choléra, constituent un autre volet des problèmes sociaux. C'est la raison pour laquelle, il n'est pas tolérable que les chantiers des hôpitaux de Ziguinchor et Fatick n'aient pas connu la moindre évolution depuis l'An 2000. Et pourtant, dans chacune de ces deux villes, des équipements stockés, pour un montant de 3 milliards CFA, sont en train de se détériorer depuis leur arrivée en 2003. L'arrêt des travaux de ces hôpitaux, ainsi que les bizarreries de celui de Kolda, constituent une modalité des nombreuses, trop nombreuses nébuleuses auxquelles le régime prédateur dit de l'alternance a habitué les Sénégalais.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP a fait le point de la vente des cartes du Parti et engagé les responsables à poursuivre leurs efforts, pour que ce document, outil d'identification du militant et d'animation du Parti, soit accessible au plus grand nombre, dans le strict respect de la circulaire n° 22.


Fait à Dakar, le 23 octobre 2007 

Le Bureau politique de l'AFP