COMMUNIQUE DE LA REUNION DU BUREAU POLITIQUE DE L'AFP

Mardi 22 juin 2009

 

Le Bureau politique de l'AFP s'est réuni le lundi 22 juin 2009, sous la présidence de M. Moustapha Niasse, Secrétaire général, autour de l'ordre du jour suivant :

1. situation nationale ;
2. vie du Parti.

Le Bureau politique de l'AFP a examiné en profondeur la situation nationale plus que jamais marquée par une crise multisectorielle qui asphyxie notre pays et ses populations. Celles-ci vivent dans leur chair les conséquences de l'échec du régime de Me Abdoulaye Wade dans de nombreux domaines. Désemparés et désarmés face à la gravité de la situation, les tenants du pouvoir ont fini d'étaler leur impéritie et leur manque de volonté politique, ciment incontournable pour mener à bien tout projet de développement qui mette en avant l'humain et l'intérêt général. Au moment où le peuple est exsangue, où tous les secteurs productifs de l'économie nationale s'effondrent, au moment où l'inflation frappe de plein fouet les ménages, voilà que les pseudos libéraux envisagent d'augmenter le prix de l'électricité qui pourtant a déjà grimpé dans des proportions déraisonnables, en hypothéquant même les équilibres des entreprises. Le retour des délestages intempestifs constitue un facteur aggravant, d'autant plus inacceptable qu'il est la conséquence de choix stratégiques douteux qui nécessitent l'ouverture d'une enquête indépendante sur la véritable situation de la SENELEC.

C'est dans ce contexte que Me Wade vient de lancer une fois de plus, un appel au dialogue, dans son éternel style polémique, en tentant de circonscrire les termes d'un débat que le peuple souverain a déjà précisés. Ceux-ci ont déjà pris corps à travers les conclusions des Assises nationales dont certains thuriféraires de service, empêtrés dans leur déficit d'éthique s'emploient, vainement, à réduire la portée à la fois nationale et internationale. Le Bureau politique de l'AFP estime qu'un dialogue vrai, sincère et sans faux-fuyant ne saurait s'organiser en dehors de la demande populaire unanime qui exige ici et maintenant la fin des dérives qui sont en train d'hypothéquer l'avenir de notre pays et qui sont le fait d'un régime en fin de règne.

Au cœur de la gestion des finances publiques, les interrogations se multiplient. Et le départ de l'ancien ministre du budget n'est que la conséquence de pratiques peu orthodoxes qu'on prétend pérenniser, telles que les avances de trésorerie et les dépassements budgétaires qui ne reflètent, en fait, que le délabrement d'un pouvoir essoufflé. La fuite en avant continue de plus belle, car la loi de finances rectificative vient d'affecter quelque 200 milliards de f CFA au clan Wade, c'est-à-dire près de 10% du budget national. C'est au même moment qu'on essaie de faire passer à pertes et profits les manquements manifestes qui ont entaché la gestion de l'ANOCI. La morale républicaine ne saurait faire l'économie d'un audit indépendant sous-tendu par des principes universels qu'exige le maniement de l'argent public. Cette exigence sans appel est d'autant plus actuelle que les révélations graves de M. Bara Tall, chef d'entreprise victime de l'innommable, n'ont pas été démenties avec des arguments tangibles à l'appui.

L'anémie des finances publiques et le processus de paupérisation accélérée des populations sénégalaises devraient amener le régime de Me Wade à nouer enfin avec l'orthodoxie, la transparence et à mettre fin à un gaspillage en porte à faux avec les possibilités de notre pays. Aujourd'hui, aucune règle ne préside à la gestion du patrimoine immobilier de l'Etat, aux conventions relatives à la location d'immeubles pour abriter des services ou loger des individus. Il en est de même pour l'affectation et l'exploitation des unités du parc automobile de l'Etat. Les pratiques saines qui consistaient à endiguer les dérives, en se limitant aux ayants-droits, ont cessé depuis belle lurette. Par ailleurs, les attributaires ne sont plus soumis à aucun contrôle, même pas pendant les jours non ouvrables. Les mêmes dérives sont observées dans l'utilisation du téléphone qui impose aux contribuables des factures dont les montants exponentiels ne sont pas justifiés par les nécessités du service public.

L'architecture institutionnelle sous les Wade constitue une autre facette du gaspillage ambiant. Le Sénat décrié unanimement est toujours là, bien que faisant piètre figure, avec les stigmates de son inutilité et de son illégitimité, eu égard au mode de désignation de ses membres. En ce qui concerne le gouvernement, non seulement il est pléthorique, mais sa gestation et sa formation chaotiques ont abouti à des incongruités telles que l'existence d'un deuxième pôle de coordination en dehors de la Primature et la création d'un ministère comme celui de la syndicalisation du monde rural. Voilà donc le masque tombé, avec une culture teintée de velléités fascisantes, dans le cadre d'un projet clair d'embrigadement.

Le Bureau politique de l'AFP estime que la vigilance s'impose aux acteurs du monde rural qui ont déjà payé un lourd tribut à l'incompétence, à l'improvisation, au manque de transparence, bref, à la mal gouvernance. Malgré la profusion des interrogations qui assaillent les paysans, le gouvernement de Me Wade se révèle toujours incapable de parer au plus pressé, c'est-à-dire, la préparation de l'hivernage avec la distribution de vraies semences, des intrants et du matériel agricole aux vrais paysans.

Abordant le deuxième point de l'ordre du jour, le Bureau politique de l'AFP est revenu sur l'organisation de la commémoration du dixième anniversaire de l'Appel du 16 juin, dont la date avait été reportée, après le décès du Président El Hadj Omar Bongo Ondimba. Le Bureau politique a décidé de célébrer en même temps le 10è anniversaire de la création du Parti, en gardant en mémoire le double impératif des messages de fond et de l'animation. Cette manifestation aura lieu à la fin du mois de juillet 2009 et tiendra compte des enjeux liés à la situation nationale et au deuxième Congrès ordinaire du Parti. Pour cette raison, la vente des cartes doit se poursuivre, en en facilitant l'accessibilité, partout où les besoins sont exprimés. L'idéal démocratique de l'AFP survivra à toutes les agressions orchestrées d'une manière ou d'une autre, par un pouvoir chancelant et ses alliés de circonstance.


Fait à Dakar, le 22 juin 2009

Le Bureau politique de l'AFP